10 mars 2017 / 15:56 / il y a 8 mois

3 QUESTIONS À-Les salaires, variable clé des hausses de taux de la Fed - BFT IM

PARIS, 10 mars (Reuters) - L‘évolution des salaires aux Etats-Unis sera un paramètre important du calendrier des hausses de taux de la Réserve fédérale (Fed) en 2017, alors que le schéma de croissance actuel, avec un niveau élevé de créations d‘emplois mais une faible progression des salaires, pourrait engendrer moins de hausses de taux qu‘observé par le passé, estime Mabrouk Chetouane, responsable de la recherche et de la stratégie de BFT IM.

1/ Que nous apprend le dernier rapport sur l‘emploi sur l‘état de santé de l‘économie américaine ?

Mabrouk Chetouane - Les Etats-Unis continuent de créer de l‘emploi à un rythme régulier et beaucoup plus stable que par le passé. Ce cycle de croissance demeure étonnamment long dans la mesure où les économistes avaient anticipé sa fin, avec un ralentissement graduel attendu des créations de postes et une hausse du taux de chômage.

Aujourd‘hui, une contraction du marché du travail n‘est pas du tout perceptible aux Etats-Unis, ce qui conforte les prévisions d‘une croissance du produit intérieur brut (PIB) autour de 2% pour 2017.

2 / Une hausse des taux de la Fed le 15 mars est-elle désormais inévitable ?

Mabrouk Chetouane - Il est quasiment certain que la Réserve fédérale augmentera ses taux de 25 points de base lors de sa prochaine réunion. Deux raisons à cela : le rapport sur l‘emploi, qui constitue un indicateur clé pour la Fed de l‘état de santé de l‘économie américaine et les récentes déclarations de plusieurs responsables de la Fed, dont la présidente Janet Yellen.

3 / Combien de hausses de taux peut-on attendre pour 2017 ?

Mabrouk Chetouane - Le marché intègre actuellement trois hausses de taux cette année, ce qui est en phase avec la “forward guidance” de la Fed. Toutefois, on ne peut pas exclure quatre hausses, en mars, en juin, en septembre et en décembre.

L‘une des interrogations repose sur l‘évolution des salaires. Ils n‘ont augmenté que de 0,2% en février - ce qui permet de compenser la moindre augmentation enregistrée sur ce front en janvier -, mais les salaires ne montrent toujours pas de signes d‘accélération significative.

Si l‘on rapporte la hausse de 2,8% des salaires en février sur un an à la dynamique de l‘inflation, on s‘aperçoit que les salaires réels ne progressent que très peu. A terme, cela pourrait avoir - hors effets d‘éventuelles nouvelles mesures décidées par Donald Trump - un impact sur la consommation des ménages, et inciter la Fed à adopter un rythme plus progressif en matière de relèvement des taux.

A l‘inverse, si les salaires venaient à augmenter de manière plus durable, cela confirmerait le cycle de resserrement monétaire de la Fed.

Voir aussi: Les chiffres de l‘emploi donnent le feu vert à la Fed

Propos recueillis par Blandine Hénault, édité par Patrick Vignal

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