27 février 2017 / 15:53 / il y a 10 mois

LEAD 3-Trump accorde une hausse "historique" au budget de la Défense

(Actualisé avec lettre d‘anciens généraux au Congrès § 12-13-14)

WASHINGTON, 27 février (Reuters) - Donald Trump a annoncé lundi une augmentation du budget de la Défense des Etats-Unis qu‘il a qualifiée d‘historique.

Son projet de budget fait la part belle au Pentagone, conformément à ses promesses de campagne, et prévoit des coupes partout ailleurs dans le fonctionnement de l‘Etat fédéral pour compenser les dépenses accrues en matière de Défense.

Le Pentagone devrait bénéficier d‘une enveloppe supplémentaire de 54 milliards de dollars - soit une progression de 9,2% par rapport au précédent budget - avec liberté de dépenser cet argent à sa guise, a expliqué à la presse un responsable de la Maison blanche chargé du budget.

Inversement, tout ce qui ne ressort pas du Pentagone sera source d‘économies, à hauteur de 54 milliards. Ce sera en particulier le cas de l‘aide internationale.

“Ce budget est un budget de sécurité nationale et de sécurité publique”, a déclaré le nouveau président américain lors d‘une rencontre avec les gouverneurs des Etats fédéraux.

“Il comprendra une hausse historique des dépenses en matière de Défense afin de rebâtir les capacités militaires des Etats-Unis en cette période où nous en avons tant besoin”, a-t-il ajouté.

“Nous allons faire plus avec moins, le gouvernement sera plus modeste et devra rendre des comptes”, a-t-il promis.

Donald Trump entend en outre consacrer plus de moyens au développement des infrastructures aux Etats-Unis, là aussi conformément à ses engagements. Il présentera son plan dans ce domaine mardi devant le Congrès. “Nous allons commencer à dépenser beaucoup pour les infrastructures”, a-t-il déclaré.

Les négociations sur le budget au Congrès, qui a le dernier mot en la matière, durent généralement des mois.

Quelques heures avant l‘intervention de Donald Trump, on expliquait de source proche du dossier que le président voulait accorder au Pentagone plus de moyens pour la construction de bateaux, d‘avions et pour établir “une présence plus solide dans les voies navigables internationales clés”, comme le détroit d‘Ormuz et la mer de Chine méridionale.

D‘ANCIENS GÉNÉRAUX AU SECOURS DE LA DIPLOMATIE

Le budget du département d‘Etat, de l‘ordre de 50 milliards de dollars, pourrait être réduit, lui, de 30%, ce qui entraînerait une restructuration majeure.

Dans une lettre adressée aux responsables du Congrès, 120 anciens généraux et amiraux américains se sont élevés lundi contre ce coup qui pourrait être porté à la diplomatie et à l‘aide internationale.

“Nous savons, de par notre expérience sous l‘uniforme, que de nombreuses crises auxquelles notre pays est confronté n‘ont pas de solution uniquement militaire”, écrivent les officiers, parmi lesquels figurent l‘ancien chef d‘état-major de l‘US Army, George Casey, l‘ancien directeur de la CIA et commandant des forces américaines en Irak et en Afghanistan, David Petraeus, l‘ancien commandant en chef de l‘Otan, John Stavridis, ou encore l‘ancien directeur de la NSA, Keith Alexander.

“Le département d‘Etat, l‘Usaid, (...) le Peace Corps et d‘autres agences de développement sont cruciaux pour éviter des conflits et réduire le besoin d‘exposer nos hommes et femmes en uniforme au danger”, ajoutent les anciens généraux en appelant le Congrès à “renforcer la diplomatie et le développement en même temps que la défense pour assurer la sécurité de l‘Amérique”.

L‘Agence de protection de l‘environnement (EPA) devrait elle aussi pâtir des coupes budgétaires envisagées.

S‘exprimant vendredi dernier devant la Conservative Political Action Conference (CPAC), grand-messe annuelle des conservateurs américains, Donald Trump a promis une forte hausse du budget de la Défense afin de parvenir au “plus grand effort militaire de l‘Histoire” des Etats-Unis.

Certains experts s‘interrogent toutefois sur la nécessité d‘une forte hausse des dépenses militaires, qui représentent déjà quelque 600 milliards de dollars.

Le projet de budget de Donald Trump se fonde sur une croissance économique de 2,4%, dit-on de même source. Lors de sa campagne présidentielle, il avait évoqué une croissance de 4% et parlé d’“un objectif national”. (Steve Holland, avec Tim Ahmann et David Alexander, Benoît Van Overstraeten, Gilles Trequesser et Tangi Salaün pour le service français)

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