22 décembre 2016 / 16:20 / dans 10 mois

ENQUÊTE-Les gérants se tournent vers les actions sous effet Trump

* La pondération des actions à 44,3%, au plus haut depuis juin

* Le poids du cash ramené à 5,4%, au plus bas depuis février

* Les données détaillées de l‘enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/asset-allocation-polls

par Claire Milhench

LONDRES, 22 décembre (Reuters) - La pondération des actions dans les portefeuilles diversifiés des grandes sociétés de gestion internationale est à un plus haut de six mois en décembre avec les anticipations d‘accélération de la croissance et de l‘inflation déclenchées par les promesses de relance budgétaire et fiscale du président-élu américain, montre une enquête mensuelle de Reuters, publiée jeudi.

Les projets de Donald Trump de réduire les impôts et d‘augmenter les dépenses ont propulsé Wall Street à des plus hauts record en décembre, les investisseurs se portant notamment sur les valeurs bancaires, des secteurs de l‘énergie, des matériaux, de la construction et des infrastructures.

La dernière enquête de Reuters sur les allocations d‘actifs pour l‘année 2016 a été réalisée auprès de 45 gérants et responsables des investissements de sociétés de gestion européennes, américaines, britanniques et japonaises.

Elle fait apparaître une pondération des actions dans les portefeuilles à un plus haut depuis juin de 45,3%, à l‘issue d‘une année marquée par la montée des populismes sur le plan politique mais surtout par des signes d‘accélération de l‘activité sur le plan économique.

L‘événement le plus marquant de l‘année a peut-être été l‘élection à la présidence des Etats-Unis le 8 novembre de Donald Trump dont les décisions en matière de politique économique et commerciale seront déterminantes pour les inverstisseurs en 2017.

“Les Trumponomics seront un élément déterminant à surveiller en 2017”, a dit Matteo Germano, rsponsable de la multigestion de Pioneer Investments. “Si les dépenses d‘infrastructure, le soutien budgétaire et les réformes fiscales annoncés sont effectivement mis en oeuvre, le stimulant de la reflation américaine renforcera vraisemblablement la croissance du PIB, l‘inflation et la croissance des bénéfices.”

Si les annonces ne sont pas à la hauteur des promesses, la volatilité qui s‘en suivra créera des occasions pour les investisseurs les plus avisés.

“Tenez vous prêts à acheter en cas de baisse”, conseille Trevor Greetham, responsable de la multigestion de Royal London Asset Management. Il estime que la montée des populismes qui a caractérisé l‘environnement économique et politique en 2016 continuera d‘exercer son “influence erratique” en 2017 et il a dit s‘attendre à une hausse de la volatilité en général.

“Cela créera des occasions pour acheter des actions mais il serait raisonnable de réduire l‘exposition quand les choses semblent trop belles pour être vraies”, a-t-il prévenu.

La pondération des liquidités dans les portefeuilles a chuté de plus d‘un point à 5,4%, au plus bas depuis février, soulignant la confiance croissante sur une poursuite du rally déclenché par l‘élection de Donald Trump.

Pour les participants à l‘enquête, les secteurs de l‘énergie et les valeurs liées aux infrastructures sont les plus susceptibles de bénéficier des Trumponomics mais ils privilégient aussi les matières premières, les banques européennes qui ont été particulièrement éprouvées, la défense, la technologie et les actions “value”.

L‘enquête a été conduite du 15 au 21 décembre, juste après l‘annonce par la Réserve fédérale d‘une hausse de 25 points de base de ses taux directeurs et de son intention de procéder à trois relèvements supplémentaires en 2017, soit un de plus que précédemment attendu.

Certains des participants ont fait part de leurs inquiétudes sur les conséquences de ce resserrement monétaire que reflète la réduction de la pondération des actifs émergents dans les portefeuilles, mais le sentiment est dans l‘ensemble confiant avec une exposition sur les actions américaines portée à 41% au sein de la poche actions, au plus haut depuis septembre.

La pondération des actions britanniques resort à 11,3%, au plus haut depuis juillet.

Si les gérants reconnaissent que les valorisations des actions sont élevées, plusieurs d‘entre eux ont estimé qu‘elles restaient plus attrayantes que les obligations et qu‘elles devraient continuer à bien se comporter avec l‘accélération attendue de la croissance en 2017.

Pour Ryan Boothroyd, analyste au sein de l‘équipe de multigestion de Henderson Global Investors, les actions japonaises et de la zone euro sont de meilleurs supports pour jouer la solidité de la reprise américaine que des actions américaines déjà très bien valorisées.

FERMETE DU DOLLAR

La part des obligations dans les portefeuilles demeure stable à 40,8%, plusieurs gérants soulignant l‘intérêt des obligations indexées sur l‘inflation, en particulier après la récente hausse des cours du pétrole.

“Nous apprécions aussi les titres indexés sur l‘inflation européens, car ils prennent en compte un scénario très pessimiste sur l‘inflation au sein de la zone euro”, a dit Matteo Germano.

Avec un dollar au plus haut depuis 14 ans contre un panier des principales autres devises, plus de la moitié des participants qui se sont prononcés sur la question estiment que l‘euro passera sous la parité avec la devise américaine l‘année prochaine.

L‘euro, lancé en 1999, à un cours de 1,1747 dollar, s‘est traité à la parité en 2002 pour la dernière fois et s‘échange jeudi autour de 1,0485 dollar.

Plusieurs gérants ont toutefois estimé qu‘un passage sous la parité serait de courte durée, Jan Bopp, stratège en allocation d‘actifs chez Bank J Safra Sarasin, prévenant qu‘un nouvel accès de faiblesse de la devise européenne pourrait être compensé par des achats d‘actions européennes par des investisseurs non résidents en raison de leur sous-évaluation par rapport aux actions américaines.

Près de 60% des gérants qui se sont prononcés sur l‘évolution du sterling, lourdement pénalisé par le vote britannique du 23 juin en faveur de la sortie de la Grande-Bretagne de l‘Union européenne, ont dit que le pire était passé pour la devise britannique.

“Les marchés ont sur-réagi à la perspective du Brexit”, a dit Raphael Gallardo, stratège chez Natixis Asset Management, tout en soulignant que la chute du sterling avait renforcé la compétitivité de l‘économie britannique.

Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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