27 janvier 2017 / 16:36 / il y a 7 mois

AVANT-PAPIER-L'optimisme sur les résultats en Europe incite à la prudence

* Evolution des prévisions de croissance des profits sur l'année:

* reut.rs/2553txN

* Les révisions en hausse dépassent celles à la baisse:

* reut.rs/2k94lmp

* Des perspectives très dépendantes des politiques de Trump

par Atul Prakash et Vikram Subhedar

LONDRES, 27 janvier (Reuters) - Les analystes financiers n'ont pas été aussi optimistes depuis six ans sur les bénéfices des entreprises européennes mais cette confiance et des valorisations élevées les exposent à des déconvenues dans les semaines à venir, durant lesquelles les publications de résultats vont se multiplier.

Des attentes ambitieuses au début d'un nouvel exercice n'ont rien de nouveau et depuis 2010, les analystes ont toujours tablé sur des croissances à deux chiffres des résultats pour l'année à venir, quitte à revoir sensiblement leurs chiffres à la baisse en cours d'exercice.

Dans le même temps, les niveaux de valorisation ont retrouvé voire dépassé leur tendance de long terme à la faveur de la hausse des indices boursiers, portés par les anticipations d'une accélération de la reprise et d'un retour de l'inflation que le risque politique très présent aux Etats-Unis et en Europe n'a pas perturbées.

L'indice Stoxx des actions européennes est en hausse de près de 11% depuis les points bas touchés peu avant l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le 8 novembre.

Le secteur bancaire, celui des ressources de base et celui de l'industrie ont emmené le rally qui a vu les investisseurs se désengager des valeurs défensives et de rendement pour se tourner vers les cycliques.

Les bénéfices des valeurs européennes sont attendus en hausse de 14% cette année et les relèvements de prévisions de bénéfices dépassent les abaissements pour la première fois depuis 2010, montrent des données de Thomson Reuters.

Si des éléments fondamentaux comme l'amélioration des perspectives de croissance mondiale, la hausse des prix des matières premières et un accroissement de l'écart entre taux courts et taux longs ont contribué au relèvement des prévisions de bénéfices, certains investisseurs redoutent que toutes ces bonnes nouvelles ne soient déjà intégrées dans les cours.

BANQUES ET TECH EN TÊTE

Les valeurs européennes se traitent autour de 15 fois les bénéfices attendus, soit exactement leur niveau de valorisation moyen de long terme.

"Les investisseurs devraient faire preuve de prudence sur les chiffres publiés pour 2017", prévient Alex Dryden, responsable de stratégies d'investissement chez JPMorgan Asset Management.

"Les prévisions des analystes démarrent habituellement l'année sur des niveaux exagérément optimistes avant d'être fortement revues en baisse en cours d'exercice."

Les résultats du quatrième trimestre publiés vendredi par UBS ont parfaitement illustré ce risque. La banque suisse a fait état d'un bénéfice supérieur aux attentes mais ses actions ont chuté de près de 5% alors qu'elles avaient bondi de 20% au cours des trois mois précédents.

Le secteur bancaire est sur la plus haute marche du podium des progressions attendues de résultats cette année avec un chiffre de plus de 20%. Il est suivi par celui des technologiques à 15% tandis que les assurances et le secteur des services aux collectivités arrivent en queue de peloton avec des prévisions de croissance des résultats sur les douze prochains mois d'à peine 4%.

Des résultats du quatrième trimestre solides aux Etats-Unis, où les progressions bénéficiaires devraient être les meilleures en deux ans, ont aussi alimenté l'optimisme sur les entreprises européennes.

Les indices européens ont pu bénéficier d'une pondération plus importante des ressources de base et des bancaires que ce n'est le cas aux Etats-Unis, a aussi souligné Alex Dryden.

Les investisseurs s'inquiètent par ailleurs du fait que l'amélioration de l'environnement de marché soit pour une bonne part liée aux promesses de relance, de réduction d'impôts et de déréglementation de secteurs comme la santé et la finance faites par Donald Trump.

"A l'échelle mondiale, une grande partie de l'effet positif lié à Trump est dans les cours des actions. Cela les rend vulnérables à des déceptions sur la croissance", estime Philippe Gijsels, responsable de la recherche de BNP Paribas Fortis.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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