23 décembre 2016 / 09:43 / dans un an

SYNTHESE-La Bourse ne sanctionne pas les banques mises à l'amende

par Michael Shields et Arno Schuetze

ZURICH/FRANCFORT, 23 décembre (Reuters) - Deutsche Bank et Credit Suisse devront payer à elles deux plus de 12 milliards de dollars (11,5 milliards d‘euros) pour régler un litige portant sur la vente aux Etats-Unis de titres adossés à des crédits immobiliers “subprime”.

Un mauvais point a priori pour ces deux banques d‘investissement européennes déjà exposées à une baisse de leurs bénéfices et qui risquent ainsi de se trouver encore plus désavantagées par rapport à leurs concurrentes américaines plus grandes.

Le marché voit la chose autrement, en tout cas pour Deutsche Bank, dont l‘action réalise en matinée l‘une des meilleures performances en Europe avec un gain de 3,4% à 18,35 euros.

La première banque allemande a annoncé ce vendredi un accord de principe avec le département américain de la Justice (DoJ) en vertu duquel elle versera 7,2 milliards de dollars pour clore le dossier.

Il est vrai que la banque allemande s‘exposait à l‘origine à une amende de 14 milliards de dollars et JPMorgan juge que l‘issue de l‘affaire est très positive car elle “ôte une grande incertitude” et comporte un “impact de 30 points de base gérable sur le ratio de capital CET1 à court terme”.

L‘action Deutsche Bank est remontée de 86% par rapport à son plus bas historique de 9,898 euros le 30 septembre dernier.

LE TITRE RBS PROFITE DE L‘ACCORD DEUTSCHE BANK

Credit Suisse devra elle s‘acquitter d‘une ardoise de 5,28 milliards de dollars, répartie en une amende civile de 2,48 milliards de dollars et en des dédommagements des clients lésés de 2,8 milliards de dollars répartis sur cinq ans.

Ses ratios ne s‘en ressentiront pas trop, estiment les analystes de Kepler Cheuvreux. La charge de deux milliards de francs environ qui sera passée dans les comptes du quatrième trimestre implique une réduction de 70 points de base du ratio de capital CET1 à 11,3 en fin d‘année, poursuivent-ils.

Toutefois, l‘action Credit Suisse qui gagnait plus de 2% en début de séance, refluait par la suite de 0,2% à 15,3 francs suisses. Cela étant, elle a rebondi de 58% environ depuis juillet, mois où, pour la première fois, elle était passée sous les 10 francs.

Les accords passés par le DoJ avec les deux banques européennes sont les derniers en date depuis que l‘administration du président Barack Obama a décidé, en 2012, de rendre Wall Street comptable de ses égarements dans le marché du crédit subprime, dont l‘effondrement a déclenché en 2008 la plus grande crise financière mondiale depuis la Grande Dépression.

Le DoJ n‘en a d‘ailleurs pas fini puisqu‘il a intenté jeudi une action pour fraude contre la banque britannique Barclays dans ce même dossier.

La Bourse ne sanctionne pas trop l‘établissement dont l‘action ne laisse que 0,8% en matinée en Bourse de Londres.

L‘action de sa concurrente Royal Bank of Scotland se comporte beaucoup mieux puisqu‘elle gagne 1,1%. La banque fait elle aussi l‘objet d‘une enquête du DoJ mais elle tire parti du fait que le règlement intervenu avec Deutsche Bank correspondait aux anticipations les plus basses du marché. (Avec Sylwia Lasek, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoit Van Overstraeten)

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