12 décembre 2016 / 05:04 / dans 10 mois

GRAPHES-Les marchés portés par la "force tranquille" de la croissance

(Répétition sans changement d‘une dépêche transmise vendredi)

* Les indices de surprises économiques de Citi:

* reut.rs/2gomfyU

* Incertitude politique et volatilité : tmsnrt.rs/2hqjcUF

* La croissance mondiale devrait accélérer en 2017

par Jamie McGeever et Vikram Subhedar

LONDRES, 12 décembre (Reuters) - La résistance inattendue de l‘économie mondiale en cette fin d‘année n‘est pas la moindre des surprises pour des investisseurs confrontés à une succession de chocs politiques majeurs au cours des derniers mois.

Prenant acte de la publication d‘indicateurs économiques presque systématiquement supérieurs aux attentes, la société de gestion Standard Life Investments a souligné la semaine dernière “la force tranquille” de l‘économie mondiale.

Le phénomène dépasse largement les frontières des Etats-Unis et le consensus des économistes s‘est révélé trop pessimiste bien avant que l‘élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le 8 novembre, ne donne un coup de fouet aux marchés financiers séduits par ses promesses de relance budgétaire.

Les indices de surprises économiques de Citi pour huit pays ou groupes de pays, qui synthétisent les écarts entre les indicateurs économiques publiés et les attentes des économistes, sont tous passés en territoire positif cette semaine pour la première fois depuis février 2014.

Ce n‘est que la seizième fois depuis que ces indices ont été lancés en 2003 qu‘un tel alignement des astres se produit et que les indices pour les Etats-Unis, la zone euro, l‘Asie-Pacifique, le Japon, le Royaume-Uni, les marchés émergents, la Chine et les pays du G10 sont simultanément en territoire positif. Celui de la zone euro est au plus haut depuis octobre 2010.

Graphiques sur les indices de surprises économiques de Citi:

reut.rs/2gomfyU

La bouffée d‘optimisme qui a suivi l‘élection de Trump sur les marchés financiers, à l‘exception des marchés obligataires et de certains marchés émergents, tranche avec les mises en garde de nombreux analystes sur certaines des mesures envisagées par le candidat républicain lors de sa campagne.

Les économistes de Citi ont passé une bonne partie de l‘année à s‘inquiéter d‘un risque de rechute en récession de l‘économie mondiale et prévoyaient encore au mois d‘août qu‘une victoire de Trump amputerait sa croissance de 0,7 à 0,8 point.

Ils estimaient que cela pourrait “facilement” faire passer la croissance mondiale sous le seuil de 2% l‘an, correspondant à une récession générale avec un fort ralentissement de la Chine, l‘économie qui croit au rythme le plus rapide. Ils ont relevé cette semaine leur prévision de croissance mondiale pour 2017 à 2,7% après 2,5% attendu cette année.

L‘Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a relevé la semaine dernière sa prévision pour la croissance économique mondiale en 2016 à 3,3% contre 2,9% précédemment, en raison principalement de la vigueur de l‘économie américaine.

“La perspective d‘une récession aux Etats-Unis a diminué”, a dit Nadège Dufossé, responsable de l‘allocation d‘actifs de Candriam, dont les actifs sous gestion atteignent 100 milliards d‘euros. “Nous sommes donc surpondérés sur les actions, en particulier aux Etats-Unis et au Japon”.

DES MARCHES SOURDS AU BRUIT POLITIQUE?

Le plongeon de Wall Street à l‘annonce du résultat de l‘élection présidentielle américaine n‘a duré que quelques heures et les indices boursiers américains enchaînent depuis les records.

L‘indice VIX de volatilité des actions américaines, aussi appelé “indice de la peur”, est proche de ses plus bas, en dépit de la brusque remontée des taux et d‘une forte appréciation du dollar qui se traduisent par un durcissement des conditions de financement aux Etats-Unis.

Une enquête de Reuters auprès de stratèges actions publiée cette semaine montre qu‘ils s‘attendent à ce que la hausse de Wall Street se poursuive l‘année prochaine pour autant que les mesures de relance budgétaire promises par Trump soient mises en oeuvre. Ses menaces d‘imposer des droits de douane sur certaines importations et la perspective d‘une poursuite du raffermissement du dollar freinent toutefois leur optimisme.

Les perspectives politiques sont aussi incertaines alors que les investisseurs s‘attendent à ce que les politiques budgétaires prennent le relais de politiques monétaires moins accommodantes. La transition pourrait ne pas être ordonnée, préviennent les économistes de JP Morgan, qui soulignent que la corrélation entre l‘indice Vix et une mesure de l‘incertitude politique est actuellement rompue.

Graphique sur l‘indice Vix et un indice d‘incertitude politique:

tmsnrt.rs/2hqjcUF

S‘il est une leçon à tirer des dernières années et en particulier de l‘année 2016, c‘est toutefois que la plupart des risques politiques, économiques et financiers n‘ont pas eu d‘effets durables sur les marchés financiers mondiaux.

Les investisseurs ne “devraient pas trop s‘inquiéter du bruit politique”, a ainsi estimé Mouhammed Choukeir, responsable des investissements de Kleinwort Benson, lors du Reuters Summit sur les perspectives d‘investissement 2017, le mois dernier.

“Si je remontais cinq ans en arrière et vous disais qu‘il y aurait une crise grecque, une crise de l‘Union européenne, que la fin de l‘euro serait imminente, que le Brexit se produirait et que cet homme d‘affaires aux idées radicales allait devenir président des Etats-Unis et que ce pays serait momentanément en cessation de paiement (...) tout le monde aurait dit: ‘on va juste détenir du cash’”, a dit Choukeir qui supervise la gestion de 5,4 milliards de livres d‘actifs.

“Mais cela aurait été la mauvaise décision.”

Ces cinq dernières années ont aussi été marquées par des injections record de liquidités par les banques centrales et des taux d‘intérêt quasi nuls voire négatifs.

La Réserve fédérale américaine a commencé à normaliser sa politique monétaire mais la Banque centrale européenne et la Banque du Japon poursuivront leur programme d‘assouplissement quantitatif l‘année prochaine.

La Banque d‘Angleterre, qui a abaissé ses taux directeurs à un plus bas record de 0,25%, a aussi repris ses achats d‘actifs pour prévenir les effets potentiellement négatifs de la sortie du Royaume-Uni de l‘Union européenne.

L‘année 2017 sera encore riche en événements politiques d‘importance avec le démarrage effectif des négociations sur le Brexit prévu avant la fin mars et des élections aux Pays-Bas, en France et en Allemagne. Dans ce contexte, le soutien des banques centtrales restera bienvenu.

Sur le même thème:

GRAPHES-Marchés-L‘amélioration économique l‘emporte sur le risque politique.

avec Mike Dolan, Marc Joanny pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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