9 février 2017 / 07:19 / dans 10 mois

LEAD 2-Pernod Ricard confirme son accélération malgré un revers en Inde

* CA et résultat opérationnel en croissance organique de 4% au S1

* Le groupe pénalisé par la démonétisation en Inde

* En Chine, Martell grimpe de 10%, le whisky reste à la peine

* Les ventes d‘Absolut repartent à la baisse aux Etats-Unis

* Pernod Ricard suit de “très près” la politique américaine-PDG (Actualisé avec déclarations PDG, détails, cours)

par Pascale Denis

PARIS, 9 février (Reuters) - Pernod Ricard a publié jeudi des résultats semestriels portés par la brillante performance de Jameson aux Etats-Unis et le redémarrage de Martell en Chine, qui ont permis de compenser un revers en Inde, deuxième marché du groupe avec la Chine.

Malgré les effets de la “démonétisation” indienne, le numéro deux mondial des spiritueux a maintenu la cadence de ses ventes avec une croissance organique de 4% au cours du semestre clos le 31 décembre, identique à celle du premier trimestre.

Le groupe, qui retrouve le niveau de croissance qu‘il s‘était fixé pour le moyen terme lors de la présentation de son plan stratégique de juin 2015, a confirmé ses objectifs annuels.

En Inde, les ventes ont reculé d‘environ 5% en novembre et décembre, le retrait des billets de 500 et 1.000 roupies ayant plombé les ventes de whiskies locaux qui représentent l‘essentiel du chiffre d‘affaires du groupe dans le pays.

“Nous ne changeons rien à nos prévisions malgré cet aléa temporaire, compensé par des résultats meilleurs que prévu en Chine”, a déclaré à Reuters le PDG du groupe, Alexandre Ricard.

La chute de la consommation indienne a ramené à seulement 3% la croissance de Pernod dans le pays - après une hausse de 8% au premier trimestre - et le groupe a indiqué que l‘impact de la démonétisation se ferait encore sentir au 3e trimestre.

Alexandre Ricard a également dit “suivre de très près” l‘évolution de la situation aux Etats-Unis, premier pays du groupe, où un éventuel relèvement des taxes à l‘importation pèserait lourdement sur l‘activité.

Les produits importés comme le cognac français ou le whisky irlandais représentent les deux tiers des ventes de Pernod Ricard dans le pays et sont, par essence, impossibles à délocaliser.

REPRISE DU HAUT DE GAMME EN CHINE

En Chine, le groupe, qui avait déjà vu les ventes de cognac renouer avec la croissance au trimestre précédent, profite comme ses concurrents Hennessy (groupe LVMH, numéro un mondial du cognac, et Rémy Martin (groupe Rémy Cointreau ) d‘un redémarrage de la consommation dans le pays.

Martell, dont les ventes ont grimpé de 10% au 1er semestre, a surtout profité, comme ses pairs, de la reprise des variétés haut de gamme (XO, Cordon Bleu) portées par une nouvelle demande des particuliers après l‘éradication des cadeaux d‘affaires par les mesures anti-corruption de Pékin.

Il récolte aussi les fruits d‘une nouvelle organisation commerciale dans le pays et profite d‘un nouvel an chinois plus précoce qui a avancé les expéditions par rapport à l‘an dernier.

A l‘inverse, le whisky ne parvient pas à redresser la barre, les ventes restant plombées par le recul de Chivas.

Aux Etats-Unis, les ventes ont grimpé de 5% toujours tirées par la croissance à deux chiffres de Jameson, tandis qu‘Absolut reste à la peine. Surveillées à la loupe, les ventes de vodka ont été inférieures aux attentes, reculant de 2% à 3% sous l‘effet d‘une intense guerre commerciale.

Pernod Ricard a cependant confirmé, lors d‘une conférence téléphonique, son objectif de stabilisation des ventes d‘Absolut aux Etats-Unis à moyen terme.

Les performances du groupe se sont aussi améliorées en Russie, où la consommation repart avec le redressement des cours du brut, et dans le “travel retail” (ventes aux voyageurs).

“Pernod va dans le bon sens et les résultats sont là, en Europe, aux Etats-Unis et en Chine”, soulignent les analystes de Liberum, ajoutant cependant que certains marchés et canaux de distribution restent à la peine.

En Bourse, le titre cédait 0,18% à 108,25 euros à 11h37 alors que l‘indice CAC 40 gagnait 0,43%.

Le chiffre d‘affaires semestriel a totalisé 5,06 milliards d‘euros, dépassant légèrement les 5,02 milliards du consensus réalisé par Inquiry Financial pour Reuters, et le résultat opérationnel courant, en hausse de 4% à changes constants à 1,50 milliard d‘euros, a été conforme aux attentes.

La prévision de croissance du résultat opérationnel courant comprise entre 2% et 4% hors effets de changes en 2016-2017 a été confirmée, après une hausse limitée à 2% en 2015-2016.

Le communiqué:

bit.ly/2kuiCKa (Avec Dominique Vidalon, édité par Jean-Michel Bélot)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below