April 4, 2018 / 8:09 AM / 7 months ago

France-Deuxième jour de grève très suivie à la SNCF

* Trafic SNCF aussi perturbé que mardi

* Des AG en fin de matinée pour décider de la suite

* Le gouvernement fait adopter de premiers amendements

* Un député de la majorité réclame une décision sur la dette

PARIS, 4 avril (Reuters) - Le trafic était toujours très perturbé mercredi à la SNCF sur l’ensemble du réseau, au deuxième jour d’une grève contre les projets de réforme du secteur ferroviaire du gouvernement, qui font l’unanimité des syndicats contre eux.

Des assemblées générales sont prévues en fin de matinée pour décider de la suite du mouvement, annoncé pour durer près de trois mois, à raison de 48 heures de grèves par tranches de cinq jours à l’initiative de quatre syndicats.

Sud-Rail a fait cavalier seul en lançant un appel à une grève reconductible toutes les 24 heures.

Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire, deuxième syndicat de la SNCF, a indiqué sur Europe 1 que son organisation recommanderait aux salariés de continuer “selon la méthode unitaire qu’on a majoritairement décidée”, à savoir une reprise du travail ce jeudi avant un nouvelle grève dimanche et lundi si aucune avancée n’intervient d’ici là.

Thierry Nier, numéro deux de la CGT cheminots, a assuré sur franceinfo que “de nombreux cheminots sont sur nos modalités de grève”, celles adoptées avec l’Unsa, FO et la CFDT.

La SNCF a dit s’attendre pour ce mercredi à une situation à peine moins dégradée que celle de mardi, à savoir la circulation d’un TGV sur sept, d’un Intercités sur huit, d’un TER et un Transilien sur cinq et de trois trains internationaux sur quatre.

Le trafic sur le réseau RER opéré par la SNCF devrait varier entre une rame sur deux et une sur six, en fonction des lignes.

L’établissement public a fait état mardi d’un taux de grévistes global de 34% mais nettement plus élevé chez les personnels nécessaires au fonctionnement des trains : 77% chez les conducteurs, 69% chez les contrôleurs et 39% chez les aiguilleurs.

Interrogé sur France Inter, Eric Meyer, secrétaire fédéral de Sud-Rail, a accusé la direction de manipuler les chiffres. “Les chiffres qui nous remontent des établissements font état d’un taux de grévistes de plus de 60%”, a-t-il dit.

PREMIERS AMENDEMENTS ADOPTÉS EN COMMISSION

“On voit bien que la mobilisation a été très forte”, a déclaré Roger Dillenseger, ajoutant : “Faire grève et créer de la gène pour les usagers, ce n’est pas notre objectif. Notre objectif, c’est de sortir du conflit, de se mettre à négocier et de trouver des vraies solutions”.

Pendant ce temps, le gouvernement a fait adopter en commission mardi soir à l’Assemblée nationale les premiers amendements annoncés en fin de semaine au projet de loi sur le nouveau pacte ferroviaire sur les modalités d’ouverture du secteur à la concurrence, après avoir renoncé à procéder par ordonnances.

La ministre des Transports Elisabeth Borne a souligné que ces amendements assuraient notamment “une véritable portabilité des droits sans limite de durée” des cheminots en cas de changement d’opérateur.

“Bien loin du ‘passage en force’, que certains dénoncent, je me place résolument dans une démarche constructive, attentive au dialogue social et au débat parlementaire”, a-t-elle dit.

Le député LREM Jean-Baptiste Djebbari, rapporteur de la réforme ferroviaire, s’est félicité de ces avancées “sur des garanties sociales fortes”, mais a demandé au gouvernement de prendre rapidement une décision sur la dette de 46 milliards d’euros qui plombe les comptes de la SNCF.

“C’est important que l’Etat dise comment, quand et dans quelles conditions la dette de la SNCF va être reprise, traitée”, a-t-il dit sur Europe 1, alors que le gouvernement a jusqu’ici indiqué qu’il ne se prononcerait sur la question qu’une fois la réforme adoptée.

Roger Dillenseger a déclaré que la question devrait être abordée lors d’une nouvelle séance de négociation prévue jeudi avec la ministre.

Mais il réclamé surtout un “réagencement du calendrier” de la réforme, estimant que la question du statut des cheminots, que le gouvernement veut supprimer pour les nouveaux recrutements, ne devrait se poser qu’une fois les négociations sur la nouvelle convention collective du secteur ferroviaire abouties.

“On est en plein travaux, en plein chantier. Laissons d’abord la négociation sur la convention collective se terminer et, après, réfléchissons sur le statut”, a-t-il dit. (Yann Le Guernigou, édité par Jean-Philippe Lefief)

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