March 9, 2018 / 11:28 AM / 4 months ago

LEAD 1-La Banque du Japon exclut un arrêt précoce du soutien monétaire

* La BoJ maintient ses objectifs de taux d’intérêt

* La BoJ prête à intensifier sa politique monétaire

* La communauté internationale pour le libre-échange-Kuroda (Actualisé avec citations et précisions)

par Leika Kihara et Stanley White

TOKYO, 9 mars (Reuters) - Le gouverneur de la Banque du Japon (BoJ) s’est dit prêt vendredi à accroître le soutien monétaire à l’économie japonaise si la reprise perdait de la vigueur, un discours à l’opposé des récentes spéculations sur un prochain resserrement de la politique de la BoJ conformément à l’évolution des autres grandes banques centrales dans le monde.

Haruhiko Kuroda avait pour la première fois évoqué en public le 2 mars une possible sortie de la politique d’assouplissement quantitatif (QE), entraînant une accélération de l’appréciation du yen et une tension sur les rendements des obligations d’Etat japonaises. Il avait ensuite tempéré ses propos.

La BoJ a maintenu vendredi, comme prévu, sa politique monétaire et des perspectives économiques optimistes mais Haruhiko Kuroda a jugé que l’instauration par les Etats-Unis de droits de douane sur l’acier et l’aluminium constituaient des risques pour les économies japonaise et mondiale.

Avec les craintes d’une guerre commerciale internationale et le renchérissement du yen qui assombrissent les perspectives de l’économie japonaise, Haruhiko Kuroda a prévenu qu’il n’était pas sûr que l’objectif d’une inflation de 2% fixé par la BoJ soit atteint durant l’exercice fiscal clos le 31 mars 2020.

“Si l’économie faiblit et ne nous permet pas d’atteindre notre objectif d’inflation, nous envisagerions, bien sûr, d’assouplir davantage notre politique”, a-t-il dit.

Comme attendu, la BoJ a maintenu son objectif de taux d’intérêt à court terme à -0,1% et un objectif de rendement des obligations à dix ans autour de zéro pour cent.

La BoJ a également maintenu ses prévisions d’une croissance modérée de l’économie grâce à des exportations robustes.

Les marchés n’ont que peu réagi à ces annonces.

La décision de la BoJ intervient après la publication de données montrant que les salaires avaient enregistré en janvier leur plus faible croissance depuis six mois au Japon, signe que la consommation des ménages pourrait marquer le pas cette année et peser sur la croissance.

L’INFLATION RESTE FAIBLE MALGRÉ LA CROISSANCE

Haruhiko Kuroda a déclaré que l’économie, proche du plein emploi, était en passe d’atteindre son objectif d’inflation.

Mais il a exclut toute probabilité d’un relèvement de l’objectif de rendement des emprunts dans un avenir proche, même si l’inflation augmentait.

“Notre politique vise à renforcer le degré d’assouplissement monétaire en maintenant les rendements bas même si nos anticipations d’inflation augmentent”, a-t-il dit.

A la question de savoir si la BoJ pourrait relever son objectif de rendement avant que l’inflation ne parvienne à 2%, il a répondu: “Nous n’avons absolument aucun projet en ce sens actuellement.”

La BoJ se trouve dans une situation compliquée. L’inflation reste inférieure à son objectif de 2% en dépit d’une solide croissance économique, ce qui l’empêche de mettre un terme aux taux d’intérêt négatifs en dépit des coûts induits, notamment sur les résultats des établissements financiers.

Haruhiko Kuroda, qui a été reconduit à la tête de la BoJ pour un nouveau mandat de cinq ans qui débutera en avril, se doit donc d’évoquer une sortie de la politique d’assouplissement monétaire (QE) par touches subtiles, sans laisser craindre aux marchés un changement imminent de politique.

Même si l’inflation atteint 2% durant l’exercice fiscal 2019, comme elle l’anticipe, la BoJ commencera alors seulement à débattre d’une sortie du QE et n’y procédera pas immédiatement, a poursuivi Haruhiko Kuroda.

“Nous sommes toujours à une certaine distance de notre objectif d’inflation, donc nous ne sommes pas au stade de discuter des détails d’une stratégie de sortie”, a-t-il ajouté.

Il a par ailleurs indiqué ne pas voir de signes significatifs d’une guerre commerciale mondiale, ajoutant que les responsables politiques étaient résolus à protéger le libre-échange.

“Le G7, le G20, l’OMC, le FMI, la communauté internationale s’entend sur la nécessité du libre-échange. Le protectionnisme dessert le pays qui l’impose, donc je ne pense pas qu’il se propagera”, a-t-il dit. (Avec Tetsushi Kajimoto et Minami Funakoshi, Jean Terzian et Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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