March 7, 2018 / 6:19 AM / 5 months ago

ENQUÊTE-Le dollar devrait encore céder du terrain malgré la Fed

* Les données détaillées de l’enquête : reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/fx-polls?RIC=EUR=

par Rahul Karunakar et Hari Kishan

BANGALORE, 7 mars (Reuters) - Le dollar cèdera encore du terrain dans les douze prochains mois, notamment contre l’euro, montre mercredi une enquête réalisée par Reuters auprès de responsables de stratégies devises qui estiment que la Réserve fédérale américaine (Fed) devrait procéder à au moins cinq hausses de taux pour inverser la tendance.

Après avoir perdu 10% de sa valeur en 2017, la devise américaine a enregistré le mois dernier sa meilleure performance mensuelle depuis novembre 2016 (+1,66% face à un panier de référence), de solides indicateurs conjoncturels alimentant les anticipations d’une quatrième hausse de taux directeurs par la Fed cette année contre trois attendues précédemment.

Le billet vert a depuis cédé une partie de ses gains et il affiche un repli de près de 3,5% par rapport à l’euro depuis le début de l’année, un recul qui devrait se poursuivre.

La monnaie unique européenne devrait terminer l’année à 1,28 dollar contre 1,24 dollar mercredi, d’après la médiane des prévisions de plus de 60 stratèges changes interrogés entre le 1er et le 6 mars.

Les Bourses, les marchés obligataires et ceux des changes ont fait du yo-yo depuis un plus d’un mois dans un contexte de net regain de la volatilité, avec les craintes d’un retour de l’inflation et d’une envolée des besoins de financement de l’Etat fédéral américain liés au plan de relance budgétaire de l’administration Trump.

Les enquêtes réalisées par Reuters auprès d’économistes et d’analystes au cours des dernières semaines ont toutes montré que la relance fiscale décidée par le gouvernement américain risquait de s’avérer néfaste au vu de l’avancement actuel du cycle économique aux Etats-Unis.

LA POLITIQUE FISCALE NÉGATIVE À MOYEN ET LONG TERME

“Les décisions budgétaires américaines impliquent que les Etats-Unis vont avoir besoin de trouver plus d’investisseurs étrangers et nous anticipons qu’ils seront confrontés à un environnement plus concurrentiel que dans le passé pour vendre un stock de dettes en augmentation aux investisseurs étrangers”, a dit Thomas Flury, responsable de la stratégie sur les changes chez UBS Group.

“La conséquence en sera vraisemblablement une baisse du dollar.”

Sur les 57 stratèges qui ont répondu à la question, 27 ont dit que le changement de politique budgétaire des Etats-Unis était à l’origine de leur anticipation d’un affaiblissement du dollar. Ils sont 18 à ne pas avoir changé leurs perspectives et 12 à prévoir une hausse du dollar.

La relance budgétaire “va peser sur le dollar à l’avenir”, a dit Lee Hardman, économiste sur les changes chez MUFG. “Il est vraisemblable que le déficit budgétaire et le déficit des comptes courants vont s’aggraver dans les prochaines années et certainement atteindre des niveaux qui pourraient s’avérer plus négatifs pour le dollar à moyen-long terme.”

Les tensions sur les rendements des Treasuries avaient porté le dollar à son plus haut niveau depuis six semaines le 1er mars. Mais il a depuis abandonné une bonne partie de ses gains après la décision du président Donald Trump d’imposer des droits de douanes sur les importations d’acier et d’aluminium, qui a ravivé les craintes de guerre commerciale internationale.

SOUTIEN À COURT TERME

Les positions spéculatives à la baisse du dollar sur les marchés à terme et d’options sont à leur plus haut niveau depuis trois mois, montraient vendredi des données de la Commodity Futures Trading Commission.

“L’impact de la fiscalité sur le cycle américain va être immédiatement pris en compte en termes de croissance et nous pensons en conséquence que le dollar devrait bénéficier d’un soutien à court terme. Mais les politiques commerciales pourraient avoir un effet opposé à court terme”, a dit Roberto Cobo Garcia, responsable de stratégie changes chez BBVA.

“Aussi nous maintenons nos anticipations d’un potentiel haussier limité pour le dollar avec des risques plaidant plutôt pour une baisse.”

Pour plus de 70% des 54 professionnels qui ont répondu à une question sur le sujet, le dollar ne pourrait s’apprécier sensiblement que si la Fed procédait à cinq hausses de taux, voire plus. Pour 17 d’entre eux toutefois, quatre hausses de taux seraient suffisantes pour renverser la tendance.

“Etant donné la tonalité restrictive du nouveau président de la Fed (Jerome) Powell devant le congrès, il faudrait plus de quatre hausses de taux (directeurs) et une pentification de la courbe des taux pour que le dollar s’apprécie sensiblement”, a dit Roberto Cobo Garcia.

La probabilité d’une quatrième hausse de taux directeurs par la Fed cette année en plus des trois actuellement considérées comme acquises n’est que de 25%, montrent les contrats à terme de taux à court terme américains.

Le dollar a aussi cédé du terrain en raison des anticipations de resserrement de politique monétaire par d’autres grandes banques centrales, notamment la Banque centrale européenne et plus récemment la Banque du Japon, du fait de l’accélération de la reprise économique mondiale.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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