19 décembre 2016 / 10:43 / il y a 8 mois

LEAD 1-Le climat des affaires à un pic de près de 3 ans en Allemagne

* L'indice Ifo à 111,0

* Signe encourageant pour la croissance allemande au T4

* Trump, Grèce et Brexit restent des menaces (Actualisé avec précisions, contexte, commentaires)

par Joseph Nasr

BERLIN, 19 décembre (Reuters) - Le climat des affaires s'est amélioré en décembre en Allemagne pour atteindre un pic depuis février 2014, montre l'enquête mensuelle de l'institut d'études économiques Ifo publiée lundi, qui soutient l'hypothèse d'un rebond de la première économie d'Europe au quatrième trimestre.

Les économistes voient dans les résultats de cette étude une preuve de la résistance de l'économie allemande malgré les nombreux nuages à l'horizon, de la décision britannique de sortir de l'Union européenne aux incertitudes relatives à la future politique économique de Donald Trump aux Etats-Unis en passant par les craintes sur la santé financière de la Grèce et de l'Italie.

L'indice Ifo, calculé à partir d'un échantillon d'environ 7.000 entreprises, a grimpé à 111,0 ce mois-ci après 110,4 en novembre, chiffre non révisé.

Les économistes interrogés par Reuters s'attendaient à une hausse plus limitée, avec une anticipation moyenne à 110,7.

"L'économie allemande réussit une fin d'année solide", commente Clemens Fuest, le président de l'Ifo.

Il souligne notamment la progression des indices relatifs au secteur manufacturier et aux ventes en gros et le fait que les industriels prévoient d'augmenter leur production dans les mois à venir.

"La crise italienne n'a pas le moindre effet. Les marchés savent que la BCE est prête à sortir l'extincteur", affirme pour sa part Klaus Wohlrabe, économiste de l'Ifo.

Cet institut a déjà prédit vendredi que l'économie allemande connaîtrait au quatrième trimestre un rebond plus marqué que prévu et que cet élan se poursuivrait en 2017. La croissance allemande a subi un net ralentissement à 0,2% l'été dernier.

RISQUES EXTÉRIEURS

Carsten Brzeski, économiste chez ING, juge néanmoins que la croissance sera plus faible en 2017 que cette année car ses trois principaux moteurs (construction, consommation et dépenses publiques) risquent de caler en raison, respectivement, de la fin de la baisse des taux, d'un redressement de l'inflation et d'une stagnation du chômage.

"Malheureusement, comme avec toute bonne chose, l'actuel cycle positif de croissance arrive aussi à son terme. Progressivement, pas brutalement", écrit-il dans une note à ses clients.

"Les véritables risques pour les perspectives allemandes semblent essentiellement provenir de l'extérieur. L'impact toujours inconnu du président élu Trump sur les politiques économiques et commerciales, l'incertitude persistante autour du Brexit et le réveil des tensions politiques en Europe en raison de plusieurs élections ou d'une nouvelle poussée de fièvre sur la crise grecque sont de notre point de vue les principaux risques pour 2017", ajoute Carsten Brzeski.

Le sous-indice de l'Ifo mesurant les conditions actuelles a toutefois atteint en décembre son plus haut niveau depuis février 2012, à 116,6 contre 115,6 le mois dernier. Les économistes l'attendaient en moyenne à 115,9.

Le sous-indice du commerce de gros a pour sa part atteint un pic de près de trois ans, signe de l'importance croissante de la consommation intérieure pour l'économie allemande.

Tableau (Avec Jörn Poltz; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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