6 décembre 2016 / 17:27 / il y a 9 mois

France-Syndicats et patronat tentent de renouer le dialogue

* Des négociations sur l'assurance chômage rompues en juin

* Patronat et syndicats se donnent jusqu'au 15 février

* La question des contrats courts reste au coeur des débats

PARIS, 6 décembre (Reuters) - Patronat et syndicats ont décidé mardi de tenter de rouvrir les négociations sur une nouvelle convention d'assurance chômage début 2017, après une phase de discussions sur le diagnostic mais avant l'élection présidentielle du printemps.

Le fil a été rompu en juin après un échec imputé par les syndicats à un Medef divisé et arc-bouté sur son refus de sur-taxer les contrats de travail courts, sur fond de bataille politique et sociale autour de la loi Travail.

Le président du Medef a écrit fin octobre aux autres organisations pour leur proposer de rouvrir des discussions afin de parvenir à un "diagnostic partagé", préalable à la reprise de négociations en bonne et due forme sur l'assurance-chômage.

"Je ne suis pas favorable à laisser l'Etat prendre la main sur ce système. Mais dans le même temps, je crois que nous devons mieux comprendre les raisons de notre échec", écrivait alors Pierre Gattaz, sans fixer d'échéance.

Les négociateurs de cinq confédérations syndicales et de trois organisations patronales se sont accordés mardi sur un calendrier, plus court que celui initialement proposé par le Medef, soupçonné par les syndicats de vouloir gagner du temps avant une alternance politique prédite par les sondages.

"On a contraint le Medef à ne pas jouer la montre", a déclaré à des journalistes Michel Beaugas, chef de file de la délégation de Force ouvrière (FO).

La numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq, a pour sa part jugé que la réunion s'était passée dans un "esprit constructif".

"Les organisations patronales ont chacune pris la parole pour dire que, effectivement, il fallait qu'on sache assez vite si on était en état d'ouvrir une négociation", a-t-elle dit.

Une première séance, sur la comparaison des différents systèmes européens, est prévue le 4 janvier. Suivra une séance sur le marché du travail et le recours aux contrats de travail de courte durée le 25 janvier et une autre, sur l'assurance chômage proprement dite, le 8 février.

PRESSION DE LA PRÉSIDENTIELLE

Les chefs de file des négociateurs sont convenus de se retrouver le 15 février à la suite de ces trois réunions consacrées au diagnostic pour décider si les conditions sont réunies pour des discussions sur une nouvelle convention.

"La dernière fois, on a échoué parce que la délégation patronale n'avait pas de mandat. En février, il faudra qu'ils nous disent s'ils sont en mesure d'en avoir un", a expliqué Véronique Descacq.

Les dirigeants syndicaux interrogés mardi ont tous dit que la question du recours abusif aux contrats de travail de très courte durée resterait au coeur des négociations.

Le négociateur de la CGT, Denis Gravouil, s'est déclaré "sceptique" sur l'issue de l'exercice.

Un scepticisme partagé par son homologue de FO. "Ce n'est pas parce qu'on reprend la négociation qu'elle aboutira", a déclaré Michel Beaugas, pour qui les tractations sur une nouvelle convention doivent aboutir avant le 15 mars, faute de quoi il faudra les reporter après la présidentielle.

"Nous ne pensons pas à FO qu'ouvrir la négociation avant la présidentielle soit forcément une bonne chose parce qu'on aura une pression politique et des tentations des uns et des autres", a-t-il dit, tout en admettant que FO était isolée sur ce point.

Pour lui, la bonne fenêtre de tir pour un accord sur l'assurance chômage se situe entre la présidentielle et les législatives de juin.

Du côté patronal, le négociateur de la CGPME, Jean-Michel Pottier, a estimé, au contraire, que la proximité de l'échéance présidentielle pouvait accélérer les discussions.

"Nous allons regarder très attentivement les propositions des candidats", a-t-il déclaré. "Il se peut très bien que les partenaires sociaux aient envie de garder l'initiative et de ne pas attendre qu'on leur impose par des prescriptions légales des changements qu'ils n'auraient pas voulus." (Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou)

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