17 mars 2017 / 03:53 / il y a 5 mois

Les coupes budgétaires de Trump dénoncées côté républicain

* Des sénateurs républicains critiquent des coupes contraires à la sécurité nationale

* Hausse de 10% de la défense, baisse de 28% pour la diplomatie

* Inquiétudes à l'Onu

WASHINGTON, 17 mars (Reuters) - Le projet de budget présenté mercredi par Donald Trump, qui réduit drastiquement les dépenses pour l'environnement et la diplomatie au profit de la défense, a suscité des critiques au sein même de la majorité républicaine au Congrès et sur la scène internationale.

Avec une hausse de 10% des dépenses de défense en 2018, un renforcement de la lutte contre l'immigration illégale et une réduction de l'appareil gouvernemental, le premier budget Trump a pourtant de quoi séduire les conservateurs américains.

Il propose en outre une coupe de 31% (2,6 milliards) du budget de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) et une suppression des programmes de recherche sur le réchauffement climatique sont supprimés.

Cependant, la vision du président pour les quatre prochaines années paraît trop radicale à de nombreux législateurs républicains, ce qui augure de débats intenses au cours des prochains mois.

Bien que le parti possède la majorité tant à la Chambre des représentants qu'au Sénat, le Congrès détient les cordons de la bourse fédérale et exauce rarement les projets présidentiels de budget.

Le gouvernement réclame une baisse de 28% (soit -10,9 milliards de dollars) du budget du département d'Etat et des programmes d'aide internationaux, un contrepoids direct à la croissance de 54 milliards de dollars du budget de l'armée.

"Ces hausses de la défense se font aux dépens de la sécurité nationale", estime le sénateur républicain Lindsey Graham. Le sénateur Marco Rubio, autre ex-concurrent de Trump à la primaire conservatrice, a abondé dans le même sens.

Sur le front de la protection de l'environnement, le sénateur républicain de l'Ohio Rob Portman, ancien-membre de l'administration George W. Bush, a promis de défendre le programme de restauration des Grands Lacs, que Trump projette d'éliminer.

Des républicains modérés ont dénoncé en outre les coupes opérées sur des programmes de subvention de l'énergie. Lisa Murkowski, présidente du Comité du Sénat chargé de l'énergie et des ressources naturelles, s'est inquiétée de la fin des aides locales au traitement des eaux et des subventions pour les ménages pauvres sur les factures d'énergie.

Le chef des républicains à la Chambre des représentants, Paul Ryan, a refusé les questions des journalistes sur le sujet, déclarant que le projet publié mercredi ne représentait que le début du processus budgétaire.

PROMESSES DE CAMPAGNE

Sur la scène internationale, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a mis en garde contre les conséquences d'une coupe brutale des fonds accordés à l'Onu.

"Le secrétaire général souscrit pleinement à la nécessité de combattre le terrorisme efficacement, mais pense que cela requiert davantage que des dépenses militaires", a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric.

L'émissaire français aux Nations unies, François Delattre a estimé qu'un tel recul de Washington des affaires internationales pouvait conduire à une plus grande instabilité.

"Le retrait de l'Amérique et l'unilatéralisme, ou même sa perception par les autres acteurs, crée le risque de revenir à des vieilles sphères d'influence politique, et l'histoire nous enseigne que cela n'a conduit qu'à davantage d'instabilité", a-t-il déclaré.

"En matière de politique étrangère, les perceptions comptent", a-t-il poursuivi.

La Maison blanche a balayé les critiques quant aux conséquences de telles coupes, soulignant que Donald Trump ne faisait que concrétiser ses promesses de campagne.

"Le président a dit, spécifiquement, des centaines de fois, vous l'avez couvert 'Je vais dépenser moins d'argent (...) à l'étranger et plus d'argent sur le peuple à la maison' et c'est exactement ce que nous faisons avec ce budget", a dit à des journalistes le directeur du Budget, Mick Mulvaney.

Donald Trump compte demander une enveloppe discrétionnaire d'environ deux milliards de dollars pour financer la lutte contre l'organisation Etat islamique dans les six prochains mois et cherche également à moderniser les infrastructures de la prison militaire de Guantanamo, à Cuba, que son prédécesseur voulait fermer. (Richard Cowan et Roberta Rampton; Julie Carriat pour le service français)

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