5 janvier 2017 / 11:21 / il y a 7 mois

Banques-Le SNB veut créer une interface pour lanceurs d'alerte

PARIS, 5 janvier (Reuters) - Le Syndicat national de la banque (SNB) a annoncé jeudi qu'il travaillait à la création d'une interface permettant aux salariés du secteur bancaire de signaler des agissements leur semblant frauduleux ou illégaux tout en conservant leur anonymat jusqu'à ce que la justice se saisisse ou tranche le dossier.

"On est en train de réfléchir et de voir comment on pourrait, nous, organisation syndicale, un ou deux cabinets d'avocats, créer une interface qui permette au salarié de ne pas s'afficher, de ne pas révéler son identité", a expliqué lors d'une conférence de presse Régis Dos Santos.

Selon le président du SNB, cette interface aurait pour but d'éviter "les situations dramatiques" qu'ont vécues les employés de banque qui ont signalé à la justice des comportements ou des faits qui leur paraissaient illégaux.

Régis Dos Santos a néanmoins ajouté que la mise en oeuvre était très délicate.

"Il faut qu'on fasse attention, je ne peux pas engager le SNB dans une opération comme celle-là sans être sûr que, sur le plan juridique, l'organisation elle-même ne se mette pas en péril", a-t-il dit.

Il a précisé que son organisation avait contacté pour ce projet Stéphanie Gibaud, une ancienne salariée d'UBS France qui estime avoir été harcelée par son employeur après avoir refusé de détruire des archives pouvant, selon elle, nourrir des soupçons d'évasion fiscale.

Licenciée en 2012 après une longue et âpre procédure, l'ex-responsable marketing de la banque suisse milite depuis pour garantir la protection des lanceurs d'alerte, dont les informations ont permis à plusieurs services fiscaux européens d'identifier d'importantes sommes issues du blanchiment et de l'évasion fiscale.

Le conseil des prud'hommes de Paris a condamné en mars 2015 UBS France à verser 30.000 euros de dommages et intérêts pour harcèlement moral à Stéphanie Gibaud.

En juin 2016, le Parquet national financier (PNF) a requis le renvoi en correctionnelle de la banque suisse pour démarchage illicite et blanchiment aggravé de fraude fiscale, et de sa filiale française pour complicité de ces délits.

Voir aussi :

* 08/11/2016-Un recours d'UBS France rejeté dans l'enquête pour fraude fiscale (Julien Ponthus, édité par Dominique Rodriguez)

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