13 mars 2017 / 16:31 / il y a 9 mois

GRAPHES-L'inflation française, une couverture contre le risque de Frexit

par Abhinav Ramnarayan

LONDRES, 13 mars (Reuters) - Des investisseurs arbitrent des obligations du Trésor indexées sur l‘inflation française (OATi) contre des obligations du Trésor indexées sur l‘inflation au sein de la zone euro (OAT€i) pour se protéger contre le risque d‘une sortie de la France de la zone euro, dont l‘agence de notation Moody’s estime qu‘il peu élevé mais croissant.

La candidate du Front national à l‘élection présidentielle française des 23 avril et 7 mai, qui arrive en tête des intentions de vote pour le premier tour, prône une sortie de la France de la zone euro à laquelle les Français sont toutefois majoritairement hostile.

Si tous les sondages prédisant la défaite de Marine Le Pen au second tour du scrutin, elle n‘est pas seule à promettre une rupture avec l‘UE et l‘euro ou, au minimum, un important changement d‘orientation.

Additionnées, les intentions de vote en faveur de la présidente du FN, des candidats souverainistes comme le président de l’Union populaire républicaine François Asselineau ou Nicolas Dupont-Aignan à droite, de Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon à gauche, approchent au total 55%, sans doute plus si on y ajoute les eurosceptiques du camp Fillon.

Dans ce contexte, des investisseurs prennent position sur les obligations du Trésor français indexées sur l‘inflation française et vendent celles qui sont indexées sur l‘inflation au sein de la zone euro.

Leur raisonnement est qu‘en cas de sortie de la France de la zone euro, un retour au franc se traduirait par une forte dépréciation et une envolée de l‘inflation française, un peu comme le Brexit a provoqué une forte chute du sterling et une accélération de la hausse des prix en Grande-Bretagne, a expliqué un trader d‘une grande banque qui a requis l‘anonymat.

“C‘est un arbitrage assez simple sur le risque de redénomination (de la dette française en cas de sortie de l‘euro par la France), et il existe très peu d‘arbitrage comme celui-là.”

L'écart de rendement entre une obligation du Trésor français indexée sur l'inflation échéance 2023 et une OAT classique de même échéance est actuellement de 144 points de base. Il est de 131 points de base pour une OAT€i d'échéance 2022 par rapport à une OAT non indexée de même échéance. Graphique : reut.rs/2mScdd9

“Actuellement, nous percevons (le rendement) des obligations indexées sur l‘inflation française et nous payons celui sur les obligations indexées sur l‘inflation de la zone euro”, a dit Cosimo Marasciulo, responsable de la gestion de taux pour l‘Europe de la société de gestion Pioneer. “On aime cet arbitrage parce qu‘il fonctionne même si Marine Le Pen ne remporte pas l‘élection”.

Le risque de redénomination est en effet le même sur les Obligations du Trésor français libellées en euro qu‘elles soient indexées sur l‘inflation française ou l‘inflation européenne, mais l‘arbitrage permet aussi de tirer parti d‘une accélération de l‘inflation française plus rapide que dans le reste de la zone euro si un autre candidat victorieux met en oeuvre des mesures susceptibles d‘accélérer la hausse des prix en France.

“Même si le centriste Emmanuel Macron arrive au pouvoir, il adoptera vraisemblablement des mesures positives pour l‘inflation française”, a dit Marasciulo.

Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below