11 janvier 2017 / 11:30 / il y a 10 mois

Trump a déjà rendu leur grandeur aux stock-options des PDG

* Infographie sur la valeur des stocks-options du Dow Jones: tmsnrt.rs/2iCbvvT

par Tim McLaughlin et Ross Kerber

BOSTON, 11 janvier (Reuters) - Donald Trump a décerné un jour à Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan Chase & Co, le titre de “pire banquier des Etats-Unis”. Pourtant, son élection a déjà permis à ce dernier de s‘enrichir de 50 millions de dollars (47,5 millions d‘euros).

Jamie Dimon est en effet le principal bénéficiaire de l‘impact spectaculaire de l‘élection du milliardaire républicain sur la valeur des stock-options des dirigeants des entreprises composant le Dow Jones, l‘indice phare de Wall Street, montre l‘analyse par Reuters de la valeur de ces options.

La perspective de voir la future administration Trump mettre en oeuvre une politique de baisses d‘impôts, de dérégulation de Wall Street et de dépenses d‘infrastructures a en effet dopé la Bourse américaine ces deux derniers mois.

Les stock-options de Jamie Dimon valent ainsi aujourd‘hui 146 millions de dollars, soit 50 millions de plus qu‘avant le scrutin du 8 novembre.

Le patron de JPMorgan, connu pour ses convictions démocrates, s‘est refusé à tout commentaire sur le sujet.

Au total, les stock-options détenues par les dirigeants des 30 groupes du Dow Jones ont vu leur valeur augmenter de 23% en 2016, à environ un milliard de dollars, et la majeure partie de cette hausse a été enregistrée après la victoire de Donald Trump. (Infographie: tmsnrt.rs/2iCbvvT)

Bien sûr, l’“effet Trump” n‘a pas profité qu‘aux grands patrons: la hausse du Dow Jones, désormais proche du seuil symbolique des 20.000 points, bénéficie aussi à tous les titulaires d‘un plan de retraite en actions.

PAS D‘EFFET TRUMP POUR LE PATRON DE COCA-COLA

L‘ampleur des gains qu‘il représente pour des dirigeants comme Jamie Dimon, Lloyd Blankfein (Goldman Sachs) ou Kenneth Chenault (American Express) peut surprendre, nombre d‘entreprises ayant réduit voire supprimé ces dernières années l‘octroi de stock-options simples, au profit de rémunérations en titres liées à des objectifs financiers chiffrés.

Certains critiques ne manquent d‘ailleurs pas de souligner que les options peuvent se traduire par un enrichissement important des bénéficiaires alors même que leurs entreprises enregistrent des performances médiocres.

A titre d‘exemple, le géant des engins de terrassement et de travaux publics Caterpillar a vu son action s‘apprécier de 54% seulement durant le mandat de Douglas Oberhelman à sa tête, de mi-2010 à fin 2016, alors que le Dow Jones a plus que doublé sur la période.

Mais la valeur des options détenues par Douglas Oberhelman a bondi l‘an dernier, pour atteindre 20,3 millions de dollars alors qu‘elle était négative (de près de neuf millions) en début d‘année.

Le titre Caterpillar a gagné 36% en 2016, l‘une des meilleures performances du Dow.

Caterpillar et Douglas Oberhelman se sont refusés à tout commentaire.

Tous les PDG du Dow n‘ont pas profité de l‘effet Trump: le PDG de Coca-Cola, Muhtar Kent, par ailleurs donateur de la campagne d‘Hillary Clinton, la rivale malheureuse de Donald Trump, a vu la valeur de ses options baisser de 11,3 millions, à 143 millions.

L‘action Coca-Cola a perdu 3% depuis l‘élection, affectée entre autres par la crainte de voir un nombre croissant de consommateurs se détourner des boissons sucrées.

Un porte-parole de Coca-Cola s‘est refusé à tout commentaire. (Marc Angrand pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten)

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