19 janvier 2017 / 15:10 / dans 9 mois

LEAD 1-La BCE maintient sa politique et appelle à la patience

* Les taux d‘intérêt et le QE inchangés, comme attendu

* Draghi salue la croissance mais souligne la persistance des risques

* Il juge la remontée de l‘inflation insuffisamment convaincante (Actualisé après la conférence de presse avec des précisions, citations)

par Francesco Canepa et Andreas Framke

FRANCFORT, 19 janvier (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi et son président, Mario Draghi, a appelé les détracteurs de sa stratégie à la patience en soulignant que la reprise n‘était pas encore assez solide et la remontée de l‘inflation pas assez convaincante.

Le Conseil des gouverneurs n‘a modifié ni les taux d‘intérêt, dont le principal reste fixé à zéro, ni les modalités du programme d‘achats de titres sur les marchés de 2.300 milliards d‘euros, qui vise à soutenir le crédit et les prix.

Et lors de sa conférence de presse, Mario Draghi a réaffirmé que les taux resteraient à leur niveau actuel ou plus bas encore pendant une période prolongée, ajoutant qu‘il était prêt à augmenter ou à prolonger les achats d‘actifs en cas de dégradation de la conjoncture.

“La reprise de l‘ensemble de la zone euro est dans l‘intérêt de tout le monde, Allemagne comprise”, a-t-il poursuivi, répondant ainsi aux détracteurs de la politique actuelle qui jugent que les taux d‘intérêt faibles ou négatifs pénalisent les épargnants.

“Les épargnants allemands en ont bénéficié, non seulement comme épargnants mais aussi comme emprunteurs, comme entrepreneurs, comme salariés, à l‘instar de tous les citoyens de la zone euro. Nous devons donc être patients. Quand (la reprise) se renforcera, les taux d‘intérêt remonteront.”

Mario Draghi a jugé que la reprise restait pour l‘instant “freinée par la lenteur du rythme des réformes structurelles” et souligné que l‘orientation “très accommodante” de la politique monétaire restait nécessaire.

Il a également expliqué que la remontée récente de l‘inflation dans la zone euro reflétait avant tout les fluctuations des prix de l‘énergie, et qu‘il n‘était pas encore assuré du caractère pérenne de ce mouvement.

“Il n‘y a pas encore de signes d‘une tendance à la hausse convaincante de l‘inflation sous-jacente”, a-t-il dit. “L‘inflation globale devrait encore augmenter à court terme, reflétant ainsi principalement l‘évolution en rythme annuel des prix de l‘énergie. Cependant, les mesures de l‘inflation sous-jacente devraient augmenter plus graduellement à moyen terme.”

MARIO DRAGHI FAIT BAISSER L‘EURO

L‘euro a cédé du terrain en réaction à ces propos, tombant brièvement sous le seuil de 1,06 dollar et reculant aussi face à la livre sterling, tandis qu‘en Bourse, les valeurs bancaires s‘orientaient en nette hausse.

Tout en notant que les risques globaux entourant les perspectives économiques de la zone euro restaient orientés à la baisse, Mario Draghi a estimé qu‘il était trop tôt pour évaluer avec précision l‘impact de la sortie annoncée de la Grande-Bretagne de l‘Union européenne.

Le mois dernier, la banque centrale a surpris les marchés en annonçant qu‘elle réduirait ses achats d‘obligations à partir d‘avril, à 60 milliards d‘euros mensuels conte 80 milliards, tout en les prolongeant jusqu‘à la fin 2017.

La réunion de décembre a été l‘occasion pour les opposants à la politique d‘assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) d‘exprimer clairement leur désaccord avec la ligne défendue par Mario Draghi.

Cette politique demeure un moteur important de la reprise dans la zone euro, d‘autant que les marchés financiers restent exposés au risque d‘un regain de volatilité lié à la remontée progressive des taux de la Réserve fédérale américaine.

Dans ce contexte, si l‘inflation a atteint le mois dernier, à 1,1% en rythme annuel, son plus haut niveau depuis trois ans et si l‘activité et la confiance des entreprises s‘améliorent, d‘autres facteurs dessinent un tableau plus mitigé.

La hausse des prix reste ainsi loin du niveau visé par la BCE (un taux “inférieur à mais proche de 2%”) et l‘euphorie qui a porté les marchés depuis la victoire de Donald Trump à la présidentielle américaine du 8 novembre risque d‘être remise en cause si les actes du nouveau locataire de la Maison blanche ne sont pas à la hauteur de ses promesses ou si ses premières décisions sont marquées par une volonté protectionniste.

Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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