31 janvier 2017 / 15:15 / dans 10 mois

GRAPHES-La pression ne se relâche pas sur la dette de la France

* Le spread franco-belge à 10 ans continue à s‘élargir:

* bit.ly/2jR9snX

PARIS, 31 janvier (Reuters) - La prime sur la dette souveraine de la France liée au risque politique ne retombe pas au surlendemain de la victoire de Benoît Hamon à la primaire organisée par le PS alors que les doutes sur la campagne de François Fillon grandissent.

Moins qu‘une élection de Marine Le Pen à la présidence de la République, ce sont les rebondissements inattendus de la pré-campagne présidentielle et l‘éclatement du paysage politique français qui inquiètent les investisseurs, mais des scénarios résolument optimistes ne sont pas non plus exclus.

Le risque politique liée à l‘élection présidentielle française mesuré par l‘écart de rendement sur les dettes à 10 ans de la France et de la Belgique pour neutraliser l‘effet de la remontée des taux qui affecte l‘ensemble des dette de la zone euro ne faiblit pas avec le “droit de retrait” revendiqué par l‘aile droite du PS depuis la victoire de Benoît Hamon et la nouvelle accélération de l‘enquête concernant François Fillon.

Graphique sur l‘évolution des taux à 10 ans allemands et du spread franco-belge depuis 2015 et au gré de certains événements de la pré-campagne présidentielle depuis l‘été 2016 :

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“Ce qui inquiète les investisseurs, c‘est l‘éclatement du panorama politique en France. Ils en tirent comme conclusion qu‘il sera très difficile d‘avoir un gouvernement disposant d‘une majorité suffisamment forte pour conduire les réformes nécessaires”, relève Alessandra Gaudio, directrice générale de la société de gestion de Swiss Life Banque Privée.

“Ils ont le sentiment qu‘une occasion va être perdue encore une fois de désigner un président et une majorité parlementaire qui puisse porter des changements nécessaires”, a-t-elle ajouté, lors d‘une présentation par la banque privée suisse.

Pour Laurent Geronimi, directeur de la gestion de taux de Swiss Life BP, les investisseurs non-résidents ont aussi été décontenancés par les récents rebondissements. “L‘issue de la primaire organisée par le PS a surpris avec un vainqueur qui propose d‘amplifier les dépenses alors que la dette publique avoisine les 100% du PIB. Le Penelope Gate a aussi surpris alors que François Fillon s‘est fait le champion de la réduction des dépenses publiques”, a-t-il dit tout en ajoutant que la perspective d‘une présence de Marine Le Pen au second tour de l‘élection présidentielle reste la préoccupation principale des investisseurs, en particulier anglo-saxons.

“Dans nos conservations avec les clients au cours des dernières semaines, l‘attention se porte souvent sur les conséquences pour le marché d‘une victoire de la candidate d‘extrême droite Marine Le Pen en raison de son engagement à sortir la France de l‘euro”, confirme de son côté Gilles Moec dans une note datée de lundi et très optimiste sur la France.

L‘économiste de Bank of America Merrill Lynch en charge de l‘Europe souligne qu‘aucun des candidats qui recueillent plus de 20% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle dans les sondages ne sont partisans du “statu quo”.

“Alors que l‘attention des marchés se tournent vers l‘option populiste et favorable à la re-réglementation, nous voulons examiner attentivement la possibilité de réformes en faveur de l‘offre en France après le printemps”, écrit-il.

Les économistes de Barclays avaient souligné après la victoire de Benoît Hamon que si Marine Le Pen est créditée par de nombreux sondages d‘une présence au second tour de l‘élection présidentielle, aucun ne la donne élue au second tour et qu‘elle serait au contraire battue par chacun des deux candidats - François Fillon ou Emmanuel Macron - auquel elle pourrait être confrontée en l‘état actuel des mesures d‘opinion.

Pour Gilles Moec, ces deux candidats “traditionnels” qui pourraient se qualifier pour le second tour selon les sondages actuels se maintiendraient (pour Macron) ou se déporteraient (pour Fillon) fermement au centre pour élargir leur base dans le cas d‘un second tour opposant l‘un ou l‘autre à Marine Le Pen. “Ils partent d‘assez haut dans leur programme pour que des changements réels (en termes de réformes structurelles) puissent intervenir”, ajoute-t-il.

Pour lui, une dynamique démographique favorable et une productivité du travail “plus que correcte” en France rendent possible de porter la croissance potentielle à 2% l‘an, près du double de la performance de croissance décevante enregistré en 2016 à 1,1%, ce qui permettrait de stabiliser facilement la trajectoire des finances publiques sans coupes budgétaires drastiques.

Sources :

*Perspectives économiques et financières 2017. Swiss Life Banque Privée. 31 janvier 2017

*The French upside. Euro area economic viewpoint. Bank of America Merrill Lynch. 30 janvier 2017.

*France: And now, the campaign really starts. Intant Insights. Barclays. 29 janvier 2017. (Marc Joanny, édité par Yves Clarisse)

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