7 mars 2017 / 13:42 / dans 7 mois

BoE-Un vice-gouverneur tancé pour risque de conflit d'intérêts

par David Milliken et Andy Bruce

LONDRES, 7 mars (Reuters) - Charlotte Hogg, nommée le mois dernier au poste de vice-gouverneur de la Banque d‘Angleterre (BoE), a reconnu qu‘elle n‘avait pas informé la banque centrale d‘un risque de conflit d‘intérêts lié à la position de son frère chez Barclays, s‘attirant les foudres des parlementaires et de la BoE elle-même.

En poste à la banque centrale en 2013, Charlotte Hogg a été nommée vice-gouverneur et chargée à ce titre à la fois de la supervision des marchés financiers et des banques opérant en Grande-Bretagne.

Dans une lettre rendue publique mardi, elle explique qu‘elle n‘a mentionné expressément la fonction de son frère au sein du comité stratégique de Barclays que lorsqu‘elle a soumis des documents à une commission parlementaire chargée d‘examiner sa nomination.

“J‘aurais dû officiellement déclarer les attributions de mon frère lorsque j‘ai rejoint la Banque (d‘Angleterre). Je ne l‘ai pas fait et j‘assume entièrement la responsabilité de cette négligence”, explique Hogg dans cette lettre, adressée à la commission du Trésor du Parlement.

Dans cette lettre, Hogg dit qu‘elle a eu tort de dire à la commission, le 28 février, qu‘elle avait bien informé la BoE des fonctions de son frère.

Anthony Habgood, président du conseil d‘administration de la BoE, organe responsable entre autres de la stratégie de l‘institut d‘émission, a dit aux parlementaires que Hogg avait commis une “infraction très grave” au code de conduite de l‘établissement. Il a toutefois admis qu‘il n‘y avait pas eu de conflit d‘intérêts réel.

Le Parlement n‘a aucun droit de regard sur la nomination de Charlotte Hogg mais Jacob Rees-Mogg, député conservateur siégeant à la commission et qui n‘a jamais ménagé ses critiques envers la BoE depuis que l‘institution est dirigée par Mark Carney, s‘est dit préoccupé par les réponses faites par les membres de l‘institut d‘émission.

“Ce qui m‘inquiète c‘est que la banque (centrale), ou le conseil, a l‘air de prendre ça à la légère”, a-t-il dit. “J‘ai d‘abord été préoccupé par l‘erreur de Mme Hogg mais à présent c‘est la réaction de la banque qui m‘inquiète; elle manque pour le moins de rigueur et se contente de signer un chèque en blanc qu‘elle nous demande d‘endosser”.

Hogg ajoute dans sa lettre qu‘elle demandera aux trois principaux comités de la banque centrale au sein desquels elle siège à présent, d‘examiner l‘opportunité de prendre de nouvelles dispositions pour gérer le conflit d‘intérêts en puissance.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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