13 mars 2017 / 16:21 / dans 9 mois

FRANCE 2017-Fillon tente de se relancer avec un programme remanié

* Des mesures pour le pouvoir d‘achat

* Il promet de réformer la vie publique

* Accusé de “se radicaliser”, il met en avant l‘UDI

par Sophie Louet

PARIS, 13 mars (Reuters) - François Fillon s‘est engagé lundi à “profondément” rénover la vie publique française en détaillant un programme amendé dont il fait son dernier atout pour surmonter ses ennuis judiciaires et des sondages obstinément négatifs.

A deux jours d‘une possible mise en examen dans l‘enquête sur les emplois présumés fictifs dont aurait bénéficié sa famille, le candidat de la droite et du centre, qui fait face à une nouvelle polémique sur des cadeaux vestimentaires , a balayé les questions sur sa capacité à faire campagne et à convaincre les Français de consentir des efforts.

“Il n‘y a qu‘une seule chose qui existe en démocratie, c‘est la volonté du peuple. Les Français, ce sont eux qui choisiront, ce sont eux qui se détermineront, ce n‘est pas vous, ce n‘est pas moi”, a-t-il dit lors d‘une conférence de presse sur son projet, retardée en raison de la crise qui a saisi la droite.

“Libérer, protéger, réconcilier” sont désormais les mots d‘ordre du programme de l‘ancien Premier ministre qui s‘estime “le seul candidat à proposer un projet global, cohérent et financé” face aux “demi-mesures” d‘Emmanuel Macron et aux “propositions folles” de Marine Le Pen, qui le devancent actuellement dans les intentions de vote pour le premier tour.

Rejetant à nouveau les accusations de “purge”, François Fillon s‘est efforcé de mettre en valeur les aspects “sociaux” de son programme dont il a conservé le noyau libéral (100 milliards d‘euros de coupes dans les dépenses publiques, abolition des 35 heures, suppression de 500.000 postes de fonctionnaires, 50 milliards de baisse de prélèvements) tout en y apportant des amendements “redistributifs”.

POUVOIR D‘ACHAT

Ainsi a-t-il finalement décidé de porter son forfait de cotisations salariales à 350 euros par salarié et sans plafond de rémunération, comme il le précisait dans Les Echos , une mesure estimée à 7,7 milliards d‘euros financée par la baisse des dépenses publiques et le relèvement de deux points du taux normal de TVA. L‘augmentation de deux points du taux intermédiaire est abandonnée.

“La stratégie économique choisie consiste dès juillet à créer un climat de confiance et à donner du pouvoir d‘achat qui se transforme le plus vite possible en consommation”, souligne-t-on dans son équipe, en précisant que l‘augmentation de la TVA aura “une répercussion très faible sur les prix”.

“Un autre candidat propose de transférer cette protection sociale vers la CSG, je pense que c‘est une très mauvaise décision”, a déclaré François Fillon en visant Emmanuel Macron.

Le porte-parole du candidat d’“En Marche!” a répliqué que François Fillon était “le plus mal placé pour demander des efforts aux Français”. Il est “doux avec les forts et durs avec les faibles”, estime pour sa part l‘équipe de Benoît Hamon.

Confronté à un procès en “radicalisation” au sein de son camp, le candidat a précisé avoir retenu “beaucoup des amendements” des centristes de l‘UDI qui lui avaient retiré leur soutien au plus fort de la crise avant de réintégrer son équipe.

“Nous sommes parfaitement prêts à affronter le suffrage universel et à gouverner ensemble”, a assuré François Fillon.

“Je parle avec tout le monde, avec Charles Millon comme avec le centre-gauche”, a-t-il ajouté par la suite, démentant au passage que l‘ex-ministre de la Défense de Jacques Chirac, qui fit alliance avec le Front national lors des élections régionales de 1998, ait intégré son équipe.

“CODE DE BONNE CONDUITE”

Un ancien responsable de la campagne d‘Alain Juppé soupire : “On est embarqués dans la campagne de François Fillon dont on partage 95% du programme mais de moins en moins les slogans et la populisme. On va perdre cette élection.”

Le candidat, qui a affirmé lundi matin sur Europe 1 qu‘il se qualifierait pour le second tour de la présidentielle, s‘est de nouveau engagé, s‘il est élu, à un unique mandat présidentiel.

Les stigmates de la crise récente, où le scénario d‘une candidature alternative a manqué de balayer François Fillon, transparaissent dans le programme même : le candidat ne dévoilera pas, comme il s‘y était engagé, la composition de son gouvernement “commando” appelé à gouverner par ordonnances.

“Pour des raisons évidentes de solidarité, d‘apaisement des conflits dans ma famille politique, je n‘irai pas jusqu‘à désigner à l‘avance les membres de mon gouvernement”, a-t-il dit.

“Les ministres seront choisis sur un critère exclusif, celui de la compétence”, a-t-il expliqué, soulignant que chacun sera soumis à un code de conduite garantissant notamment “la prévention des conflits d‘intérêt et la bonne utilisation des moyens publics”. “Les ministres qui n‘atteindront pas leurs objectifs ne resteront pas au gouvernement”, a-t-il prévenu.

Quant aux parlementaires, leur statut, ainsi que “celui de leurs collaborateurs”, sera modernisé, a-t-il dit, dans une immanquable résonance avec le bruit de fond judiciaire qui continue malgré tout de parasiter sa campagne. (Edité par Yves Clarisse)

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