6 mars 2017 / 07:13 / il y a 9 mois

La présidente sud-coréenne accusée de collusion, Samsung de corruption

par Ju-min Park

SEOUL, 6 mars (Reuters) - La présidente sud-coréenne Park Geun-hye, suspendue de ses fonctions dans le cadre d‘une procédure de destitution, s‘est rendue coupable de collusion pour toucher de l‘argent du conglomérat Samsung en échange d‘une intervention en faveur du dirigeant du groupe industriel, a déclaré lundi le procureur spécial.

Dans une déclaration détaillant les conclusions de ses investigations, le magistrat explique que la présidente et sa confidente, Choi Soon-sil, à l‘origine de l‘affaire, se sont secrètement entendues pour aider Jay Y. Lee à renforcer son emprise sur Samsung.

Le procureur explique que le National Pension Service (NPS), une caisse publique des retraites dépendant du ministère de la Santé, a voté en faveur d‘une fusion de deux filiales du groupe alors même qu‘il anticipait une perte d‘environ 140 milliards de wons (120 millions de dollars) liée à ce rapprochement voulue par Lee.

“Le vice-président du groupe Samsung Jae-yong Lee s‘est secrètement entendu avec d‘autres, dont le directeur stratégie du groupe Choi Gee-sung, pour soudoyer la présidente et Choi Soon-sil dans le but de recevoir un soutien (...)”, a déclaré le procureur Park Young-soo lors d‘une conférence de presse télévisée.

La présidente Park, Choi et Lee se défendent de toute malversation.

Dans un communiqué, l‘avocat de la présidente a déclaré que la thèse du procureur spécial relevait d‘une “fiction absurde, très éloignée de la réalité”. Park Geun-hye, a-t-il ajouté, n‘a pas ordonné à la caisse des retraites de voter en faveur du projet de fusion et n‘a pas reçu de commissions occultes versées par le patron du “chaebol”, a ajouté Yoo Yeong-ha.

Le groupe Samsung s‘est pareillement inscrit en faux contre les conclusions du procureur spécial, affirmant n‘avoir jamais versé de pots-de-vin ni cherché à se procurer les faveurs de la présidente Park. “La procédure judiciaire révélera la vérité”, ajoute le conglomérat dans un communiqué.

L‘enquête du procureur spécial portait sur le scandale de trafic d‘influence qui a conduit le Parlement à ouvrir à une très large majorité une procédure de destitution contre la présidente.

Suspendue de ses fonctions début décembre par les députés, la chef de l‘Etat attend désormais les conclusions de la Cour suprême, qui doit décider d‘ici la fin du mois si elle la révoque de ses fonctions ou si elle annule le vote des députés.

Park Geun-hye et sa confidente, Choi Soon-sil, sont accusées d‘avoir exercé des pressions sur les grandes entreprises sud-coréennes pour qu‘elles financent deux fondations créées par la seconde pour soutenir l‘action politique de la première. (avec Se Young Lee et Vincent Lee; Henri-Pierre André pour le service français)

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