11 février 2017 / 17:34 / dans 10 mois

Juncker met en garde contre les divisions liées au Brexit

par Joseph Nasr

BERLIN, 11 février (Reuters) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a fait part samedi de ses craintes de voir la Grande-Bretagne tenter de diviser l‘Union européenne en faisant des promesses différentes à chaque pays membre lors des négociations sur le Brexit.

“Les 27 autres pays de l‘UE ne le savent pas encore mais les Britanniques savent parfaitement comme ils doivent s‘y prendre”, a expliqué Juncker à la radio allemande Deutschlandfunk. “Il peuvent promettre une chose à un pays A, une autre chose à un pays B et encore une autre à un pays C dans le but qu‘il n‘y ait pas de front uni européen”, a-t-il précisé.

La Première ministre britannique, Theresa May, a obtenu le feu vert de la Chambre des communes pour invoquer l‘article 50 du Traité européen de Lisbonne, point de départ d‘une période de deux ans de négociations destinées à fixer les modalités de la séparation entre le Royaume-Uni et l‘Union européenne.

La procédure devrait être déclenchée avant la fin du mois de mars, bien que la date n‘ait pas encore été précisée.

Cette période délicate s‘inscrit dans un contexte d‘instabilité marqué par la question récurrente du maintien de la Grèce dans la zone euro et par l‘élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Le président américain ne cache pas son aversion pour l‘Union européenne et estime que le Brexit constitue une évolution positive appelée, selon lui, à se répéter dans d‘autres Etats membres à l‘avenir.

Pour ajouter encore à l‘incertitude, les partenaires de la France s‘inquiètent du résultat de l‘élection présidentielle en mai tandis que des élections générales sont prévues cette année en Allemagne et aux Pays-Bas.

“Concernant Trump et le Brexit, tout le monde dit: ‘C‘est une grande chance pour l‘Europe. L‘heure est venue de serrer les rangs et de marcher d‘un même pas’”, a poursuivi Juncker.

“Je souhaite que cela soit le cas, mais est-ce que c‘est ce qui va se passer ? J‘ai des doutes. Parce que les Britanniques peuvent diviser sans trop d‘efforts les 27 autres Etats membres”.

Les déclarations du président de la Commission européenne font écho à celles d‘Angela Merkel lors d‘un sommet de l‘UE à Bratislava l‘an passé lorsqu‘elle a estimé que le bloc communautaire était dans une situation grave.

Juncker, qui doit recevoir le vice-président américain Mike Pence le week-end prochain à Bruxelles, a estimé que la tentation de l‘administration Trump de revenir à une politique protectionniste pouvait constituer pour l‘Europe l‘occasion de forger de nouvelles alliances commerciales.

“Ce serait une évolution que nous devrions exploiter”, a-t-il jugé en rappelant que tant que la Grande-Bretagne est membre de l‘UE, elle n‘est pas autorisée à négocier en son nom propre des accords commerciaux, la Commission européenne étant compétente pour ce type de négociations.

Pierre Sérisier pour le service français, édité par Marc Angrand

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