28 mars 2017 / 07:44 / il y a 8 mois

FRANCE 2017-Le nucléaire continue de structurer le débat sur l'énergie

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - La place du nucléaire en France continue de structurer le débat sur l‘énergie entre les candidats à l‘élection présidentielle, comme en 2012, avec deux grandes tendances : prolonger la durée de vie des centrales d‘EDF ou au contraire les fermer plus ou moins rapidement.

Les renouvelables restent d‘ailleurs vues à travers ce prisme, conséquence logique de la loi sur la transition énergétique de 2015 qui, en prévoyant un plafonnement des capacités de production nucléaires, a aussi programmé une accélération des installations éoliennes et photovoltaïques.

Marine Le Pen (FN) et François Fillon (LR) se présentent comme les plus ardents défenseurs du parc français de 58 réacteurs, tous les deux proposant de prolonger la durée de vie des centrales de 40 à 60 ans sous réserve d‘une validation de l‘Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au cas par cas.

“Procéder à une (...) transition énergétique, c‘est déjà se passer des énergies fossiles. Le nucléaire, ce sera quand on pourra le faire”, fait valoir Philippe Murer, conseiller environnement de la candidate du FN, qui juge les centrales françaises “dans un très bon état et très bien entretenues”.

Marine Le Pen ne prévoit en conséquence aucune fermeture de centrale et reviendrait sur la décision de François Hollande d‘arrêter celle de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2018.

François Fillon, qui reviendrait lui aussi sur la fermeture de Fessenheim, s‘oppose également à la baisse de la part du nucléaire dans la production d‘électricité prévue dans la loi (de 75% à 50% d‘ici 2025), même s‘il prône une “hausse régulière” de la part des renouvelables.

“Nous considérons que le nucléaire reste la colonne vertébrale de l‘indépendance énergétique de la France”, souligne Julien Aubert, spécialiste de l‘énergie pour Les Républicains, précisant toutefois que “le mix devra être précisé, même au sein du nucléaire”.

LE PEN VEUT UN MORATOIRE SUR L‘ÉOLIEN

François Fillon, ajoute-il, pourrait ainsi devoir se prononcer au cours des deux prochaines années sur des mises en chantier de nouveaux réacteurs de type EPR - à condition de démontrer la compétitivité de ceux qui sont aujourd‘hui en construction - pour lancer le renouvellement du parc français.

Alors que Marine Le Pen veut développer “massivement” les filières françaises des renouvelables mais en imposant un moratoire immédiat sur l‘éolien, François Fillon envisage pour sa part de supprimer à terme les subventions aux renouvelables.

A gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon proposent au contraire chacun une sortie pure et simple du nucléaire et visent 100% de renouvelables en 2050.

Le candidat du PS prévoit de fermer tous les réacteurs français en 25 ans dans le cadre d‘un programme élaboré avec Europe Ecologie-Les Verts et, en plus de confirmer l‘arrêt de Fessenheim, déciderait “plus d‘une dizaine” d‘autres fermetures de centrales “en fin de vie” pendant son quinquennat.

Benoît Hamon irait ainsi plus vite et plus loin que François Hollande en portant la part des renouvelables dans la consommation d‘énergie à 50% dès 2025 (contre 32% en 2030 prévus par la loi), le candidat du PS faisant notamment valoir que les renouvelables créent plus d‘emplois que le nucléaire.

Emmanuel Macron (En Marche !), entre prolongation des centrales françaises et réduction de la part du nucléaire, se place dans la lignée des grandes orientations du quinquennat de François Hollande.

L‘ex-ministre de l‘Economie s‘inscrit ainsi dans l‘objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production électrique française à l‘horizon 2025 et confirmerait la fermeture de Fessenheim décidée par l‘actuel chef de l‘Etat.

SUR LE NUCLÉAIRE, MACRON SE DONNE DU TEMPS

En matière de prolongation des réacteurs français, il compte se prononcer après un avis de l‘ASN attendu fin 2018-début 2019, ce qui présage de nouvelles décisions de fermetures.

Concernant l‘objectif de 32% pour la part des renouvelables dans le mix énergétique d‘ici 2030, Emmanuel Macron propose de soumettre dès le début du quinquennat un calendrier d‘appels d‘offres qui porteraient sur un total de 26.000 mégawatts d‘éolien et de solaire d‘ici à fin 2023, ce qui représenterait 30 milliards d‘euros d‘investissements.

“On accepte qu‘il y ait une transition, il y aura moins de nucléaire et il faudra donc fermer des réacteurs, mais on se laisse le temps de le faire et on évitera les conflits sociaux en voulant le faire trop rapidement”, dit-on dans son entourage.

Si un relatif consensus existe entre les candidats en matière de réduction des émissions de CO2, les moyens pour y parvenir divergent.

Pour Marine Le Pen, Philippe Murer juge faisable de “se passer des énergies fossiles en 30 ans” mais n‘est pas convaincu par le principe d‘une taxe CO2. François Fillon défend pour sa part l‘idée d‘un prix d‘au moins 30 euros la tonne pour rendre le système efficace.

Benoît Hamon propose de son côté la mise en place d‘une taxe carbone “substantielle” affectée à la transition écologique et Emmanuel Macron, tout en voulant augmenter la taxe existante dès le début de son quinquennat, veut sortir progressivement des énergies fossiles en commençant par fermer toutes les centrales à charbon en France en cinq ans. (Edité par Jean-Michel Bélot)

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