9 mars 2017 / 09:56 / il y a 8 mois

FRANCE 2017-Hamon veut un parlement de la zone euro pour en finir avec l'austérité

PARIS, 9 mars (Reuters) - Benoît Hamon veut confier à un parlement de la zone euro le pouvoir de fixer les règles budgétaires et la mise en œuvre d‘une harmonisation fiscale et sociale au sein du bloc pour en finir avec l’“austérité” et faire reculer le populisme.

Le candidat socialiste à l‘élection présidentielle estime dans une interview publiée jeudi par Le Monde que l‘Europe, aujourd‘hui, “ne marche pas”.

“Elle se livre à une forme de fuite en avant, considérant que la prospérité en Europe ne peut nécessairement passer que par l’austérité à l’intérieur de l’Union et par le libre-échange absolu sur tous les sujets à l’extérieur”, dit-il.

“Cette vision de l’Europe est en train de fabriquer sa perte. Partout sur le continent, on constate la montée des nationalismes et des extrêmes droites, qui ne peuvent nous mener qu’au pire”, ajoute-t-il dans ce long entretien.

Il juge que les deux favoris des sondages ne répondent pas à ce défi puisque la présidente du Front national Marine Le Pen veut un “repli sur l‘Etat-nation” tandis que le candidat d‘En marche ! Emmanuel Macron entend selon lui perpétuer les politiques actuellement menées au niveau européen.

Pour Benoît Hamon, le principal problème est le déficit démocratique de la zone euro, où la coopération doit selon lui s‘intensifier, et il propose un nouveau traité budgétaire avec “la mise en place d’une Assemblée démocratique représentative, qui serait principalement l’émanation des Parlements nationaux”, pour remplacer l‘Eurogroupe des ministres des Finances.

L‘ALLEMAGNE “NE PEUT PAS REFUSER LE DEBAT”

Cette Assemblée aurait pour mission de décider du budget de la zone euro, des politiques d’harmonisation fiscale et sociale, des cibles à adopter dans la réduction des déficits et du taux minimum de l’impôt sur les sociétés en Europe.

Elle serait composée de 400 membres, principalement des députés, désignés selon le poids démographique et économique de chaque pays membre, et complétée de représentants du Parlement européen, ce qui la ferait pencher selon lui à gauche.

Benoît Hamon, qui sait que l‘Allemagne doit accepter cette réforme pour qu‘elle ait une chance d‘être adoptée, estime que les choses ont changé à Berlin avec la crise des réfugiés et compte sur l‘élection du social-démocrate Martin Schulz.

“Une grande démocratie comme l’Allemagne ne peut pas refuser le débat démocratique que je propose, ce serait prendre une responsabilité immense vis-à-vis des échecs à venir. Je suis persuadé que l’Allemagne est prête à cette discussion”, dit-il.

Il veut coupler son projet “à deux autres questions fondamentales : l’énergie et la défense”, avec un traité de transition énergétique à l’échelle européenne, pour mettre en place un plan d’investissements de 1.000 milliards d’euros.

Quatrième des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, il propose, en attendant l‘adoption de son traité, d‘assouplir les règles limitant le déficit public des Etats à 3% du produit intérieur brut en excluant de ce calcul les dépenses engagées pour la défense et l‘aide aux réfugiés.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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