April 5, 2018 / 6:02 AM / in 7 months

RPT-BOURSE-Total-Retour aux actionnaires et bas coûts justifieraient un rebond

(Répétition sans changement de l’analyse diffusée mercredi soir)

* Total suit le mouvement sur les dividendes et rachats d’actions

* Le titre surperforme le secteur depuis début 2018

* Une réserve de hausse liée aussi aux coûts et à la production

* La tenue des prix du pétrole sera déterminante

par Benjamin Mallet

PARIS, 5 avril (Reuters) - La nouvelle politique de retour aux actionnaires de Total et ses efforts en matière de réductions de coûts justifieraient un rebond en Bourse du groupe français dans un contexte de prix du pétrole relativement fermes, selon des analystes et des gérants interrogés par Reuters.

Deuxième compagnie pétrolière européenne par la capitalisation boursière derrière le britannique Royal Dutch Shell, Total a annoncé en février une hausse de son dividende de 10% sur trois ans, jusqu’à cinq milliards de dollars de rachats d’actions sur la période 2018-2020, et son intention de neutraliser l’effet dilutif de l’option maintenue d’un dividende en titres.

Total a ainsi été parmi les dernières majors européennes - avec l’italien Eni - à concrétiser des mesures attendues de longue date par les investisseurs, envoyant au marché le signal d’une volonté de partager la hausse des cours du pétrole avec ses actionnaires alors qu’il bénéficie désormais d’une forte visibilité sur la progression de ses flux de trésorerie.

L’action du groupe français affiche depuis une hausse modeste mais elle fait mieux que le secteur en Europe et surperforme les géants américains du secteur Exxon Mobil Corp - qui a déçu sur le front des rachats de titres début mars - et Chevron.

“Total a pris le temps de savoir où allait le prix du pétrole avant d’annoncer une hausse prudente du dividende (...), combinée avec un programme de rachat d’actions (...) qui pourrait être dépassé à condition que le prix du pétrole reste au-dessus de 60 dollars”, estime Ahmed Ben Salem, analyste chez Oddo Securities, à l’achat sur le titre avec un objectif de cours de 56 euros.

“Et si le prix du pétrole monte trop, Total va privilégier le retour aux actionnaires plutôt que de se lancer dans des acquisitions hasardeuses”, ajoute-t-il.

Total semble aussi disposer d’une réserve de revalorisation liée à son programme d’économies et à la croissance de sa production.

Le groupe a réduit ses coûts de production à un niveau de 5,4 dollars par baril en 2017 contre 9,9 dollars en 2014. Il souhaite ainsi continuer à baisser son point mort organique avant dividende - c’est-à-dire le seuil à partir duquel le prix du baril lui permet de générer un flux de trésorerie égal à ses investissements organiques - pour le ramener à 25 dollars en 2018 (contre 27 dollars en 2017).

Il a en outre profité de la baisse des cours pour acquérir des réserves pétrolières à bas prix ou à bas coûts, notamment en mer du Nord avec le rachat de Maersk Oil, consolidant ainsi les perspectives de croissance de sa production.

“La croissance de la production devrait dépasser significativement celles des concurrents au cours des trois prochaines années et provenir de projets à forte visibilité et avec des marges de trésorerie nettement meilleures. Les mesures de restructuration et la hausse des flux de trésorerie disponible devraient entraîner des retours en cash plus élevés”, selon les analystes de Cowen.

Pour autant, le marché continue d’appliquer à Total une décote assez nette par rapport à ses concurrents, l’action se négociant 11,8 fois le bénéfice prévisionnel à douze mois contre 13,2 pour Shell, 14,6 pour BP et 15,2 pour Eni.

“Il faut un catalyseur, que le marché commence à reconnaître que la société a bien fait son travail et qu’elle peut bénéficier un maximum de la remontée des prix du pétrole. Peut-être faut-il encore un ou deux trimestres de résultats avant que ce soit validé”, estime Ion-Marc Valahu, gérant de fonds chez Clairinvest, qui détient des titres Total (2,5% de son portefeuille).

Ahmed Ben Salem estime lui aussi que, sous la direction du PDG Patrick Pouyanné, Total “est en train de faire beaucoup de progrès en termes opérationnels, ce qui n’est pas bien reflété dans le titre”.

Reste que la revalorisation de Total dépendra in fine de la tenue des prix du pétrole, le groupe ayant augmenté sa sensibilité cash aux variations du Brent à un niveau prévu de 2,8 milliards de dollars pour 10 dollars de variation du baril en 2018, contre 2,5 milliards en 2017.

Et si l’accord de réduction de la production des membres de l’Opep et des pays extérieurs au cartel a permis au baril de brut de remonter à environ 70 dollars après avoir plongé de 110 à 30 dollars entre 2014 et 2016, les valeurs pétrolières n’ont pour le moment pas profité de ce rebond spectaculaire.

“Le secteur ne suit pas du tout l’évolution des prix du pétrole, c’est à croire que tout le monde pense que ça ne peut pas durer et que les cours ne peuvent pas tenir à des niveaux aussi hauts”, estime Ion-Marc Valahu.

“Pour l’instant, il manque un ‘switch’ des investisseurs des valeurs de croissance vers des valeurs un peu plus défensives, et aussi la conviction que le pétrole est à des niveaux pérennes”, ajoute le gérant, tout en soulignant que Total subit aussi une décote liée à la comptabilisation de ses résultats en euros dans un contexte d’affaiblissement prolongé du dollar.

Edité par Jean-Michel Bélot

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