21 décembre 2016 / 07:35 / il y a 8 mois

LEAD 2-France-Débat sur le niveau du budget de la Défense

* Le chef d'état-major des armées juge le modèle actuel "usé"

* Hollande estime que les ressources sont suffisantes

* Marine Le Pen prône la commande d'un deuxième porte-avions

* Valls donne raison au général de Villiers (Actualisé avec Hollande, Le Pen)

PARIS, 21 décembre (Reuters) - François Hollande a défendu mercredi le niveau du budget de la Défense en réponse au cri d'alerte du chef d'état-major des armées Pierre de Villiers, qui plaide pour un effort budgétaire accru afin de pouvoir contrer les "menaces".

"Nous avons aujourd'hui les ressources nécessaires par rapport à nos objectifs, mais il y aura encore dans les prochaines années à faire des efforts supplémentaires", a déclaré le chef de l'Etat à la sortie du conseil des ministres.

Il a souligné que "le budget de la Défense a déjà été augmenté tout au long du quinquennat" et que "la loi de programmation militaire a été révisée à la hausse", ce qui n'avait jamais été le cas sous la Ve République.

Dans une tribune publiée dans Les Echos, à cinq mois de l'élection présidentielle, le général Pierre de Villiers se prononce en faveur d'une hausse du budget alloué à la Défense pour que l'objectif des 2% du PIB soit atteint avant la fin du prochain quinquennat.

"L'accélération du tempo des engagements et la multiplication des crises mettent (le modèle actuel de l'armée-NDLR) sous extrême tension et l'usent", écrit-il. "Or, rien ne laisse penser que la tendance puisse s'inverser prochainement".

Face à ce constat, il s'agit donc de "rester capable d'assurer, dans la durée, la protection de la France et des Français face au spectre complet des menaces", ajoute le chef d'état-major.

Pour la présidente du Front national, Marine Le Pen, Pierre de Villiers exprime "une inquiétude forte et parfaitement légitime" qui fait écho aux accusations portées par son parti contre les derniers gouvernements, de droite comme de gauche.

Mais elle propose sur son blog d'aller plus loin que Pierre de Villiers en portant "immédiatement" l'effort de Défense à 2% du PIB, avec l'objectif de l'élever à 3% en 2022.

PLUS DE DIMINUTION D'EFFECTIFS

Elle annonce également qu'elle commandera en priorité un second porte-avions si elle est élue présidente de la République en mai, assurant qu'il s'agit d'une "nécessité stratégique de premier ordre".

L'unique porte-avions français, le Charles-de-Gaulle, qui était engagé en Méditerranée dans les combats contre le groupe Etat islamique (EI), a dû récemment regagner son port d'attache de Toulon (Var) pour une période d'entretien de 18 mois.

La France, qui s'est engagée avec les autres membres de l'Union européenne à porter son budget militaire à 2% de son produit intérieur brut (PIB) en 2024 - contre 1,78% actuellement - a révisé à deux reprises à la hausse la loi de programmation militaire depuis les attentats de janvier 2015.

Le budget de la Défense, qui a été augmenté de 600 millions d'euros en 2016 pour être porté à 32 milliards, augmentera encore de 700 millions en 2017. Parallèlement, François Hollande a annoncé qu'il n'y aurait plus de diminution d'effectifs dans la Défense jusqu'en 2019.

Ce n'est pas la première fois que le chef des armées françaises alerte sur la nécessité de revoir à la hausse le budget de la Défense et d'adapter le modèle d'armée aux nouvelles formes de menaces.

En septembre, il avait fait d'état d'un bon modèle d'armée "mais qui s'use".

L'objectif d'un budget à 2% du PIB a été réaffirmé en juillet lors du sommet de l'Otan à Varsovie. La question, qui a fait l'objet de plusieurs bras de fer entre les ministères du Budget et de la Défense dans un contexte budgétaire serré, fait globalement l'objet d'un consensus au sein de la classe politique.

Le général de Villiers a raison sur la question des 2%, a estimé Manuel Valls sur Europe 1 mercredi, visant pour sa part l'horizon 2025.

"Nous avons le devoir de nous préparer à une guerre longue", a dit l'ex-Premier ministre et candidat à la primaire de la gauche. "Nous l'avons fait au cours de ces dernières années en donnant plus de moyens aux forces de sécurité, aux services de renseignement, à nos armées".

"Il faut se donner cet objectif d'atteindre 2% (...), passer aujourd'hui de 32,7 milliards à un peu plus de 40 milliards à l'horizon 2025", a-t-il ajouté. (Marine Pennetier, avec Gérard Bon édité par Sophie Louet)

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