25 juillet 2017 / 16:41 / dans 5 mois

France-La Défense face à un nouveau tour de force budgétaire

* 850 milions d‘économies à trouver

* Reports, voire annulations de contrats envisagés

* Le ministère veut tourner la page De Villiers

PARIS, 25 juillet (Reuters) - Passé le “petit trauma” de l‘affrontement inédit entre Emmanuel Macron et le général Pierre de Villiers, le ministère des Armées s‘active à débusquer les 850 millions d‘économies exigées par l‘exécutif pour 2017 avec la volonté d‘éviter au maximum des choix douloureux, comme l‘annulation de contrats d‘équipement.

Au ministère, on se dit sobrement déçu que le retentissement médiatique de la démission du chef d‘état-major des armées, en désaccord avec le chef de l‘Etat sur le budget de la Défense , ait occulté l‘annonce d‘un accroissement des ressources en 2018 à 34,2 milliards d‘euros contre 32,7 milliards cette année.

Même Jean-Yves Le Drian, négociateur opiniâtre face à Bercy lorsqu‘il occupait les fonctions de ministre de la Défense, n‘avait pas obtenu autant, glisse-t-on.

L‘urgence est à l‘inventivité pour préserver les forces armées des conséquences financières de ce retour à marche forcée dans les clous européens, l‘objectif étant de ramener le déficit public français à 3% du PIB d‘ici la fin de l‘année.

Le “dégel” anticipé de 1,2 milliard d‘euros de crédits obtenu par la ministre des Armées donne un peu plus de “visibilité” au ministère pour agir, sous réserve qu‘un nouveau “coup de rabot” n‘intervienne à l‘automne, concède-t-on de source gouvernementale. La Défense fera tout pour éviter un tel scénario, ajoute-t-on.

Dans Le Journal du Dimanche du 23 juillet, Florence Parly assure que les ajustements seront faits par “lissage” sur les grands programmes d‘équipement.

DES CONTRATS ANNULÉS?

Le ministère travaille sur plusieurs pistes, précise-t-on de source gouvernementale.

L‘une d‘elles consistera à jouer sur la trésorerie pour absorber une bonne moitié des 850 millions d‘euros, comme par exemple réduire ou “assécher” une partie des versements de la France à des organismes de Défense européens comme l‘OCAR (Organisation conjointe en matière d‘armement créée en 1993 par Paris et Berlin), ou l‘agence NAHEMA (Nato Helicopter Management Agency) créée en 1992, explique-t-on de même source.

On évoque par ailleurs, sans plus de précisions, des économies de gestion passant par une “optimisation” des achats.

L‘autre volet, plus préoccupant d‘un point de vue opérationnel, porterait “pour les quelque 400 millions restants” sur les contrats, livraisons et commandes.

La tactique budgétaire n‘est pas nouvelle, elle consiste à étaler dans le temps des programmes et à réduire la cible d‘acquisition, ce qui établirait le “report de charges” du ministère à 3,5 milliards d‘euros à fin 2017, contre 3,1 milliards fin 2016. Du jamais vu. Ces décalages calendaires pèsent sur les troupes, en attente pressante d‘équipements sur les théâtres extérieurs, notamment.

L‘hypothèse d‘annulations de contrats n‘est pas exclue. Elle pourrait porter sur 20% des 400 millions d‘euros visés, avance-t-on au ministère. A charge pour la Direction générale de l‘armement (DGA) de négocier avec les industriels concernés.

On assure au ministère que les programmes potentiellement sur la sellette ne sont pas encore identifiés et qu‘il incombera à l‘état-major des armées de décider des priorités, une manière d‘apaiser la communauté militaire face à la prééminence affichée sans détour par Emmanuel Macron, constitutionnellement chef des armées. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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