8 août 2017 / 10:25 / il y a 3 mois

LEAD 1-France-Le déficit commercial se creuse au 1er semestre

    * Déficit du 1er semestre au plus haut depuis le S1 2012
    * La remontée de l'euro pourrait pénaliser les exportations
    * Le commerce extérieur reste un frein pour la croissance

 (Actualisé avec commentaire d'économiste, précisions
supplémentaires, graphique)
    PARIS, 8 août (Reuters) - Le déficit commercial de la France
s'est à nouveau creusé en juin sur fond de ralentissement des
échanges, contribuant à porter le déficit cumulé au cours du
premier semestre à son plus haut niveau depuis le premier
semestre 2012.
    Selon les statistiques CVS/CJO publiées mardi par les
Douanes, le déficit de juin s'est établi à 4,7 milliards
d'euros, en hausse par rapport au déficit de mai, qui a été revu
à 4,4 milliards d'euros contre 4,9 milliards en première
estimation.
    Sur les six premiers mois de 2017, le déficit cumulé atteint
34,4 milliards contre 23,0 milliards au cours du premier
semestre 2016, un plus haut depuis le premier semestre 2012.  
    Le début de l'année a notamment été pénalisé par des
livraisons d'Airbus en berne et l'alourdissement de la facture
énergétique, conduisant le ministre de l'Europe et des Affaires
étrangères, Jean-Yves Le Drian, à qualifier
d'"extraordinairement préoccupants" les chiffres du commerce
extérieur, dans un entretien publié le mois dernier dans Les
Echos. 
    
    
    Au cours du premier semestre, la croissance des importations
est restée dynamique (+4,4%, après +3,1% au deuxième semestre
2016 et -0,9% au premier semestre 2016). 
    Le rythme de croissance des exportations a en revanche
ralenti (+1,3%, après +2,0% au deuxième semestre 2016 et -1,2%
au premier semestre 2016).
    
    "POINT FAIBLE"
    Pour Philippe Waechter, chef économiste de Natixis AM, cette
accélération des importations sans effet majeur sur les
exportations depuis le printemps dernier est "un peu
préoccupante".
    "On n'a pas le sentiment que l'exportation française en
moyenne a bénéficié de l'accélération du commerce mondial",
a-t-il déclaré à Reuters.
    Selon lui, la dynamique ne va pas se modifier
fondamentalement au cours des prochains mois. Les exportations
vont probablement s'améliorer - au vu de la progression du
sentiment des chefs d'entreprise sur les commandes à l'export
dans les enquêtes de conjoncture ces derniers mois - mais la
croissance va parallèlement tirer les importations à la hausse. 
    De son côté, l'Insee a estimé dans sa note de conjoncture de
juin que la combinaison d'un rebond des exportations et des
importations vigoureuses permettrait au commerce extérieur de
moins pénaliser la croissance cette année qu'en 2016 : après
avoir plombé l'activité l'an dernier, avec une contribution
négative de 0,8 point, il ne devrait amputer la croissance que
de 0,3 point cette année.
    Mais "la capacité de rebond des exportations" et "la
capacité de l'économie française à bénéficier de l'amélioration
de l'environnement international" figurait au rang des aléas mis
en avant sur ces prévisions. 
    Sans compter que l'appréciation de l'euro depuis le début de
l'année - qui s'est accentuée ces dernières semaines - pourrait
pénaliser les exportations. 
    En résumé, "le commerce extérieur reste un point faible de
la conjoncture française, pour des raisons liées à une
incapacité à exporter des produits de qualité", estime Philippe
Waechter. 
    Dans le détail, sur le mois de juin, les importations ont
atteint un montant de 43,8 milliards, soit une baisse de 2,0%
par rapport à mai.
    Les exportations ont également reflué - accusant notamment
le contrecoup de la livraison du paquebot Meraviglia en mai - et
s'inscrivent en recul de 2,8% à 39,2 milliards d'euros.
    Le déficit des seuls produits manufacturés a atteint 3,98
milliards d'euros contre 3,40 milliards en mai.
    Le mois de juin a été marqué par une moindre performance
d'Airbus, les livraisons du mois de l'avionneur représentant un
total de 2,68 milliards d'euros (31 appareils) contre 2,93
milliards (32 appareils) un mois plus tôt.
    "La performance du mois souffre à la fois de la comparaison
au résultat du mois précédent et à ceux des mois de juin des
deux années antérieures (respectivement 3,314 et 2,850 milliards
en juin 2015 et 2016), ce qui renforce l'impact du repli mensuel
en données corrigées des variations saisonnières", soulignent
les Douanes.       
    Par zones géographiques, le déficit avec les pays hors
Europe s'est creusé à 3,16 milliards d'euros en juin (2,59
milliards en mai).
    Celui avec les autres pays de l'Union européenne s'est
réduit à 3,21 milliards (contre 3,45 milliards en mai). Avec la
seule zone euro, il s'est inscrit à 3,38 milliards contre 3,09
milliards un mois plus tôt.    

     Données détaillées sur le site des Douanes : 
     here     
        
 Les indicateurs français en temps réel                  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel           
 Le point sur la conjoncture française                   
 
    
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)
  

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