March 7, 2018 / 12:54 PM / 6 months ago

LEAD 1-France-Pepy ne sollicitera pas de troisième mandat à la SNCF

* Son mandat actuel court jusqu’en 2020

* Pour la CGT, il ne pourra pas aller jusque-là

* Au-delà de son sort, l’avenir du ferroviaire en question (Actualisé avec CGT-Cheminots et tribune de Pepy, à partir du § 5)

PARIS, 7 mars (Reuters) - Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a annoncé mercredi qu’il ne solliciterait pas en 2020 un troisième mandat à la tête de l’entreprise publique, après avoir mené à bien une réforme contestée par les syndicats de cheminots.

“Comme mes prédécesseurs, Louis Gallois et Jacques Fournier qui ont fait deux mandats, je ne solliciterai pas un troisième mandat”, a-t-il déclaré sur Europe 1.

“Je pense qu’il est bien qu’il y ait un oeil neuf”, a ajouté Guillaume Pepy, 59 ans, qui dirige le groupe ferroviaire depuis février 2008.

Le gouvernement a confirmé récemment sa confiance en Guillaume Pepy, qui avait été convoqué en janvier à la suite de nombreux problèmes techniques, alors qu’il s’attelle à une réforme inflammable.

La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, estime cependant que l’actuel président du directoire ne pourra pas aller au terme de son mandat.

“Nous considérons que Guillaume Pepy va être utilisé comme un fusible par le gouvernement. Soit il mène la réforme au bout et après on le remerciera (...), soit il servira de fusible si jamais la réforme ne va pas au bout”, a jugé le secrétaire général Laurent Brun en marge d’une conférence de presse.

Un rapport de force s’est engagé entre l’exécutif et les quatre organisations représentatives, qui décideront le 15 mars d’appeler ou non à la grève, peut-être d’une même voix.

“SE RÉINVENTER”

Echaudés par le rapport remis à la mi-février par l’ex-PDG d’Air France Jean-Cyril Spinetta, les syndicats contestent l’analyse et la méthode du gouvernement, décidé notamment à supprimer le régime des cheminots pour les futures recrues et à recourir aux ordonnances pour mener à bien sa réforme.

Consciente de l’importance de l’opinion dans la bataille qui se profile, la fédération de la CGT a présenté mercredi un contre-rapport Spinetta comportant des propositions allant à rebours de celles formulées mi-février.

Elle estime notamment que l’ouverture à la concurrence et la fin du statut des cheminots ne sont pas des horizons inéluctables.

Pour autant, écrit Guillaume Pepy dans une tribune résonnant comme un plaidoyer en faveur de la réforme, la SNCF doit se “réinventer” - un terme déjà employé en juillet 2017 par Emmanuel Macron sur le même sujet.

“C’est une opportunité historique, car pour la première fois, l’Etat accepte de tout mettre sur la table et de traiter enfin l’ensemble des questions”, ajoute, dans ce texte paru mercredi dans Le Monde, le numéro un de l’entreprise, pour qui l’ouverture à la concurrence “peut être une chance”.

“J’entends également les craintes quant à la fin du recrutement au statut. Mais là aussi, disons les choses clairement : stopper le statut pour les nouveaux entrants, c’est d’abord le conserver pour tous ceux qui l’ont”, argumente-t-il.

L’exécutif a entamé la semaine dernière une concertation avec les différents acteurs du système ferroviaire censée s’achever fin avril. (Sophie Louet et Simon Carraud, édité par Yves Clarisse)

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