April 3, 2018 / 1:50 PM / in 8 months

BOURSE-TF1 chute, nervosité sur le contrat Free et Netflix (actualisé)

(Actualisé avec éléments sur Netflix et EuropaCorp)

PARIS, 3 avril (Reuters) - Le titre TF1 accuse mardi le plus fort repli du SBF 120 sur fond d’actualité défavorable pour le groupe de télévision avec l’arrivée à échéance du contrat de diffusion avec Free et la menace que pourraient représenter les projets du géant américain des contenus Netflix en France.

A 15h46, l’action recule de 6,71% à 10,29 euros, quand le SBF 120 perd 0,11%. Le titre retombe ainsi à un plus bas depuis plus d’un an, accusant un repli de plus de 23% depuis un point haut atteint fin novembre.

Graphiquement, le titre a rompu le seuil de 10,7 euros qui lui avait servi de support ces dernières séances pour retomber vers les 10 euros.

“Je pense que le titre continue de subir le contrecoup de ses mauvaises relations avec Canal+ et Free”, explique un trader en poste à Paris.

TF1 est engagé dans un bras de fer pour le renouvellement de ses accords de distribution avec les opérateurs télécoms, le premier groupe de télévision privée en France réclamant une rémunération en contrepartie de la distribution de ses chaînes gratuites (TF1, TMC, LCI, TFX et TF1 Series).

Après de nombreux mois de négociations, le groupe a trouvé un terrain d’entente avec Bouygues Telecom (Bouygues), SFR (Altice) et Orange. Mais le conflit reste ouvert avec Free, la filiale d’Iliad.

Or, le contrat de diffusion entre TF1 et Free s’arrêtait au 31 mars. TF1 a indiqué mardi que ses chaînes continuaient pour l’heure d’être diffusées par l’opérateur.

La diffusion des chaînes TF1 avait été coupée le mois dernier par Canal+ dans le cadre d’un conflit similaire sur la rémunération réclamée par TF1. Elle a été rétablie depuis mais les deux groupes ne sont toujours pas parvenus à un accord.

UNE CONCURRENCE DE NETFLIX ?

Selon Conor O’Shea, analyste chez Kepler Cheuvreux, le titre TF1 réagit également aux spéculations concernant un éventuel rachat de la société de production cinématographique EuropaCorp par Netflix.

Selon Les Echos, le groupe américain serait proche d’un accord avec Luc Besson et les autres actionnaires du studio français en vue d’un rachat.

Contacté par Reuters, le groupe de production et de distribution a déclaré qu’il ne “confirmait pas ces rumeurs de presse”.

“Comme dit par communiqué de presse le 23 janvier et répété le 2 février, EuropaCorp répète qu’en effet des discussions ont lieu avec plusieurs partenaires potentiels industriels et/ou financiers”, explique la société dans une déclaration transmise par email.

“Néanmoins, EuropaCorp répète qu’à ce jour, EuropaCorp n’est entré en exclusivité avec aucun des partenaires potentiels en question”.

Personne n’était joignable dans l’immédiat chez Netflix pour un commentaire.

Le titre EuropaCorp s’envole mardi de 27,98% à 2,47 euros.

Un rachat d’EuropaCorp permettrait à Netflix d’augmenter sa production de contenus en langue française alors que la faiblesse du catalogue a pénalisé les performances du groupe américain depuis son lancement en France en 2014.

“Même si je pense que la réaction sur le titre TF1 est exagérée, cela constitue un signal des intentions de Netflix sur les marchés en langue française”, estime Conor O’Shea.

A Paris, l’autre groupe de télévision privée M6 recule de 1,82%, tandis que Vivendi, maison-mère de Canal+, cède 0,43%.

Selon l’analyste de Kepler Cheuvreux, il est également possible que certaines positions acheteuses sur TF1 et vendeuses sur Mediaset se débouclent après l’annonce de l’accord de partage de contenus entre le groupe italien et la filiale locale du britannique Sky.

Le titre Mediaset bondit mardi de 7,1% à Milan et l’action Sky avance de 2% à Londres.

L’analyste évoque aussi l’impact des mouvements de grève en France, “qui rendent toujours inquiets les investisseurs internationaux”, et qui peut peser sur des titres comme TF1, une valeur exposée à la macroéconomie.

A la Bourse de Paris, le titre Air France-KLM (-4,28%) accuse aussi l’un des plus forts replis du SBF 120 alors que la compagnie aérienne est confrontée mardi à un mouvement de grève à l’appel de l’intersyndicale de la compagnie Air France. (Blandine Hénault et Alan Charlish, édité par Gwénaëlle Barzic)

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