27 janvier 2017 / 13:15 / il y a 7 mois

GRAPHES-Après le peso mexicain, le dollar canadien menacé d'un effet Trump

* Le dollar canadien a mieux résisté à l'élection de Trump: bit.ly/2kazeXY

* Il pourrait pâtir du décalage conjoncturel avec les USA: bit.ly/2kAz3pu

* Et des problèmes de balance des paiements du Canada: bit.ly/2kAefu2

27 janvier (Reuters) - Le dollar canadien a beaucoup mieux résisté que le peso mexicain à l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, mais il n'est pas à l'abri d'une correction.

Le dollar canadien s'est apprécié de près de 2% contre le dollar américain depuis la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle du 8 novembre tandis que le peso mexicain a dévissé de près de 15%.

Pétromonnaies, le dollar canadien et le peso mexicain avaient été affectées par la chute des cours du pétrole entre la mi-2014 et le début 2016, le premier payant un plus lourd tribut que le second car le Canada exporte près de deux fois plus de pétrole brut que le Mexique.

La remontée des cours du brut a eu un effet symétrique avec un rebond nettement plus marqué du dollar canadien que du peso mexicain.

Graphique de l'évolution du dollar canadien et du peso mexicain contre le dollar depuis la mi-2014 :

bit.ly/2kazeXY

La divergence d'évolution entre le dollar canadien et le peso mexicain peut résulter du ciblage systématique de Mexico par Donald Trump dans sa campagne protectionniste et anti-immigration qui a plutôt épargné le Canada.

Le nouveau président américain se serait même déclaré très partisan du projet Keystone XL d'oléoduc entre le Canada et les Etats-Unis, selon les déclarations du Premier ministre canadien Justin Trudeau à l'issue d'un échange téléphonique avec Donald Trump à la fin de l'année dernière.

A l'inverse, le président mexicain Enrique Peña Nieto a annoncé jeudi qu'il n'irait pas à Washington pour rencontrer son homologue américain en début de semaine prochaine comme cela était prévu. Donald Trump lui avait auparavant conseillé sur Twitter de renoncer à ce déplacement s'il n'était pas prêt à financer le projet de mur frontalier destiné à lutter contre l'immigration clandestine en provenance du Mexique.

Pourtant, le Canada, dont les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial, a aussi beaucoup à perdre de la volonté affichée par Donald Trump de renégocier l'Accord de libre-échange nord-américain.

De plus, si le Canada peut espérer bénéficier des retombées du vaste plan de relance promis par Donald Trump, le décalage conjoncturel entre les Etats-Unis et le Canada que reflète le creusement de l'écart des rendements des taux à deux ans entre les deux pays annonce un affaiblissement du dollar canadien.

Graphique de l'évolution de l'écart de rendement des taux à deux ans entre les Etats-Unis et le Canada et celle de l'USD/CAD :

bit.ly/2kAz3pu

Alors que les responsables monétaires de la Fed ont d'ailleurs inscrit la perspective d'au moins deux nouveaux relèvements de taux directeurs d'ici la fin de cette année, le gouverneur de la Banque du Canada Stephen Poloz n'a pas exclu la semaine dernière la possibilité d'une baisse de taux.

Le Canada, dont le déficit de la balance courante approche 4% du produit intérieur brut, n'a pas eu de difficulté à le financer ces dernières années grâce à la forte demande d'actifs financiers canadiens de la part d'investisseurs non résidents.

Ces derniers ont acheté pour 100 milliards de dollars canadiens d'actions et pour 200 milliards d'obligations canadiennes depuis début 2013, rappelle Ian Gordon, analyste chez Bank of America Merrill Lynch.

Graphique du déficit de la balance courante du Canada :

bit.ly/2kAefu2

Ces flux pourraient être remis en cause si Wall Street confirme sa bonne orientation avec la perspective d'un plan de relance et d'un coup de pouce fiscal aux rachats d'actions et si l'écart se creuse encore entre les rendements à long terme aux Etats-Unis et au Canada, prévient-il en prévoyant que le dollar canadien pourrait facilement chuter jusqu'à plus de 1,40 contre le dollar américain.

Sources :

* Teflon CAD. Liquid Insight. Bank of America Merrill Lynch. 24 janvier 2017.

* Mexique. Le ralentissement ne fait que commencer. Special Report. Natixis. 24 janvier 2017. (Marc Joanny, édité par Dominique Rodriguez)

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