25 juillet 2017 / 17:01 / dans 5 mois

LEAD 1-France-Baisse en trompe-l'oeil du chômage en juin

    * Hausse du nombre de chômeurs de longue durée
    * La baisse des emplois aidés devrait faire gonfler le
chômage

 (Actualisé avec graphique, précisions supplémentaires)
    PARIS, 25 juillet (Reuters) - Le chômage s'est retourné à la
baisse en juin en France, le nombre de demandeurs d'emploi sans
aucune activité refluant de 0,3% le mois dernier en métropole,
selon les chiffres publiés mardi par le ministère du Travail. 
    Le nombre d'inscrits à Pôle emploi de catégorie A (sans
aucune activité) a reculé de 10.900 le mois dernier pour
s'établir à 3.483.200.
    Mais en ajoutant les catégories B et C (personnes exerçant
une activité réduite), le nombre d'inscrits à Pôle Emploi tenus
de rechercher un emploi, même s'il n'a pas enregistré
d'évolution significative (1.800 personnes supplémentaires en
juin), a malgré tout inscrit un nouveau record, à 5.562.600
(5.865.700 en incluant les départements d'Outre-mer, également
stable sur un mois).  
    Sur un an, le nombre de demandeurs de catégorie A en France
métropolitaine recule de 1,0% tandis que le total des inscrits
dans les catégories A, B et C augmente de 2,2%.
    Malgré une évolution en dents de scie, le nombre d'inscrits
à Pôle emploi a reflué en 2016, les effectifs diminuant de plus
de 100.000 personnes non seulement pour la seule catégorie A,
mais aussi pour les catégories A, B et C associées.
    Mais sur les six premiers mois de l'année, les effectifs de
la catégorie A ont progressé de 16.100 personnes et ceux de
l'ensemble des chômeurs tenus de rechercher un emploi
(catégories A, B et C) ont augmenté de près de 100.000 personnes
et ont donc quasiment effacé le recul de l'an dernier. 
    
      
    JEU DE BASCULE EN VUE POUR LES PROCHAINS MOIS
    Au sein de la catégorie A, la baisse de juin a concerné
toutes les catégories d'âge, qu'il s'agisse des jeunes (-0,8%),
des 25-49 ans (-0,3%), ou des seniors (-0,1%). 
    En revanche, sur un an, le nombre de chômeurs sans aucune
activité de plus de 50 ans progresse de 3,1%, à l'inverse de la
tendance baissière pour les autres tranches d'âge (-6,7% pour
les moins de 25 ans et -1,4% pour les 25-49 ans). 
    Autre indicateur mitigé, le nombre de chômeurs inscrits
depuis plus d'un an à Pôle emploi, considérés comme chômeurs de
longue durée, s'inscrit en hausse de 0,1% en juin et progresse
de 0,4% sur un an, à 2,4 millions.  
    Leur proportion dans le nombre total de chômeurs est stable
par rapport à mai, à 43,9%.    
    Dans les prochains mois, un jeu de vases communicants
défavorable pourrait venir gonfler les rangs des inscrits des
catégories A, B et C tenus de rechercher un emploi : la
réduction du nombre d'emplois aidés au deuxième semestre devrait
faire basculer un certain nombre d'inscrits de la catégorie E
(qui regroupe les inscrits non tenus de chercher en emploi parce
qu'ils bénéficient d'un contrat aidé ou participent à une
création d'entreprise, par exemple). 
    Selon le ministre de l'Action et des comptes publics Gérald
Darmanin, 110.000 emplois aidés sont prévus d'ici à la fin 2017,
à comparer aux 190.000 recensés sur les cinq premiers mois de
l'année.    
    Muriel Pénicaud, qui avait précisé à son arrivée au
ministère du Travail qu'elle ne commenterait pas les chiffres
mensuels du nombre d'inscrits à Pôle emploi, a
précisé mardi matin qu'elle ferait désormais un point
trimestriel sur "le chômage, la création d'emplois, le marché du
travail".
    A la différence de l'évolution irrégulière du nombre
d'inscrits à Pôle emploi, le taux de chômage calculé par l'Insee
selon les critères du Bureau international du travail (BIT), qui
permet les comparaisons internationales, est orienté à la baisse
depuis le printemps 2015.
    Pour les trois premiers mois de 2017, il s'est établi à 9,3%
de la population active en France métropolitaine et à 9,9% en
incluant les départements d'Outre-mer, au plus bas depuis
l'automne 2012. Les chiffres du deuxième trimestre
seront publiés le 17 août.      
    Le programme présidentiel d'Emmanuel Macron prévoit un
retour du taux de chômage à 7% en 2022, sous l'effet notamment
d'un assouplissement du droit du travail, que l'exécutif compte
mettre en place en septembre, ainsi que d'une
amélioration de la compétitivité des entreprises par une baisse
de la fiscalité.     
         
    Statistiques détaillées sur le site de la Dares:  
    bit.ly/2vT2vZ8
        
 Les indicateurs français en temps réel                  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel           
 Le point sur la conjoncture française                   
 
    
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)
  

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