27 février 2017 / 07:32 / il y a 9 mois

LEAD 3-La fusion LSE-Deutsche Börse menacée, rejet attendu de l'UE

(Actualisé avec refus de commenter du gouvernement allemand, commentaire du porte-parole de Theresa May et cours de Bourse)

par Rachel Armstrong, John O‘Donnell et Andreas Kröner

LONDRES/FRANCFORT, 27 février (Reuters) - Le London Stock Exchange (LSE) a pratiquement mis fin à son projet de fusion avec Deutsche Börse visant à créer le premier opérateur boursier européen, l‘opérateur de la place londonienne ayant annoncé que l‘opération ne devrait pas être approuvée par la Commission européenne et qu‘il bénéficiait de solides perspectives même en restant indépendant.

Les deux opérateurs européens ont annoncé un projet de fusion plus de 28 milliards d‘euros il y a tout juste un an afin de mieux résister à la concurrence des opérateurs américains qui commençaient à s‘implanter sur leur territoire.

Mais dimanche soir, le LSE a anticipé l‘annonce de l‘UE et expliqué que cette tentative de rapprochement avec Deutsche Börse devrait être bloquée par l‘exécutif européen, l‘opérateur britannique ayant refusé de céder sa participation de 60% dans sa plate-forme italienne sur les marchés de taux MTS comme le lui demandaient les autorités de la concurrence.

Qualifiant cette exigence de “disproportionnée”, l‘opérateur britannique a indiqué qu‘il aurait du mal à céder MTS et qu‘une telle cession lui serait préjudiciable.

Le LSE entend cependant continuer à travailler à une fusion avec Deutsche Börse si l‘exécutif européen, qui s‘est refusé à tout commentaire, revient sur sa position, a dit le groupe.

A 12h00 GMT, l‘action Deutsche Börse baisse de 2,78% à 79,36 euros à la Bourse de Francfort, lanterne rouge de l‘EuroFirst 300, après avoir touché un plus bas de 78,30 euros dans les premiers échanges.

Le titre LSE de son côté recule de 2,72% à Londres, troisième plus forte baisse du FTSE et de l‘EuroFirst 300.

L‘action de l‘opérateur français Euronext, dont le rachat de LCH.Clearnet, filiale française de compensation de LSE, est conditionné au succès de la fusion, abandonne 2,84%.

Il s‘agit de la quatrième tentative - dont deux informelles - de rapprochement entre les deux opérateurs depuis dix ans, la Commission ayant par ailleurs bloqué en 2012 une alliance de 17 milliards de dollars (16,1 milliards d‘euros) entre l‘ancien groupe Nyse Euronext et Deutsche Börse.

Le gouvernement allemand a refusé lundi de commenter les derniers développements du projet de fusion des deux groupes.

Une porte-parole du ministère des Finances a dit lors d‘une conférence de presse du gouvernement qu‘il s‘agissait d‘une décision d‘entreprise et qu‘elle ne commenterait pas. Le porte-parole de la chancelière Angela Merkel a dit de son côté qu‘il n‘avait rien à ajouter à ce sujet.

Du côté britannique, le porte-parole de la Première ministre britannique, Theresa May, a estimé que le projet est une affaire commerciale impliquant les deux groupes.

BREXIT ET MTS AU COEUR DU PROBLÈME

Le projet de créer ce que le président du directoire de Deutsche Börse présente comme un pont financier entre l‘Europe continentale et la Grande-Bretagne a été remis en cause par la décision des Britanniques de sortir de l‘Union européenne, les dirigeants allemands réclamant que le siège du futur ensemble soit situé à Francfort et non à Londres à cause du Brexit.

Mais selon une source proche du LSE, c‘est surtout la vente de la participation de LSE dans MTS qui pose problème, Rome étant fermement opposée à cette cession.

“MTS détient le plus grand nombre d‘obligations de l‘Etat italien, ce qui suscite la prudence des autorités italiennes en cas de changement de propriétaire.”

Dans un communiqué, Deutsche Börse a attribué la décision de ne pas céder MTS au LSE. Le LSE “a décidé ce soir de ne pas accepter la cession exigée de la participation majoritaire de LSE dans MTS”, a dit Deutsche Börse, ajoutant qu‘il s‘attendait à une décision définitive de la Commission d‘ici fin mars.

Les opérateurs ont déjà accepté de vendre LCH Clearnet, la filiale française de la chambre de compensation du LSE, pour satisfaire aux exigences de l‘autorité antitrust européenne.

Le LSE a précisé que la Commission a également exprimé ses inquiétudes ce mois-ci concernant l‘accès aux flux sur les marchés obligataires et de mises en pension de titres si les deux opérateurs venaient à fusionner. Le LSE a ajouté avoir fait des propositions pour régler ce problème mais que la Commission avait exigé plutôt qu‘il cède la part dans MTS.

L‘UE avait donné aux deux opérateurs jusqu‘à lundi pour présenter des concessions en réponse à sa demande.

MTS représente une petite part de l‘activité du LSE tout en étant une plate-forme de premier plan pour les échanges d‘obligations souveraines, notamment en Italie, où cette activité est classée “d‘importance systémique”.

Le LSE a précisé qu‘une cession de MTS exigerait l‘obtention du feu vert des autorités de plusieurs pays en Europe et affecterait son activité globale en Italie.

“Prenant en compte tous les éléments et agissant dans le meilleur intérêt de ses actionnaires, le conseil du LSE a conclu aujourd‘hui qu‘il ne pouvait pas s‘engager à céder MTS”, a déclaré l‘opérateur dans son communiqué publié dimanche soir.

Voir aussi:

BREAKINGVIEWS-LSE and Deutsche Boerse get a gift neither wants (Avec Ismail Shakil à Bangalore, Erik Kirschbaum, Elizabeth Piper et Foo Yun Chee, Juliette Rouillon et Claude Chendjou pour le service français)

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