March 7, 2018 / 2:24 PM / in 8 months

LEAD 3-Italie-Berlusconi promet d'aider la Ligue à former un gouvernement

(Position nuancée de Calenda §17-18)

par Crispian Balmer

ROME, 7 mars (Reuters) - L’ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, dirigeant du parti de centre droit Forza Italia, s’est engagé mercredi à appuyer les efforts de Matteo Salvini, chef de la Ligue, formation eurosceptique et anti-immigration, en vue de former un gouvernement en Italie après le scrutin du 4 mars.

“Dans le respect total de nos accords, nous soutiendrons loyalement les efforts de Salvini pour former un gouvernement”, a déclaré le Cavaliere, 81 ans, dans une interview au Corriere della Sera.

“Pour ma part, en tant que chef de FI (Forza Italia), je suis là pour le soutenir, pour garantir la solidité de la coalition et pour tenir nos engagements auprès des électeurs”, a-t-il ajouté.

Si le bloc de droite est arrivé en tête aux législatives de dimanche, avec environ 37% des voix, la surprise est venue du parti de Matteo Salvini.

Au sein du bloc, c’est la Ligue qui a obtenu le meilleur résultat, autour de 17%, devant Forza Italia, 14%. Le reste se partage entre Frères d’Italie (extrême droite) et le petit parti libéral Noi Con l’Italia.

Ces quatre formations se sont entendues durant la campagne électorale pour que le chef du parti arrivé en tête dirige le prochain gouvernement.

Prié mardi de dire s’il était disposé à laisser émerger une candidature plus rassembleuse que la sienne pour la présidence du Conseil, Matteo Salvini, 44 ans, a répondu “non”. Il avait déjà estimé lundi “avoir le droit de gouverner l’Italie”.

SALVINI ET DI MAIO EN LICE

Le scrutin a débouché sur un parlement sans majorité et les tractations pour former un gouvernement pourraient prendre des semaines, voire des mois.

La Ligue et le mouvement anti-système 5 étoiles (M5S), qui est devenu le premier parti du pays, affirment l’un et l’autre que le chef de l’Etat italien doit nommer son propre dirigeant président du Conseil.

Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, à peine âgé de 31 ans, revendique aussi la tête du prochain gouvernement et a exposé ses priorités - combat contre la pauvreté et le chômage, réduction des dépenses publiques, baisse des impôts pour les entreprises et lutte contre l’insécurité.

“Les hommes politiques doivent cesser d’être arrogants et apprendre l’humilité”, a-t-il dit à La Repubblica de mercredi. “Ce scrutin a une énorme importance et marque un changement radical avec le passé.”

Selon un sondage rendu public par la chaîne de télévision La7, 40% des Italiens souhaitent que le président Sergio Mattarella charge Luigi Di Maio de former le prochain gouvernement. Seuls 21% soutiennent Matteo Salvini.

Le chef de l’Etat ne devrait pas entamer ses consultations officielles avant le mois prochain.

Bien que grand perdant des élections, le Parti démocrate, qui a recueilli moins de 23% des voix dans le cadre d’une coalition de centre gauche, pourrait toutefois se retrouver en position de “faiseur de roi” et faire pencher la balance en faveur de Di Maio ou de Salvini.

Le dirigeant du Parti démocrate, Matteo Renzi, a annoncé qu’il allait démissionner, après la lourde défaite de sa formation.

LE PARTI DÉMOCRATE, ENCORE UN RÔLE ?

Si Matteo Renzi s’est déclaré hostile à des discussions avec le M5S ou la Ligue, certaines personnalités de son parti seraient favorables à l’ouverture de contacts avec le parti de Di Maio mais leur ligne resterait très minoritaire.

L’actuel ministre de l’Industrie, Carlo Calenda, qui a annoncé mardi son adhésion au Parti démocrate, a prévenu des risques d’une alliance avec le M5S tout en admettant qu’un soutien pourrait être envisageable au cas par cas.

“Le PD pourrait voter certaines mesures prises par le 5-Etoiles qui sont utiles pour l’Italie, mais sans approuver un vote de confiance”, nécessaire pour l’installation d’un gouvernement, a-t-il dit.

Les résultats définitifs des élections législatives n’ont toujours pas été publiés en raison d’une contestation dans le Latium, la région de Rome.

Selon les projections de YouTrend, la coalition de droite obtiendrait 267 sièges à la Chambre des députés, 49 de moins que la majorité. Le M5S aurait environ 228 députés et le Parti démocrate 109, contre 292 dans la Chambre sortante. (Avec Stephen Jewkes, Eric Faye et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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