23 décembre 2016 / 14:39 / il y a 8 mois

Des propos de Trump sur le nucléaire suscitent des questions

WASHINGTON, 23 décembre (Reuters) - Donald Trump, prié de clarifier ses propos après avoir appelé son pays à développer son potentiel nucléaire, n'a pas exclu une course aux armements et s'est engagé à ce que les Etats-Unis la gagnent, rapporte vendredi la chaîne de télévision MSNBC.

Jeudi, le prochain président des Etats-Unis avait déclaré sur Twitter : "Les Etats-Unis doivent fortement renforcer et développer leur capacité nucléaire jusqu'au moment où le monde reviendra à la raison en ce qui concerne les armes nucléaires".

Ce tweet ayant alarmé les spécialistes en non-prolifération, l'homme d'affaires new-yorkais a déclaré dans un entretien téléphonique à MSNBC, qui le sollicitait : "Faisons une course aux armements ! Nous les surclasserons à chaque passe et nous leur survivrons."

A Wall Street, certaines valeurs liées au nucléaire, qui avaient déjà réagi à la hausse jeudi, ont poursuivi leur ascension vendredi, comme Uranium Resources, Uranium Energy, Cameco ou Lightbridge.

Les déclarations de jeudi ayant suscité la perplexité, le porte-parole de Donald Trump, Sean Spicer, est intervenu sur plusieurs chaînes de télévision.

Il n'y aura pas de course aux armements, a-t-il assuré, parce que Donald Trump fera en sorte que les autres pays qui cherchent à renforcer leur potentiel nucléaire, comme la Russie et la Chine, ne s'y lancent pas.

"Il va s'assurer que les autres pays entendent bien le message, à savoir qu'il ne va pas attendre et permettre cela", a déclaré Sean Spicer sur NBC. "Et ce qui va se produire est qu'ils reprendront leurs esprits et tout se passera bien."

"RELATIONS CONSTRUCTIVES"

Les propos prononcés par le milliardaire jeudi ont fait sutie à des déclarations du président Vladimir Poutine sur la nécessité de développer l'arsenal nucléaire de la Russie.

"Nous devons renforcer le potentiel militaire des forces nucléaires stratégiques, notamment par des systèmes de missiles capables de pénétrer de façon fiable dans tous les systèmes antimissile existants et à venir", a déclaré le président russe lors d'un discours à Moscou.

Vendredi, lors de sa conférence de presse annuelle, le maître du Kremlin a dit vouloir avoir des "relations constructives" avec son futur homologue américain, qui entrera à la Maison blanche le 20 janvier.

Il a rappelé que Donald Trump avait déjà parlé de renforcer l'arsenal nucléaire des Etats-Unis lors de la campagne pour l'élection présidentielle du 8 novembre.

"Il n'y a là rien d'inhabituel", a déclaré Vladimir Poutine. "Honnêtement, je suis un peu surpris par les mots de certains autres représentants officiels de l'actuelle administration qui ont, pour certaines raisons, entrepris de prouver que les forces armées des Etats-Unis sont les plus puissantes du monde. Personne ne le conteste."

"Si quelqu'un déclenche une course aux armements, ce ne sera pas nous (...) Nous ne dépenserons jamais des ressources dans une course aux armements dont nous n'avons pas les moyens".

Les trois piliers de l'armement nucléaire américain, à avoir les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, les bombardiers stratégiques et les missiles balistiques intercontinentaux, devraient arriver en fin de vie au cours de la prochaine décennie.

L'entretien et la modernisation de l'arsenal devrait coûter environ 1.000 milliards de dollars (près de 960 milliards d'euros) sur trente ans, selon des estimations indépendantes. (Eric Walsh, avec Susan Heavey et Dan Burns et la rédaction de Moscou, Danielle Rouquié pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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