28 mars 2017 / 16:14 / il y a 7 mois

RPT-AVANT PAPIER-Theresa May donnera mercredi le coup d'envoi du Brexit

(Bien lire dans le titre mercredi)

par Guy Faulconbridge et Elizabeth Piper

LONDRES, 28 mars (Reuters) - La Première ministre britannique, Theresa May, lancera formellement mercredi la procédure de divorce entre le Royaume-Uni et l‘Union européenne, ouvrant une période de négociations de deux ans à l‘issue incertaine.

“Nous sommes à l‘aube d‘un moment décisif pour la Grande-Bretagne avec l‘ouverture de négociations qui mèneront à un nouveau partenariat avec l‘Europe”, a déclaré lundi Theresa May. “Nous allons saisir cette occasion pour tourner davantage encore la Grande-Bretagne vers le monde”, a-t-elle promis.

Avec l‘enclenchement de la procédure prévue à l‘article 50 du Traité de Lisbonne, Theresa May mène en outre l‘une des missions les plus délicates qu‘un Premier ministre britannique ait eu à conduire : maintenir l‘unité du Royaume-Uni.

Londres s‘apprête à mener d‘intenses et difficiles négociations avec les autres capitales européennes sur un vaste éventail de sujets, allant de la finance au commerce en passant par la sécurité et l‘agriculture.

Ces négociations sur le Brexit peuvent mettre en péril une économie de 2.600 milliards de livres (3.000 milliards d‘euros) et fragiliser la place de la City sur l‘échiquier financier mondial.

Pour ajouter à son casse-tête, Theresa May n‘a pour l‘heure aucune idée du nom de ses principaux futurs interlocuteurs, l‘Allemagne et la France, les deux autres grandes puissances européennes, organisant des élections cette année.

PARTENARIAT ÉQUITABLE

Dans la forme, des diplomates britanniques devraient mercredi remettre en main propre un courrier faisant part du déclenchement de la procédure de divorce et récapitulant les douze priorités énoncées le 17 janvier par Theresa May.

Dans les 48 heures qui suivront la réception du courrier, le président du Conseil européen, Donald Tusk, se tournera vers les 27 autres Etats membres de l‘Union européenne pour leur adresser un projet de cadre de négociations avant d‘exprimer son point de vue à Malte où se réunissent à partir de mercredi plusieurs dirigeants du centre droit européen.

Rien ne permet aujourd‘hui d‘esquisser les contours des négociations à venir.

Theresa May a déclaré qu‘elle chercherait à obtenir un partenariat équitable avec l‘UE mais elle a aussi spécifié que le Royaume-Uni se retirerait du marché unique et de ses 500 millions de consommateurs et n‘adopterait pas les modèles déjà utilisés par d‘autres pays ayant des accords de libre-échange avec le bloc communautaire.

Dans les douze objectifs fixés par Theresa May figurent la fin de la compétence de la Cour européenne de justice sur le Royaume-Uni, la sortie de l‘Union douanière - qui fixe pour les Etats membres les taxes à l‘importation - et la maîtrise de l‘immigration en provenance d‘Europe - qui heurte de front le principe européen de la liberté de circulation des personnes.

A Bruxelles, on doute toutefois qu‘un délai de deux ans suffise pour forger de nouveaux accords commerciaux avec la Grande-Bretagne.

“C‘est vous, les Britanniques, qui avez décidé de partir, ce n‘est pas nous qui vous avons demandé de nous quitter”, rappelle un diplomate européen. “La question de la relation commerciale est la plus difficile à résoudre, je ne vois pas comment cela peut se réaliser dans un tel laps de temps.”

De nombreux doutes entourent toujours le devenir de larges pans de l‘économie britannique. Les exportateurs se demandent s‘ils pourront accéder au marché unique sans barrière douanière et le secteur financier ne sait pas s‘il aura encore le droit de proposer ses services sur le sol de l‘Union européenne.

La question du sort des citoyens européens résidant en Grande-Bretagne et de celui des Britanniques résidant dans l‘Union européenne n‘a pas non plus été tranchée.

Devant ces incertitudes, plusieurs grandes banques, Goldman Sachs, par exemple, ont décidé de transférer certaines de leurs activités hors du Royaume-Uni. Certains groupes pourraient faire un point sur leurs intentions à l‘occasion du lancement de la procédure de divorce.

MAINTENIR L‘UNITÉ DU ROYAUME

Theresa May devra également batailler en Grande-Bretagne et persuader les Écossais du bienfait d‘un maintien au sein du Royaume-Uni, les nationalistes ayant saisi l‘occasion du Brexit pour relancer leur projet sécessionniste.

Le 23 juin dernier, l‘Angleterre et le Pays de Galles ont voté en majorité pour la sortie de l‘Union, contrairement à l‘Ecosse et à l‘Irlande du Nord qui ont dit vouloir y demeurer.

Theresa May multiplie depuis lors les interventions pour exprimer son hostilité à la tenue d‘un nouveau référendum sur l‘indépendance de l‘Ecosse, jugeant le calendrier mal choisi tandis qu‘en Irlande du Nord, les nationalistes du Sinn Féin ont réclamé un scrutin portant sur une réunification de l‘Irlande.

“La tâche de May est tellement ardue - maintenir le Royaume-Uni tout en sortant de l‘Union - que je ne pense pas que beaucoup voudraient être à sa place”, note un diplomate non-européen.

Des parlementaires européens ont proposé lundi une issue à la dirigeante britannique en lui rappelant que les Britanniques avaient encore la possibilité de changer d‘avis et de rester dans l‘Union européenne.

“Nous ne voulons pas fermer la porte au bon sens”, a ainsi déclaré l‘eurodéputé belge Philippe Lamberts, codirigeant du groupe des Verts au Parlement européen. Ce membre de la commission chargée du Brexit a précisé que le traité de sortie contiendra une “clause de révocabilité de l‘article 50”. (Nicolas Delame pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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