7 mars 2017 / 16:53 / dans 7 mois

LEAD 1-G20-Le rejet du protectionnisme absent du projet de communiqué

(Actualisé avec des précisions, contexte, citation)

par Jan Strupczewski

BRUXELLES, 7 mars (Reuters) - Les grands argentiers du G20 (Groupe des Vingt) pourraient ne plus rejeter explicitement le protectionnisme ou les dévaluations compétitives, selon un projet de communiqué de leur réunion de la semaine prochaine, qui s‘engage seulement à préserver un commerce international équitable et ouvert.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des 20 plus grands pays développés et émergents se réuniront les 17 et 18 mars à Baden Baden, en Allemagne, pour discuter de l‘économie mondiale.

Il s‘agira de la première réunion des ministres du G20 depuis l‘avènement de la nouvelle administration de Donald Trump qui défend une politique plus protectionniste.

Ces changements figurant dans le projet de communiqué, qui sera encore travaillé avant sa publication le 18 mars, semblent avoir pris en compte cette nouvelle donne.

A été supprimée dans ce projet de communiqué la mention de la “résistance à toute forme de protectionnisme” qui figurait dans celui publié par les ministres des Finances l‘an dernier. Les communiqués du G20 mettaient plus généralement en garde contre le protectionnisme depuis plus de 10 ans.

“L‘absence de toute référence au protectionnisme dans le projet de communiqué est étrange”, observe un responsable au fait des préparatifs de la réunion. “C‘est peut-être le plus petit commun dénominateur que tout le monde pouvait accepter”

Il ne contient pas davantage la phrase habituelle des communiqués précédents selon laquelle le G20 “s‘abstiendra de toute dévaluation compétitive” et évitera de faire du taux de change une arme commerciale.

Le communiqué dit en revanche: “Nous préserverons un commerce international équitable et ouvert”.

Et d‘ajouter: “Nous réaffirmons nos engagements précédents en matière de taux de change.”

La mention, figurant depuis des années dans les communiqués précédents, voulant qu‘une volatilité excessive et des mouvements de change désordonnés puissent altérer la stabilité économique et financière, a également été supprimée.

Peter Navarro, le conseiller au commerce de Trump, a dit lundi que le déficit commercial de 65 milliards de dollars des Etats-Unis avec l‘Allemagne, qui assure la présidence tournante du G20 cette année, était l‘une des questions commerciales les plus délicates à régler. Il faut des discussions bilatérales pour le réduire en dehors des limites imposées par l‘Union européenne, a-t-il ajouté.

Navarro avait déjà dit en février que l‘Allemagne tirait parti d‘un euro faible pour jouir d‘un sérieux avantage commercial. A quoi l‘Allemagne a répliqué que c‘était le marché qui établissait le taux de change de l‘euro, en réaction essentiellement à la politique ultra-accommodante de la Banque centrale européenne (BCE).

Trump menace les constructeurs automobiles allemands d‘un droit de douane de 35% sur les véhicules importés sur le sol américain. La tentation protectionniste du président américain et mal vu en Allemagne, dont le PIB repose pour près de moitié sur l‘exportation. Les Etats-Unis sont le principal partenaire commercial individuel de l‘Allemagne, absorbant près de 10% de ses exportations.

Catherine Mallebay-Vacqueur pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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