30 janvier 2017 / 09:00 / il y a 7 mois

La France perd encore des parts de marché à l'export-Etude

PARIS, 30 janvier (Reuters) - La France a encore perdu des parts de marché à l'exportation l'an passé? malgré l'amélioration de la compétitivité-coût de ses entreprises, dont les effets sur les échanges extérieurs tardent à se manifester, selon une étude publiée lundi l'institut COE-Rexecode.

La part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro a ainsi reculé à 13,4% l'an passé, soit 0,2 point de moins qu'un an plus tôt.

Par comparaison, elle se situait à 17,0% en 2000, un niveau qui, s'il s'était maintenu, signifierait que les exportations de la France seraient supérieures de 170 milliards d'euros à leur montant actuel.

Selon COE-Rexecode, cette baisse des parts de marché est fortement corrélée avec le recul du poids de la valeur ajoutée manufacturière française dans la valeur ajoutée manufacturière de la zone euro. Celui-ci a encore légèrement diminué en 2016, pour s'établir à 13,4%, un nouveau plus bas jugé "inquiétant" (contre 17,3% en 2000 et 15,1% fin 2012).

La compétitivité-coût de la France s'est pourtant améliorée ces dernières années grâce à la mise en place du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) et des baisses de charge des entreprises.

Sur la seule année 2016, le coût salarial unitaire a augmenté en France de 0,9%, contre 1,3% en moyenne dans la zone euro et 1,9% en Allemagne. Les écarts sont encore plus marqués sur la période 2012-2016 : +0,8% en France contre +3,7 % en moyenne dans la zone euro et +9,1 % en Allemagne).

Cette amélioration a permis un début de redressement de la compétitivité-prix et contribué au rétablissement des marges des entreprises.

Sur le premier point, la hausse des prix des produits français, qui était supérieure de six points à la moyenne des produits européens entre 2000 et 2007, a fait place sur la période 2011-2016 à une baisse de 1,4%.

Si le prix moyen des exportations de la zone euro a baissé un peu plus (-2,5 %), celui des exportations allemandes a augmenté dans le même temps de 1,3%.

Le CICE et les baisses de charges expliquent pour moitié le rebond des marges des entreprises - à 35,1% en 2016 contre 32,9% début 2014 -, qui tient aussi à l'environnement exceptionnellement favorable créé par la faiblesse des cours du pétrole et des taux d'intérêt.

Pour COE-Rexecode, la remontée des prix du brut et des rendements obligataires jouent désormais dans le sens d'une baisse des marges, ce qui fait qu'il est "nécessaire que les hausses de salaires restent contenues durablement au-dessous des gains de productivité et que les politiques d'allègement des coûts soient poursuivies". (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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