23 décembre 2016 / 11:58 / dans un an

LEAD 1-France-Accélération de la croissance en vue en fin d'année

* Croissance du 3e trimestre confirmée à +0,2%
    * La reprise de la consommation se confirme
    * Un moteur interne fait toujours défaut pour 2017

 (Avec commentaires d'économiste, détails supplémentaires)
    par Myriam Rivet
    PARIS, 23 décembre (Reuters) - L'économie française devrait
accélérer en fin d'année sous l'impulsion d'un rebond de la
consommation des ménages et ce d'autant plus que le
ralentissement intervenu depuis le printemps a été un peu plus
marqué que prévu, selon les données publiées vendredi par
l'Insee.
    L'Insee a confirmé que le produit intérieur brut (PIB)
France avait bien renoué avec une timide croissance de 0,2% au
troisième trimestre après son trou d'air de -0,1% au printemps. 
    Mais de légères révisions à la baisse sur plusieurs
composantes, notamment la production agricole du fait d'une
météo défavorable, l'ont amené à revoir l'acquis de croissance à
fin septembre pour toute l'année à 1,0% contre 1,1% auparavant.
    A ce niveau, la hausse du PIB 2016 de la France serait
limitée à +1,1% si, comme le prévoient l'Insee et la Banque de
France, il progresse de 0,4% au dernier trimestre.
    Elle se situerait alors nettement en deçà de l'objectif, 
pourtant revu à la baisse, de 1,4% retenu par le gouvernement.
    Mais l'Insee a aussi publié vendredi un chiffre de la
consommation des ménages en biens pour le mois de novembre en
hausse de 0,4%, là où les économistes l'attendaient en légère
baisse (-0,1%).    
    Ce moteur traditionnel de l'économie française, qui a fait
défaut à la croissance au printemps et cet été, est attendu plus
dynamique en fin d'année, d'autant plus que le pouvoir d'achat
des ménages a nettement accéléré au troisième trimestre (+0,6%
après +0,2%).     
    Venant après une hausse de 0,8% en octobre, la hausse de la
consommation de novembre s'ajoute à une série d'autres
indicateurs positifs.
     Le ministère du Logement a ainsi publié des chiffres
toujours dynamiques pour les mises en chantier de logements et
les permis de construire, ceux-ci atteignant le mois dernier un
nouveau plus haut depuis juin 2013. 
    La tendance pour le quatrième trimestre est également bien
orientée du côté des entreprises, en témoigne la nette
amélioration du climat des affaires dans les enquêtes publiées
par l'Insee mi-décembre. 
    Les chiffres de l'emploi intérimaire publiés vendredi par
Prism'emploi viennent s'ajouter à ce tableau, avec une nouvelle
accélération du rythme de progression des effectifs, à +9,5%.
 
    
    INQUIÉTUDES POUR 2017
    Mais l'horizon à long terme semble moins favorable,
notamment en raison de la stabilité des marges des entreprises
relevée par l'Insee au troisième trimestre, à 31,5%, et de la
stagnation de l'investissement des entreprises. 
    Dans la période récente, le redressement du taux de marge
des entreprises a été alimenté par des facteurs circonstanciels
comme la baisse du prix du pétrole, le recul des taux d'intérêt
et des mesures type crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE)
ou suramortissement des investissements, explique Axelle Lacan,
économiste de l'institut COE-Rexecode.
    "Mais on voit aujourd'hui que ce redressement des taux de
marge s'essouffle et donc se pose la question de la dynamique à
venir de l'investissement des entreprises", estime-t-elle. 
    Elle pourrait pénaliser une demande intérieure qui pâtira
déjà l'an prochain d'un freinage de la consommation des ménages
sous l'effet du tassement de leur pouvoir d'achat lié à la
remontée des prix du pétrole.
     Au troisième trimestre, la contribution de la demande
intérieure à la croissance est restée limitée, même si elle a
été révisée en légère hausse (+0,2 point contre +0,1). 
    Le commerce extérieur, dont la contribution négative s'est
établie à -0,6 point, pourrait en revanche dans les prochains
mois bénéficier de la dépréciation de l'euro.
    "On s'attendait en 2017 à voir disparaître à la fois les
effets du pétrole pas cher, des taux d'intérêt bas et de l'euro
faible. Mais finalement, l'euro joue plutôt les prolongations
donc, pour notre commerce extérieur, ça pourrait être un élément
un peu plus favorable que ce qu'on anticipait il y a encore
quelques mois", observe Axelle Lacan.     
    Globalement, l'économiste s'attend donc à "du mieux fin
2016" mais émet "quelques craintes sur l'année 2017 compte tenu
du changement d'environnement, qui malheureusement ne
s'accompagne pas d'un renforcement de la dynamique intrinsèque
de l'économie française."    
                
    Statistiques détaillées sur le site de l'Insee : 
    - pour le PIB : bit.ly/2hOEbUL
    - pour la consommation des ménages : bit.ly/2ijiAVB
    
 Les indicateurs français en temps réel                  
 Les indicateurs de la zone euro en temps réel           
 Le point sur la conjoncture française                   
 
 (édité par Yann Le Guernigou)

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