9 août 2017 / 17:34 / dans 4 mois

ENCADRE-Huit moments clés des 100 jours de la présidence Macron

PARIS, 9 août (Reuters) - Emmanuel Macron, devenu le 7 mai le plus jeune président de la Ve République, passera la semaine prochaine le cap des 100 jours depuis son élection.

Voici les temps forts de ses trois mois passés à la tête de l‘Etat dans un contexte de forte contrainte budgétaire :

VOLTE-FACE FISCALE

Moins de deux mois après son arrivée au pouvoir, le couple exécutif effectue début juillet sa première volte-face, sur la fiscalité, une brèche dans laquelle s‘engouffre l‘opposition qui dénonce un “cafouillage”.

Tout commence le 4 juillet, quelques jours après l‘audit des finances publiques de la Cour des comptes. Lors de son discours de politique générale à l‘Assemblée nationale, le Premier ministre, Edouard Philippe, estime que la France “danse sur un volcan qui gronde de plus en plus fort”.

A la surprise générale, il annonce que certaines promesses de campagne du chef de l‘Etat n‘entreront en vigueur qu‘en 2019, dont la réforme de la taxe d‘habitation et celle de l‘impôt sur la fortune (ISF), afin de maîtriser une trajectoire budgétaire complexe.

Cette annonce fait l‘effet d‘une douche froide, tant dans les cercles libéraux qu‘au sein d‘une partie de la gauche qui accusent le président de renier ses promesses. Cinq jours plus tard, Emmanuel Macron donne finalement son feu vert à la mise en oeuvre dès 2018 de la suppression de la taxe d‘habitation et de la réforme de l‘ISF.

CONGRÈS À VERSAILLES

Exercice inédit en début de mandat pour le chef de l‘Etat, le discours d‘Emmanuel Macron devant le Parlement réuni en Congrès le 3 juillet a suscité des critiques, notamment de la part de députés qui ont dénoncé une dérive monarchique. Cet exercice, que le chef de l‘Etat entend reproduire chaque année pour “rendre des comptes” à la représentation nationale, était un engagement de campagne et devait lui permettre de présenter sa feuille de route.

Sa décision de s‘exprimer à la veille du discours de politique générale d‘Edouard Philippe a été perçue comme une volonté d‘affirmer son pouvoir sur Matignon mais les deux interventions étaient bien différentes, le président fixant le cadre général et le Premier ministre les détails concrets.

AFFAIRES JUDICIAIRES

Après une campagne marquée par les “affaires”, le premier gouvernement de l‘ère Macron a été éclaboussé par l‘ouverture d‘enquêtes judiciaires fragilisant les ministres issus du MoDem : François Bayrou (Justice), Marielle de Sarnez (Affaires européennes) et Sylvie Goulard (Armées).

Sous pression, les trois élus centristes ont décidé fin juin de ne pas participer au deuxième gouvernement d‘Edouard Philippe tout en clamant leur innocence.

Macroniste de la première heure, Richard Ferrand, qui avait été nommé ministre de la Cohésion des territoires, a été “exfiltré” pour prendre la tête du groupe La République en Marche (LREM) à l‘Assemblée nationale. Le député du Finistère fait l‘objet d‘une enquête dans une affaire immobilière.

Le gouvernement Philippe II n‘échappe pas aux soupçons. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, fait face à une enquête judiciaire pour favoritisme présumé, concernant Business France, une agence publique qu‘elle a dirigée.

Elle a également été prise à partie par l‘opposition au sujet d‘une plus-value réalisée alors qu‘elle dirigeait les ressources humaines chez Danone, alors en restructuration.

PASSE D‘ARMES AVEC DE VILLIERS

Les 100 premiers jours ont été marqués par une crise inédite avec le chef d‘état-major des armées qui a conduit le général Pierre de Villiers à démissionner le 19 juillet, un fait sans précédent dans l‘histoire de la Ve République.

Au centre de la crise, la question des coupes budgétaires qui ont du mal à passer au sein d‘une armée sur-sollicitée sur les théâtres intérieur et extérieurs.

La dernière prise de position du général de Villiers, prononcée en termes crus à huis clos devant une commission parlementaire le 12 juillet, aura eu raison de ce général décrit comme “discret” et “intègre”.

Il a été remplacé le 20 juillet par le général de brigade François Lecointre qui sera chargé de mettre oeuvre la prochaine loi de programmation militaire (LPM) dans un contexte budgétaire serré.

Emmanuel Macron s‘est ensuite efforcé de rassurer les militaires en leur promettant que le ministère des Armées serait le seul à bénéficier d‘une augmentation des crédits en 2018 et la ministre des Armées, Florence Parly, a annoncé le “dégel” dès le mois de juillet de 1,2 milliard d‘euros de crédits pour le ministère en 2017.

TRUMP ET POUTINE À PARIS

En l‘espace de trois mois, Emmanuel Macron a accueilli à Paris de nombreux chefs d‘Etat et de gouvernement. Outre la chancelière Angela Merkel et d‘autres partenaires européens, les deux frères ennemis libyens, le Premier ministre israélien et le président de l‘Autorité palestinienne, le chef de l‘Etat a reçu en grande pompe ses homologues russe et américain.

Sa rencontre avec Vladimir Poutine, qu‘il a accueilli le 29 mai sous les ors du château de Versailles, a donné lieu à un échange musclé entre les deux hommes qui ont toutefois affiché leur volonté de travailler ensemble sur l‘Ukraine et la Syrie.

Un mois et demi plus tard, Donald Trump assistait au défilé militaire du 14-Juillet sur les Champs-Elysées au lendemain d‘une cérémonie aux Invalides et d‘un dîner “entre amis” à la Tour Eiffel. Le président américain ouvrira la porte, à cette occasion, à une possible révision de l‘Accord de Paris sur le climat.

BAPTÊME DU FEU DES NOUVEAUX DÉPUTÉS

L‘examen du projet de loi sur la moralisation de la vie publique a constitué un baptême du feu pour les députés de La République en Marche. Sur les 314 députés du camp présidentiel, largement majoritaires à la chambre basse, 177 sont novices en politique.

Le président de l‘Assemblée nationale, François de Rugy, a notamment dû venir à la rescousse d‘une vice-présidente dépassée par les événements et la remplacer au “perchoir” pour ramener le calme dans l‘hémicycle.

Des incidents minimisés par le porte-parole du gouvernement et ministre chargé des Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, qui a insisté sur le “bon déroulement global des travaux au Parlement”.

DOSSIER STX

Le gouvernement français a procédé à la nationalisation “temporaire” des chantiers de Saint-Nazaire, pour tenter d‘obtenir du groupe italien Fincantieri un partage du capital à parité avec des intérêts publics français, provoquant la colère des autorités italiennes.

Le ministre français de l‘Economie et des Finances, Bruno Le Maire, dont le gouvernement a ainsi dénoncé un accord conclu en avril qui donnait la majorité du capital à des intérêts italiens, s‘est rendu le 1er août à Rome pour jouer l‘apaisement.

La France et L‘Italie se sont donné jusqu‘au 27 septembre pour trouver un compromis sur la répartition du capital et jeter les bases d‘une coopération navale civile et militaire.

Marine Pennetier, avec Service France, édité par Yves Clarisse

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