March 9, 2018 / 2:08 PM / in 9 months

France-Priorité au désendettement, pas de cagnotte, répète Le Maire

PARIS, 9 mars (Reuters) - Bruno Le Maire a réaffirmé vendredi la priorité accordée au rétablissement des comptes publics, écartant l’appel à une redistribution de “cagnotte” lancé la veille par le rapporteur du budget à l’Assemblée nationale, Joël Giraud, membre de la majorité présidentielle.

“Ne refaisons pas les erreurs du passé, où dès que les choses allaient mieux, immédiatement, on se mettait à redistribuer l’argent public, c’est-à-dire l’argent des contribuables”, a dit le ministre de l’Economie et des Finances lors d’un point de presse à Bercy.

S’il a récusé toute “obsession du chiffre”, il a réaffirmé sa volonté de tenir “le cap de la réduction des déficits et de la réduction de la dette publique”, qui commence à porter ses premiers fruits “puisque nous serons sous les 3% de déficit (public, ndlr) en 2017”.

Sans contester la nécessité de contribuer au désendettement pour “rester crédible sur la scène européenne”, Joël Giraud a proposé dans un entretien aux Echos de consacrer à des mesures d’urgence une partie de ce qu’il préfère qualifier de “bonne fortune” plutôt que de “cagnotte”.

“Disons que nous pourrions consacrer 80% au désendettement et 20% à des mesures d’urgence”, explique-t-il en évoquant par exemple les Ehpad (maisons de retraite-NDLR).

Interrogé sur cette éventualité, Bruno Le Maire a opposé une fin de non-recevoir.

“La voie de la raison, c’est la réduction des déficits et la réduction de la dette” qui approche “les 100% de la richesse nationale : ça n’est pas tenable, ça n’est pas responsable, ça n’est pas raisonnable”, a-t-il martelé.

Le Premier ministre Edouard Philippe, Bruno Le Maire et le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin n’ont eu de cesse de démentir au cours des dernières semaines l’existence d’une “cagnotte”, alors qu’une activité dynamique a dopé les recettes fiscales en fin d’année et permis à l’Etat de dégager sur l’année écoulée un déficit budgétaire inférieur aux prévisions.

L’aile “sociale” de La République en marche (LaRem) avait en effet déjà soulevé cette question en début d’année, sur fond d’inquiétudes grandissantes pour le pouvoir d’achat.

L’ex-socialiste Brigitte Bourguignon, désormais membre de la majorité présidentielle, avait par exemple proposé une mise en place anticipée du rétablissement de l’exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires, prévue en 2020.

Le Premier ministre Edouard Philippe n’a pas exclu de mettre en place cette mesure plus tôt dans le quinquennat, mais il a conditionné cette éventualité à la situation des comptes publics. (Simon Carraud et Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

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