11 janvier 2017 / 16:56 / il y a 7 mois

France-Strasbourg prête à convertir ses bus diesel au GTL

STRASBOURG, 11 janvier (Reuters) - La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) pourrait être la première entreprise française à convertir ses autobus diesel au GTL (Gas to liquid), un équivalent plus propre qui permet des gains immédiats pour l'environnement, à condition que le gouvernement décide d'une fiscalité qui l'encourage.

La société d'économie mixte a tiré mercredi un bilan positif de l'expérimentation menée depuis septembre sur dix véhicules de sa flotte, en partenariat avec Shell, un des deux groupes pétroliers pionniers dans le développement de ce carburant de synthèse issu du gaz naturel.

"La mise en ÷uvre s'est faite sans nécessité de modifier les moteurs, il n'y a pas eu d'augmentation de la consommation, on constate une absence d'odeur et de fumée et toutes les promesses en termes de réduction d'émissions polluantes sont a priori tenues", a indiqué son directeur général, Jean-Philippe Lally, lors d'une conférence de presse.

"La question qui se pose ensuite, c'est celle du modèle économique. Aujourd'hui, le prix du GTL est plus élevé de 5% que le prix du diesel classique", a-t-il ajouté.

Le surcoût est jugé supportable par l'entreprise et l'Eurométropole de Strasbourg, son actionnaire majoritaire, eu égard à une réduction de 22% des émissions de particules fines et à des frais de maintenance réduits.

En revanche, le GTL, dont l'homologation en France est attendue en mars, ne figure pas sur la liste des carburants pour lesquels les entreprises de transport bénéficient d'un remboursement de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).

Un non remboursement représenterait un surcoût annuel de 200.000 euros pour la CTS, dont la centaine de bus diesel que compte encore la flotte parcourt quatre millions de kilomètres par an, soit 32% des trajets routiers.

Les véhicules fonctionnant au gaz en effectuent 68%.

"Nous allons engager une démarche auprès du ministère pour accélérer la normalisation réglementaire et fiscale de ce carburant", a déclaré Alain Fontanel, président de la CTS et premier adjoint au maire de Strasbourg.

Shell, qui produit son GTL en Malaisie et au Qatar, voit dans ce carburant qui réduit l'impact des moteurs diesel sur l'environnement un maillon sur la voie de la transition énergétique pour les flottes captives urbaines, dans l'attente de leur renouvellement, plutôt qu'un produit grand public.

"C'est un produit de transition mais la transition va être longue", a auguré Vincent Baril, président de Shell France. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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