6 avril 2017 / 19:18 / il y a 4 mois

LEAD 1-EDF prépare la fermeture de Fessenheim mais sous conditions

* Fessenheim ne fermera que lorsque Flamanville ouvrira

* Fermeture aussi conditionnée au plafond de production nucléaire

* Une promesse de François Hollande mise à mal (Actualisé avec précisions)

par Cyril Altmeyer et Michel Rose

PARIS, 6 avril (Reuters) - Le conseil d'administration d'EDF a voté jeudi une motion ne permettant qu'une fermeture sous conditions de la centrale nucléaire de Fessenheim, dont François Hollande s'était pourtant engagé à obtenir l'arrêt avant la fin de son mandat.

L'abrogation de l'autorisation d'exploiter Fessenheim ne prendra effet qu'à la mise en service de l'EPR de Flamanville 3 et il faudra que la fermeture de la centrale de Fessenheim soit à ce moment-là nécessaire au respect du plafond légal de production nucléaire fixé à 63,2 GW en France, précise le groupe dans un communiqué.

D'abord promise par François Hollande pour 2016, la mise à l'arrêt définitive des deux réacteurs de 900 mégawatts de Fessenheim est désormais prévue pour fin 2018.

"Sur cette période (2016-2018), le parc évoluera avec la mise en service de Flamanville 3 et la fermeture concomitante de Fessenheim", précise le groupe public d'énergie dans un communiqué.

La ministre de l'Environnement et de l'Energie a immédiatement estimé que "le caractère inéluctable et irréversible du processus de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim [était] acté".

"L'État entérinera juridiquement cette décision dans les prochains jours", a fait savoir Ségolène Royal dans une déclaration diffusée alors que conseil d'administration était toujours réuni.

POUR LA CGT, RIEN N'OBLIGE DE FERMER FESSENHEIM

Selon un représentant de la CGT, la motion adoptée laisse ouverte la possibilité de fermer une autre centrale nucléaire que Fessenheim.

"C'est une résolution qui permet (au PDG d'EDF Jean-Bernard) Lévy de garder la face mais pas au gouvernement, pour qui c'est un véritable camouflet", a déclaré Laurent Langlard, porte-parole de la fédération CGT des mines et de l'énergie.

Pour Greenpeace, les conditions posées par EDF sont inacceptables.

"S'il faut attendre le "lancement" de l'EPR de Flamanville pour fermer officiellement Fessenheim, jamais la transition énergétique ne sera enclenchée en France et le risque d’accident nucléaire est renforcé", explique l'association de défense de l'environnement dans un communiqué.

EDF a été condamné le 8 mars par le tribunal de police de Guebwiller (Haut-Rhin) pour violation des "règles techniques générales" dans la gestion et la résolution d'un incident survenu à la centrale nucléaire de Fessenheim en 2015. (Avec Bate Felix et Jean-Baptiste Vey, édité par Marc Joanny)

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