17 janvier 2017 / 14:19 / il y a 7 mois

VERBATIM-Principaux extraits du discours de Theresa May

LONDRES, 17 janvier (Reuters) - Principaux extraits du discours prononcés mardi par la Première ministre britannique Theresa May sur le Brexit.

LE ROYAUME-UNI QUITTERA LE MARCHÉ UNIQUE EUROPÉEN

"Cet accord devrait permettre le commerce le plus libre possible des biens et des services entre la Grande-Bretagne et les Etats membres de l'UE. Il devrait donner aux entreprises britanniques la liberté maximale de commercer avec et de fonctionner à l'intérieur des marchés européens, et laisser les entreprises faire de même en Grande-Bretagne.

"Mais je veux le dire clairement: ce que je propose ne peut pas signifier une appartenance au marché unique. Au lieu de cela, nous chercherons le meilleur accès possible grâce à un nouvel accord de libre-échange global, audacieux et ambitieux. Cet accord pourrait intégrer des éléments des dispositions actuelles du marché unique dans certains domaines - comme l'exportation de voitures et de camions par exemple - puisqu'il est absurde de tout reprendre à zéro.

"Une part importante de ce nouveau partenariat (...) sera la recherche du plus grand accès possible au marché unique sur une base pleinement réciproque par le biais d'un accord de libre-échange exhaustif.

LONDRES NE CHERCHERA PAS UN ACCORD PARTIEL D'APPARTENANCE

"Nous recherchons un partenariat nouveau et égal entre une Grande-Bretagne indépendante, autonome et globale et nos amis et alliés dans l'UE.

"Pas d'appartenance partielle à l'Union européenne, pas de membre associé de l'UE, rien qui nous laisse à moitié dehors, à moitié dedans. Nous ne cherchons pas à adopter un modèle dont bénéficient déjà d'autres pays. Nous ne cherchons pas à conserver des touches d'appartenance puisque nous partons. Non. Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne et mon travail est d'obtenir le bon accord pour la Grande-Bretagne.

LE ROYAUME-UNI NE VERSERA PLUS DE CONTRIBUTIONS GIGANTESQUES

AU BUDGET COMMUNAUTAIRE

"Parce que nous ne serons plus membres du marché unique, il ne nous sera plus demandé de verser des sommes gigantesques au budget de l'UE. Il y aura peut-être des programmes spécifiques de l'UE auxquels nous pourrons vouloir participer. Si c'est le cas, et ce sera à nous d'en décider, il sera raisonnable que nous apportions une contribution appropriée. Mais le principe est clair: les jours où la Grande-Bretagne versait de vastes contributions à l'Union européenne cesseront.

UN ACCORD PUNITIF SERAIT AUTODESTRUCTEUR POUR L'EUROPE

"Je dois être claire: la Grande-Bretagne veut rester un allié et un voisin de l'Europe. Certaines voix réclament un accord punitif qui punirait la Grande-Bretagne et découragerait d'autres pays d'emprunter la même voie. Ce serait un acte d'autodestruction calamiteuse pour les pays d'Europe et ce ne serait pas l'acte d'un allié. La Grande-Bretagne n'accepterait pas, nous n'accepterions pas une telle approche.

UNE ABSENCE D'ACCORD PRÉFÉRABLE À UN MAUVAIS ACCORD

"Même si je suis sûre qu'un accord positif peut être trouvé, je suis également claire pour dire qu'aucun accord pour la Grande-Bretagne vaut mieux qu'un mauvais accord pour la Grande-Bretagne.

LONDRES VEUT LE LIBRE-ÉCHANGE AVEC L'EUROPE

"Je veux que la Grande-Bretagne soit en mesure de négocier ses propres accords commerciaux mais je veux aussi du libre-échange avec l'Europe et un commerce transfrontalier qui comporte le moins de frictions possibles. Cela veut dire que je ne souhaite pas que la Grande-Bretagne fasse partie de la Politique commerciale commune.

UNION DOUANIÈRE: PLUSIEURS OPTIONS

"Je veux que nous ayons un accord douanier avec l'UE, que cela signifie que nous devions parvenir à un accord douanier entièrement neuf, que nous devenions d'une certaine manière un membre associé de l'union douanière ou que nous restions signataires de certains des éléments qui le déterminent, je n'ai pas de position préconçue (à ce sujet).

UNE APPROCHE PAR ETAPE POUR ÉVITER UN SAUT DANS LE VIDE

"Il n'est de l'intérêt de personne qu'il y ait un saut dans le vide pour le monde des affaires ou une menace contre la stabilité alors que nous changerons notre relation existante en une nouvelle relation avec l'UE.

"Ce faisant, je ne veux pas dire que nous chercherons une forme de statut transitoire illimité dans lequel nous nous retrouverions coincés à jamais comme dans une forme de purgatoire politique. Cela ne serait pas bon pour la Grande-Bretagne pas plus que je ne pense que cela serait bon pour l'UE.

"Au lieu de cela, je veux que nous soyons parvenus à un accord sur notre partenariat futur au moment où les deux années du processus de l'article 50 (du traité européen de Lisbonne qui fixe une sortie de l'UE) se seront achevées. A partir de là, nous pensons qu'un processus d'application par étape, dans lequel la Grande-Bretagne et les institutions de l'UE et les Etats membres prépareront les nouvelles dispositions qui existeront entre nous, sera dans notre intérêt mutuel. Cela donnera suffisamment de temps aux entreprises pour planifier et se préparer à ces nouvelles dispositions.

UNE GRANDE-BRETAGNE VRAIMENT MONDIALE

"Je veux que le Royaume-Uni émerge de cette période de changement plus fort, plus juste, plus uni et plus tourné vers l'extérieur que jamais. Je veux que nous soyons un pays sûr, prospère, tolérant, un aimant pour les talents internationaux et un foyer pour les pionniers et les innovateurs qui façonneront le monde à venir.

"Je veux que nous soyons une Grande-Bretagne vraiment mondiale, le meilleur ami et le meilleur voisin de nos partenaires européens, mais aussi un pays qui dépasse les frontières de l'Europe. Un pays qui aille de par le monde pour construire des relations avec de vieux amis comme avec de nouveaux alliés.

INVESTIR DANS LES INFRASTRUCTURES ÉCONOMIQUES

"Notre gouvernement a un plan pour la Grande-Bretagne (...) C'est pourquoi, à mesure que nous continuerons de réduire le déficit, nous adopterons une approche équilibrée en investissant dans notre infrastructure économique, car elle peut transformer le potentiel de croissance de notre économie et améliorer la qualité de vie des habitants du pays tout entier.

LES RESSORTISSANTS DE L'UE SERONT TOUJOURS LES BIENVENUS

"Vous serez toujours les bienvenus dans ce pays comme nous espérons que nos concitoyens le seront chez vous.

LE BREXIT DOIT SIGNIFIER CONTRÔLE DE L'IMMIGRATION

"Le Brexit doit signifier un contrôle du nombre de personnes qui viendront en Grande-Bretagne depuis l'Europe, et nous tiendrons cette promesse.

"Nous veillerons à ce que nous puissions contrôler l'immigration vers la Grande-Bretagne depuis l'Europe.

GARANTIR LES DROITS DES RESSORTISSANTS

DE L'UE EN GRANDE-BRETAGNE ET VICE VERSA

"Nous voulons garantir les droits des citoyens de l'UE qui vivent déjà en Grande-Bretagne et les droits des ressortissants britanniques dans d'autres pays membres aussi vite que nous le pourrons.

LE BREXIT N'EST PAS UN REPLI SUR SOI

"Le résultat du référendum (du 23 juin) n'a pas été une décision en faveur d'un repli (sur nous-mêmes) et d'un retrait du monde car l'histoire et la culture de la Grande-Bretagne sont profondément internationalistes. Nous sommes un pays européen et fier de notre héritage européen partagé. Mais nous sommes toujours un pays qui a regardé au-delà de l'Europe vers le reste du monde. C'est pour cela que nous sommes l'un des pays à la diversité raciale la plus forte en Europe.

"Notre principe directeur doit être de faire en sorte, alors que nous quittons l'Union européenne, qu'aucune barrière nouvelle contre la vie ou les affaires ne soit créée au sein de notre propre union.

"Le Royaume-Uni partagera une frontière terrestre avec l'UE et maintiendra dans les discussions à venir que cette zone commune de voyage avec la république d'Irlande est une priorité importante pour le Royaume-Uni.

LONDRES NE VEUT PAS QUE L'UE SE DISLOQUE

"Notre décision n'est pas toujours comprise par nos amis et nos alliés en Europe, et nombre d'entre eux craignent le début d'un grand démantèlement de l'UE. Mais laissez-moi être claire: je ne veux pas que cela se produise. Cela n'irait pas dans l'intérêt supérieur de la Grande-Bretagne. Le succès de l'UE reste massivement et incontestablement dans l'intérêt national supérieur de la Grande-Bretagne.

VOIR AUSSI

Le Royaume-Uni ne fera plus partie du marché unique, annonce May

ENCADRE Brexit: Les douze objectifs de Theresa May

compilé par Sarah Young, Elisabeth O'Leary et Paul Sandle,; Julie Carriat, Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün

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