2 août 2017 / 05:11 / dans 2 mois

Les députés brésiliens statuent sur la mise en accusation de Temer

par Anthony Boadle

BRASILIA, 2 août (Reuters) - L‘avenir politique du président brésilien Michel Temer se jouera mercredi lors d‘un vote de la Chambre des députés brésilienne sur sa mise en accusation pour corruption.

Le chef de l‘Etat semble toutefois en mesure d‘éviter une mise en accusation et un renvoi devant la Cour suprême, la mesure ne pouvant être approuvée qu‘à la majorité qualifiée des deux tiers (soit 342 votes de la chambre de 513 élus).

Michel Temer est accusé depuis juin dans une affaire de corruption impliquant le groupe alimentaire JBS.

Le procureur général Rodrigo Janot soupçonne Temer d‘avoir reçu un total de 38 millions de réals (environ 10 millions d‘euros) du leader mondial de la viande.

L‘impopulaire chef d‘Etat espère enterrer ce scandale qui paralyse son gouvernement, et mettre en oeuvre des réformes économiques destinées à tirer le pays de la récession.

Le vote de la Chambre des députés donnera la mesure du capital politique encore acquis au président, dont il aura besoin pour bloquer de nouvelles accusations. Le procureur général Rodrigo Janot a en effet laissé entendre qu‘il allait procéder à au moins deux nouvelles mises en accusation du chef de l‘Etat.

Mais le président semble approcher le vote en position favorable. Le mois dernier, une commission du Congrès brésilien a décidé de ne pas saisir la Cour suprême des accusations de corruption le visant.

Même l‘opposition concède que sa mise en accusation représente une gageure.

“Il est très difficile de rassembler 342 votes”, déclarait le député socialiste Rubens Bueno, dont le parti a quitté la coalition présidentielle après l‘annonce du nouveau scandale de corruption visant Michel Temer.

“Ce qui compte, c‘est le nombre de votes qu‘il va obtenir. S‘il n‘obtient pas une majorité confortable, son gouvernement va devenir instable”, estimait-il au téléphone.

Temer a multiplié les tractations ces derniers jours pour éviter une destitution, mois d‘un an après celle de sa prédécesseure Dilma Rousseff, pour manipulation des comptes publics.

Selon un sondage mené auprès des députés brésiliens par l‘institut Arko, entre 257 et 270 élus pourraient apporter leur soutien au président, une marge suffisante pour éviter un procès devant la Cour suprême, mais mince pour gouverner.

En l‘absence d‘un fort soutien législatif, Temer serait à la peine pour faire passer sa réforme des retraites, présentée comme cruciale pour rééquilibrer les finances publiques, avant l‘échéance présidentielle de 2018. L‘amendement constitutionnel requiert en effet une majorité des trois cinquièmes, soit 308 voix à la Chambre des députés.

Ricardo et Lisandra Paraguassú, Julie Carriat pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below