5 avril 2017 / 12:00 / dans 6 mois

Fessenheim-La CGT appelle le conseil d'EDF à rejeter la fermeture

PARIS, 5 avril (Reuters) - La CGT a appelé mercredi les administrateurs d‘EDF à se prononcer contre la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), à la veille d‘un vote du conseil d‘administration de l‘électricien public sur le sujet.

Le conseil d‘EDF doit se prononcer jeudi sur l‘abrogation de l‘autorisation d‘exploiter la doyenne des centrales nucléaires françaises, une demande qui ferait l‘objet d‘un décret dont l‘application n‘interviendrait pas avant la mise en service de l‘EPR de Flamanville (Manche), prévue pour fin 2018.

Un vote favorable du groupe, détenu à 83,1% par l‘Etat, permettrait à François Hollande de respecter en partie son engagement électoral de 2012 de fermer Fessenheim.

“Le président de la République exerce une incroyable pression sur le PDG d‘EDF afin que celui-ci fasse voter jeudi 6 avril la demande d‘abrogation (...)”, a estimé la CGT dans un communiqué.

Le syndicat, qui redit “son opposition totale à une fermeture non motivée techniquement ou économiquement” de Fessenheim, demande en conséquence aux administrateurs “de ne pas valider une position politicienne qui mettrait à mal le service public de l‘électricité”.

La CGT appelle également les salariés à un rassemblement jeudi, à proximité du siège d‘EDF, pour demander aux administrateurs du groupe de voter contre le projet de fermeture de Fessenheim.

Le vote de jeudi s‘annonce incertain car, selon une source proche du dossier, il suffirait qu‘un seul des six administrateurs indépendants d‘EDF se prononce contre la demande de décret pour que le projet n‘aboutisse pas.

Selon la même source, les six représentants des salariés voteront en effet contre tandis que les représentants de l‘Etat, en situation de conflit d‘intérêts, ne se prononceront pas.

Une autre source au fait du dossier a indiqué que les administrateurs indépendants d‘EDF voulaient des garanties pour que, dans l‘hypothèse où d‘autres réacteurs que ceux de Fessenheim devaient par exemple fermer, les capacités de production nucléaire du groupe ne soient pas inférieures au plafond prévu par la loi.

“Tout le sujet est de mettre au vote une résolution qui permette à chacun de sauver la face et qui permette aux administrateurs indépendants de voter pour”, a déclaré cette source.

L‘Elysée et EDF n‘ont pas souhaité commenter ces informations.

Le groupe a approuvé fin janvier un accord prévoyant son indemnisation par l‘Etat pour un arrêt anticipé de Fessenheim, conditionnant toutefois sa demande de fermeture à des autorisations pour poursuivre la construction de l‘EPR de Flamanville et l‘exploitation de Paluel 2 (Seine-Maritime), qu‘il a depuis obtenues.

Parmi les principaux candidats à l‘élection présidentielle, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont indiqué qu‘ils confirmeraient la fermeture de Fessenheim tandis que François Fillon et Marine Le Pen ont promis d‘annuler le processus.

Voir aussi :

* FRANCE 2017-Le nucléaire continue de structurer le débat sur l‘énergie (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)

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