9 décembre 2016 / 15:10 / il y a 8 mois

La BCE envisageait plus avant de se résoudre au compromis-sces

FRANCFORT, 9 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) avait envisagé une solution plus tranchée pour son programme d'assouplissement quantitatif (QE) que ce qui a été annoncé jeudi mais elle est revenue en arrière sous la pression de ses membres les plus conservateurs, ont déclaré deux sources au fait du dossier vendredi.

La BCE ramènera le montant mensuel consacré à ses rachats d'actifs à 60 milliards d'euros à partir d'avril, contre 80 milliards pour l'instant, même si elle prévoit de les prolonger jusqu'à la fin de l'an prochain au moins.

Les travaux des équipes de la BCE portaient à l'origine sur une prolongation du QE de six mois au rythme habituel de 80 milliards d'euros par mois mais le président Mario Draghi a admis que cette proposition ne recueillait pas la majorité des voix et il a choisi la voie du compromis.

La BCE a alors suggéré une prolongation de 12 mois au rythme de 60 milliards d'euros mensuels tandis que les membres les plus rigoristes de l'institution optaient pour six mois à ce rythme seulement.

Tout cela pour aboutir au compromis de neuf mois, laissant la Bundesbank insatisfaite mais se ralliant d'autres instituts d'émission conservateurs, ont expliqué les sources.

La BCE s'est abstenu de tout commentaire.

Pour les rigoristes de la BCE, conserver un rythme de 80 milliards d'euros mensuels aurait donné l'impression que le programme de rachats d'actifs serait sans fin et cela n'aurait pas aidé à y mettre un terme car il aurait fallu en passer soit par une longue période de transition soit par une réduction brutale qui aurait pu déstabiliser les marchés.

Ils faisaient également valoir que les perspectives d'inflation et de croissance n'étaient pas si moroses que cela et qu'en conséquence la BCE devait préserver une partie de sa puissance de feu en cas de nouveau choc sur l'inflation.

Toute modification du programme de rachat d'actifs comporte des risques et suscite de l'opposition mais l'initiative annoncée jeudi repose sur des mesures qui ont suscité relativement peu de controverses.

La résistance allemande est particulièrement farouche sur deux fronts, celui du relèvement du plafond par emprunteur, qui permettrait à la BCE d'acheter plus de 33% de la dette de chaque pays, et celui de l'abandon de la clé de répartition, qui autoriserait la BCE à racheter des obligations au-delà de la quote part de chaque pays dans son capital.

Relever le plafond par emprunteur pourrait valoir à la BCE l'accusation de financer les Etats, ce qui lui est interdit. Mais le garder en l'état implique que la banque centrale réduise, voire cesse, tout achat de dette irlandaise ou portugaise par exemple, voire même, en bout de course, allemande. (Jeremy Gaunt, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)

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