8 février 2017 / 12:26 / il y a 6 mois

Un projet de Lotte gelé en Chine en pleines tensions avec Séoul

par Joyce Lee et Hyunjoo Jin

SEOUL, 8 février (Reuters) - Le conglomérat sud-coréen Lotte Group a annoncé que la Chine avait suspendu la construction d'un vaste complexe immobilier sur son territoire à la suite d'une inspection sur les dispositifs anti-incendie.

Cette annonce risque d'alimenter les inquiétudes à Séoul selon lesquelles la Chine multiplie les mesures de représailles indirectes en raison du projet d'installation en Corée du Sud d'un système antimissile américain Thaad.

Lotte a précisé que le chantier à Shenyang, ville du nord-est de la Chine, avait été suspendu en décembre et qu'il s'efforçait de régler un problème relatif à ce projet de plusieurs milliards de dollars.

Ce complexe immobilier de 145 hectares abrite déjà un centre commercial et un cinéma et Lotte prévoit d'y édifier des résidences et un parc de loisirs.

Depuis décembre, les autorités chinoises ont procédé à des inspections ou à des vérifications fiscales sur la plupart des sites exploités par Lotte en Chine, notamment dans 120 magasins, a dit à Reuters une source directement informée de la situation.

D'après les médias sud-coréens, Pékin agit ainsi en représailles à la décision du gouvernement de Séoul de déployer un ensemble Thaad sur un terrain faisant actuellement partie d'un parcours de golf appartenant à Lotte. Cette installation doit encore être approuvée par l'une des filiales du conglomérat.

Un porte-parole de Lotte a refusé de s'exprimer sur les motivations prêtées aux autorités chinoises.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a rappelé l'opposition de Pékin au déploiement du système Thaad, dont le rayon d'action s'étend jusque sur le territoire chinois.

Interrogé sur le complexe immobilier de Lotte, il a dit ne pas disposer d'éléments sur ce projet précis. "En principe, je peux dire que la Chine encourage les entreprises étrangères à investir. Dans le même temps, ces entreprises implantées en Chine doivent respecter les lois et les règlements", a dit Lu Kang.

De son côté, le constructeur automobile Hyundai Motor a déclaré mercredi qu'il pourrait devoir se fournir en batteries électriques auprès d'entreprises chinoises pour un modèle hybride de berline qu'il compte lancer en Chine.

Cette décision fait suite au refus de Pékin l'an dernier de certifier les batteries fabriquées par les sud-coréens LG Chem et Samsung SDI, pourtant deux des principaux fabricants de batteries électriques au monde.

Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below