20 mars 2017 / 15:50 / il y a 5 mois

Les étrangers vendeurs de dette en euro, une première depuis 1999

FRANCFORT, 20 mars (Reuters) - Les investisseurs étrangers ont été vendeurs nets de dettes libellées en euro l'année dernière pour la première fois depuis 1999 et les investisseurs résidents ont encore massivement acheté de la dette étrangère offrant un meilleur rendement et une protection contre les craintes d'un éclatement de la zone euro, montrent des données publiées lundi par la Banque centrale européenne (BCE).

Elles suggèrent que les investisseurs ont profité des achats de la BCE pour sortir de la zone euro plutôt que de chercher à bénéficier de rendements plus élevés offerts par la dette de certains pays membres comme la BCE espérait qu'ils le feraient à la faveur de son programme d'achats massifs d'actifs.

Les investisseurs ne résidant pas dans la zone euro ont été vendeurs nets de 192 milliards d'euros de dettes libellées dans la monnaie unique européenne, principalement des titres souverains et bancaires. Ils ont par ailleurs réduit de plus de moitié leurs achats nets d'actions d'entreprises de la zone euro par rapport au niveau de 2015.

Les investisseurs résidant au sein de la zone euro ont été, quant à eux, acheteurs nets de 364 milliards d'euros de dettes émises hors de la zone euro, soit juste un peu moins que le montant record enregistré en 2016.

La BCE a imputé ces flux sortants aux rendements obligataires plus faibles au sein de la zone euro qu'à l'étranger et au vote britannique en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne qui a ravivé les inquiétudes sur la pérennité du projet européen.

"L'écart de taux durablement négatif avec d'autres économies avancées a été un déterminant important des flux de portefeuille négatifs sur les titres de dette en 2016", a relevé la BCE.

"De plus, ces estimations laissent penser que l'aversion des investisseurs pour le risque a contribué dans une certaine mesure aux sorties nettes de portefeuille sur les titres de dette dans la seconde moitié de 2016, ce qui peut être lié (...) au référendum britannique de juin 2016 sur l'appartenance à l'Union européenne."

Paradoxalement, la part du Royaume-Uni dans les achats de dettes étrangères par les investisseurs résidant au sein de la zone euro a augmenté au deuxième et au troisième trimestres de l'année dernière, le pays devenant la deuxième destination des investissements de portefeuille en titres de dette derrière les Etats-Unis.

Les craintes d'un éclatement de la zone euro, mesurée par une moyenne des coûts d'assurance contre le risque de défaut des différents pays membres, sont au plus haut depuis 2012 selon des données compilées par IFR, un service d'information sur les marchés de taux de Thomson Reuters.

Graphique: tmsnrt.rs/2lu82TF

Francesco Canepa, Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

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