22 mars 2017 / 09:58 / dans 9 mois

LEAD 4-Des actionnaires d'Akzo Nobel l'exhortent à discuter avec PPG

(Actualisé avec l‘entretien du directeur général d‘Akzo Nobel)

* PPG propose maintenant plus de €24 mds, dividende compris

* Akzo Nobel juge l‘offre encore insuffisante

* Des actionnaires prônent des discussions

par Thomas Escritt et Toby Sterling

AMSTERDAM, 22 mars (Reuters) - Plusieurs actionnaires ont exhorté mercredi Akzo Nobel, qui a rejeté une deuxième offre d‘environ 24,5 milliards d‘euros de son concurrent PPG , d‘entamer des discussions avec son concurrent américain.

Le fabricant néerlandais de peintures et de revêtements a jugé cette nouvelle proposition non sollicitée insuffisante et trop risquée, mais l‘Association néerlandaise d‘actionnaires VEB a estimé que l‘offre PPG devrait être discutée.

“La deuxième offre aborde nombre des inquiétudes d‘Akzo en matière de recherche & développement, d‘emplois et de cultures d‘entreprises, donc (la direction) devrait au moins discuter PPG”, a déclaré Paul Koster, président de VEB, se faisant l‘écho de plusieurs grands actionnaires institutionnels. Il a ajouté que les termes de l‘offre de PPG signifiaient que l‘accord serait effectivement une “fusion entre égaux”.

Akzo a jugé dans un communiqué que le niveau de cette nouvelle offre en numéraire et en actions, estimée par PPG à 90 euros par action, dividende compris, ne suffisait même pas à ses yeux pour entamer une négociation.

La première proposition de PPG, le 9 mars, s‘élevait à environ 21 milliards d‘euros.

Interrogé par des journalistes sur l‘opinion des actionnaires, le directeur général d‘Akzo, Ton Büchner, a répondu: “Le fait est que nous avons un certain nombre d‘actionnaires. Ce n‘est pas non plus dans l‘intérêt des actionnaires.”

Dans un entretien accordé à Reuters, il a ajouté qu‘il n‘avait pas l‘intention de rencontrer Michael McGarry, son homologue de chez PPG, ni de s‘entretenir avec lui lors de la visite programmée de ce dernier à Amsterdam.

Le fonds Elliot Advisors, qui est monté à plus de 3% au capital d‘Akzo, a déclaré que, tout en jugeant la deuxième approche de PPG “insuffisante, il considère qu‘un tel niveau d‘offre constitue une base crédible de discussions”.

“Ce n‘est que par une prise de contact qu‘Akzo Nobel peut déterminer si PPG est prêt à soumettre une offre d‘un niveau apportant aux actionnaires une rémunération appropriée. Deuxièmement, il ne semble pas qu‘Akzo Nobel ait consulté de manière adéquate les actionnaires avant de rejeter les deux offres”, ajoute Elliot, en disant exprimer l‘avis d‘une “majorité d‘actionnaires”.

De son côté, Columbia Threadneedle, l‘un des 20 principaux actionnaires d‘Akzo, a déclaré que le rachat du groupe néerlandais par PPG avait du sens et que le conseil d‘administration devrait engager des discussions.

MOYENS DE DÉFENSE

Après le rejet de sa première offre, PPG, groupe basé à Pittsburgh, s‘était dit certain de pouvoir parvenir à un accord avec le groupe néerlandais.

Au-delà de la valorisation, l‘offre de PPG a soulevé des inquiétudes politiques et sociales aux Pays-Bas.

Plusieurs responsables, dont le ministre des Affaires économiques, Henk Kamp, ont publiquement exprimé leur hostilité à la première approche du groupe américain, jugée contraire aux intérêts du pays.

Cette proposition a été formulée avant les élections législatives du 15 mars aux Pays-Bas, dont la campagne a été marquée par l‘expression d‘un sentiment nationaliste et le rejet par certains responsables des rachats d‘entreprises néerlandaises par des investisseurs étrangers.

Quatre gouverneurs de provinces néerlandaises se sont à leur tour élevés lundi contre une vente d‘Akzo susceptible, à leurs yeux, de détruire des emplois aux Pays-Bas.

Akzo, connu notamment pour sa marque Dulux, a déclaré mercredi que la nouvelle offre de PPG ne répondait pas aux inquiétudes soulevées par sa première approche en termes de valorisation, de possible veto des autorités de la concurrence, de niveau d‘endettement de l‘éventuelle entité fusionnée et de destructions d‘emplois.

“Ce n‘est pas qu‘une question de prix”, a noté Tom Büchner, ajoutant que les “risques d‘exécution” inhérents à un rapprochement avaient également joué dans le choix de rejeter l‘offre de PPG.

Les conseils de direction et d‘administration d‘Akzo Nobel ont rejeté cette nouvelle offre à l‘unanimité et réitéré leur préférence pour une stratégie indépendante passant par la vente ou l‘introduction en Bourse de la division chimique du groupe.

Akzo dispose de moyens de défense contre des tentatives hostiles de rachat, notamment par le biais d‘une fondation ayant le pouvoir de nommer les dirigeants du groupe. Ton Büchner a déclaré que cette fondation n‘avait pas été consultée sur l‘offre de PPG même si ses responsables “participent à ce qui se passe”.

Les dirigeants d‘Akzo ont multiplié les contacts avec les actionnaires la semaine dernière pour tenter de les convaincre de soutenir leur approche.

Ton Büchner a annoncé qu‘Akzo allait “fournir des prévisions financières actualisées et organiserait bientôt un événement pour les investisseurs”.

L‘action Akzo a clôturé en baisse de 1,07% à 75,78 euros en Bourse d‘Amsterdam, soit l‘un des plus forts reculs de l‘indice sectoriel européen de la chimie, qui a lui-même perdu 0,33%.

Voir aussi :

BREAKINGVIEWS: Akzo shareholders, beware the double-Dutch defence (Toby Sterling; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)

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